Appelant la Syrie à respecter la souveraineté
du Liban, le Conseil de sécurité de l’Onu n’a fait qu’attiser
les tensions au Proche-Orient, en prouvant encore une fois que
la plus haute instance internationale est à la solde de groupes
de pression haineux dont la seule et unique raison d’être est
d’anéantir le monde arabe — ou ce qui en reste — et d’en faire
un ensemble de pays désunis et hétéroclites.
Ajoutons à cela que ladite résolution n’a pas
mis vraiment le doigt là où il fallait puisqu’il se trouvait que
la souveraineté du Liban soit menacée non par la Syrie, mais plutôt
par Israël, dont l’aviation ne cesse de « sillonner » le ciel
libanais, devant un silence à la fois sordide et complice du même
Conseil de sécurité.
Aussi le problème libanais n’est-il pas le seul,
en matière de respect de souveraineté, de par le monde. En effet,
en Allemagne tout comme au Japon, les Etats-Unis conservent, depuis
la fin de la seconde guerre mondiale, des bases militaires dont
l’existence est désavouée par plusieurs franges de la scène politique
respectivement à Berlin et à Tokyo. Pourtant, nul n’en parle du
côté des Nations-Unies.
Mais, ce qui frappe le plus dans ce tohu-bohu
est que cette attaque acharnée contre Damas intervient au moment
où le rôle de la Syrie dans la stabilisation de l’Iraq voisin
semble être plus qu’éminent. Ce que Washington a omis dans ses
agiotages stratégiques en vue de sortir du bourbier iraqien.
Toutefois, arrogante telle qu’elle l’est, l’actuelle
Administration américaine vise très haut : avoir la sympathie
et donc l’aide sécuritaire de la Syrie pour ce qui est de la pacification
de l’Iraq, tout en menaçant Damas de sanctions internationales
et de marginalisation s’il remettait en question ses orientations
géostratégiques dans la région.
Seule consolation dans cet affairisme à résonance
électorale, l’appel, légitime, du Caire à disposer d’un siège
permanent au Conseil de sécurité, par où les cataclysmes sont
toujours venus.
Cet appel revêt un double intérêt : l’Egypte
exprime son mécontentement face au comportement de la plus haute
instance internationale, tout en assurant qu’elle est prête à
y jouer un rôle de réconciliateur, d’autant plus que Le Caire
dispose d’un poids culturel et politique on ne peut plus immuable,
tant au niveau arabe qu’au niveau africain et méditerranéen.
Reste que les mêmes groupes haineux dont nous
avons parlé au début de cet article agiront de manière à saper
tous les efforts égyptiens qui seront déployés dans la période
à venir en vue de décrocher le siège tant escompté.
Car, pour ces groupes, acculer l’Egypte à jouer
un rôle de médiateur dans les vaines réunions sécuritaires israélo-palestiniennes
ou à orienter tel ou tel mouvement rebelle, en Afrique et l’appeler
à la raison, est à même d’être subversif tant et si bien que de
tels efforts ne sont que pures velléités.
Autrement dit, ces groupes de pression sont persuadés
qu’il ne faut pas élargir la marge de manœuvre de la machine diplomatique
égyptienne. Car, pour eux, la marginalisation de l’Egypte est
une condition sine qua non pour la déstabilisation du Proche-Orient.
Le défi est donc de taille. Mais, on ne peut
y céder. Car, une petite voix au Conseil de sécurité équivaudra
à un nouvel ordre mondial.