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La vie mondaine

Proche-Orient. L’instabilité de la situation politique dans la région envenimée par l’inadéquation du rôle joué par l’Onu attise le mécontentement d’un de nos lecteurs.

Le rôle ambigu de l’Onu

La résolution 1 559 vient transborder l’état d’agonie dans lequel se trouve l’Organisation des Nations-Unies (ONU), déjà sur la défensive depuis quelques décennies.

Appelant la Syrie à respecter la souveraineté du Liban, le Conseil de sécurité de l’Onu n’a fait qu’attiser les tensions au Proche-Orient, en prouvant encore une fois que la plus haute instance internationale est à la solde de groupes de pression haineux dont la seule et unique raison d’être est d’anéantir le monde arabe — ou ce qui en reste — et d’en faire un ensemble de pays désunis et hétéroclites.

Ajoutons à cela que ladite résolution n’a pas mis vraiment le doigt là où il fallait puisqu’il se trouvait que la souveraineté du Liban soit menacée non par la Syrie, mais plutôt par Israël, dont l’aviation ne cesse de « sillonner » le ciel libanais, devant un silence à la fois sordide et complice du même Conseil de sécurité.

Aussi le problème libanais n’est-il pas le seul, en matière de respect de souveraineté, de par le monde. En effet, en Allemagne tout comme au Japon, les Etats-Unis conservent, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, des bases militaires dont l’existence est désavouée par plusieurs franges de la scène politique respectivement à Berlin et à Tokyo. Pourtant, nul n’en parle du côté des Nations-Unies.

Mais, ce qui frappe le plus dans ce tohu-bohu est que cette attaque acharnée contre Damas intervient au moment où le rôle de la Syrie dans la stabilisation de l’Iraq voisin semble être plus qu’éminent. Ce que Washington a omis dans ses agiotages stratégiques en vue de sortir du bourbier iraqien.

Toutefois, arrogante telle qu’elle l’est, l’actuelle Administration américaine vise très haut : avoir la sympathie et donc l’aide sécuritaire de la Syrie pour ce qui est de la pacification de l’Iraq, tout en menaçant Damas de sanctions internationales et de marginalisation s’il remettait en question ses orientations géostratégiques dans la région.

Seule consolation dans cet affairisme à résonance électorale, l’appel, légitime, du Caire à disposer d’un siège permanent au Conseil de sécurité, par où les cataclysmes sont toujours venus.

Cet appel revêt un double intérêt : l’Egypte exprime son mécontentement face au comportement de la plus haute instance internationale, tout en assurant qu’elle est prête à y jouer un rôle de réconciliateur, d’autant plus que Le Caire dispose d’un poids culturel et politique on ne peut plus immuable, tant au niveau arabe qu’au niveau africain et méditerranéen.

Reste que les mêmes groupes haineux dont nous avons parlé au début de cet article agiront de manière à saper tous les efforts égyptiens qui seront déployés dans la période à venir en vue de décrocher le siège tant escompté.

Car, pour ces groupes, acculer l’Egypte à jouer un rôle de médiateur dans les vaines réunions sécuritaires israélo-palestiniennes ou à orienter tel ou tel mouvement rebelle, en Afrique et l’appeler à la raison, est à même d’être subversif tant et si bien que de tels efforts ne sont que pures velléités.

Autrement dit, ces groupes de pression sont persuadés qu’il ne faut pas élargir la marge de manœuvre de la machine diplomatique égyptienne. Car, pour eux, la marginalisation de l’Egypte est une condition sine qua non pour la déstabilisation du Proche-Orient.

Le défi est donc de taille. Mais, on ne peut y céder. Car, une petite voix au Conseil de sécurité équivaudra à un nouvel ordre mondial.

Bassam Bounenni,
Tunisie.



« Monsieur Ibrahim et l’image de l’islam »

Bravo pour votre édition en ligne. Votre site est très agréable à parcourir. Je souhaiterais apporter quelques petites précisions suite à la lecture de l’article de Monsieur Mohamed Salmawy intitulé « Monsieur Ibrahim et l’image de l’islam »publié dans Al-Ahram Hebdo numéro 525. Je partage l’enthousiasme de l’auteur pour ce film émouvant et humain, je regrette toutefois qu’il n’ait pas cité l’auteur, Eric Emmanuel Schmit, le réalisateur François Dupeyron, ainsi que les partenaires d’Omar Al-Chérif, c’est-à-dire Pierre Boulanger, Gilbert Melki, Isabelle Renaud et Isabelle Adjani. Rendons donc à César ! …

Jacques Sanelet,
France.



La crise du CAPES et de l’agrégation d’arabe

Les études arabes en France sont en crise. Le ministère a décidé de ne pas ouvrir pour 2005 le concours de recrutement de professeurs d’arabe (CAPES d’arabe), et d’organiser les concours du CAPES et de l’agrégation une année sur deux.

Des étudiants d’arabe soucieux de leur avenir ont rédigé une pétition dont le seul non suffit à exprimer leur désarroi : Yakfi. Il faut aller sur Internet (chercher sur Google : capes d’arabe), lire et signer cette pétition qui parle le langage de la responsabilité, et exprime le besoin des étudiants français de toute origine pour des enseignements de langue et de culture arabes.

Julien Robert,
enseignant, France.



La laïcité et la paix

Bien que n’ayant qu’un DEUG de droit, je ne vous ferai pas l’offense de rappeler la tradition républicaine française et la nécessité d’échapper à la religion pour garantir la pérennité de nos institutions politiques à la fin du siècle dernier en France et rendre tout retour en arrière, c’est-à-dire retour à une monarchie, impossible.

La laïcité n’était pas et ne doit pas être une arme de destruction massive du religieux. Son origine n’était pas une guerre sainte contre le Moyen-Orient. Elle est le fruit d’une histoire singulière à une nation. Comme le mélange de la chose publique et du religieux vous est familier, et il ne me viendrait pas à l’idée de manifester pour faire changer vos lois internes qui elles-mêmes vous sont propres. Je crois qu’en France comme ailleurs, il y a crise et qu’un certain nombre de relations sociales se tendent. La situation des immigrés est devenue sensible parce que beaucoup de vos frères arabes sont montrés du doigt, considérés par l’extrême droite comme des bouches à nourrir, et que face à la misère, le religieux est une porte de sortie plus honorable que le deal de la drogue. C’est aussi une revendication identitaire, un resserrement des liens communautaires dans une société qui broie du noir. La vague d’islamisme nous touche aussi, même si les immigrés ne sont plus tout à fait de chez vous et pas encore de chez nous, c’est-à-dire intégrés. Elle se loge dans ces fragilités d’individus rejetés, ces économies moribondes, ce vide culturel (40 % d’analphabètes, ça pèse lourd dans la balance) et le conflit israélo-palestinien qui focalise toutes les énergies et toutes les rancœurs.

Entre ceux qui prétendent vouloir la paix et qui construisent des murs, entre les Etats-Unis qui ne renoncent pas à leur statut d’empereur, les armes, la corruption à la petite semaine et des gens en dessous du seuil de pauvreté ... que fait-on ? Que fait le gouvernement français ? Très honnêtement, je crois qu’il est un peu dépassé. Alors le voile dans tout ça, c’est un peu ridicule. Disons qu’en réalité il s’agit de bien autre chose. D’une affaire très politique et bien peu philosophique dans laquelle le gouvernement s’est enlisé. Mais ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement s’enlise.

Edwige Candon,
France.

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