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Débats. Cette semaine, la presse égyptienne et arabe s’est longuement interrogée sur les attentats du Sud-Sinaï.
Qui se cache derrière les attaques de Taba ?
La presse égyptienne s’interroge cette semaine sur l’identité des auteurs des trois attentats anti-israéliens qui ont causé la mort d’au moins 33 personnes dans le Sinaï (nord-est), en évoquant la piste d’Al-Qaëda avancée par des responsables en Israël.

« Nous n’écartons aucune possibilité mais nous ne pouvons jusqu’à présent déterminer l’identité des exécutants », écrit le quotidien Al-Ahram, qui reproduit des propos du ministre de l’Intérieur Habib Al-Adeli. L’éditorialiste d’Al-Ahram disculpe cependant les organisations palestiniennes, y compris les islamistes du Hamas et du Djihad islamique, tout en affirmant que « les attentats terroristes du Sinaï visent la sécurité et la stabilité de l’Egypte ».

« L’Egypte officielle et populaire condamne le terrorisme », titre en Une l’hebdomadaire Akhbar Al-Yom, tout en reproduisant les revendications de trois groupes islamistes : « Les Brigades des martyrs Abdallah Azzam », un groupe se réclamant d’Al-Qaëda, ainsi que deux autres groupes jusque-là inconnus, le « Groupe islamiste mondial » et les « Brigades de l’Unicité islamique ». Ce journal se demande par ailleurs si les auteurs des attentats visaient « à torpiller le tourisme égyptien qui a connu un véritable essor ces derniers temps ». Sous le titre « Le crime de Taba, pour le compte de qui ? », l’éditorialiste de l’hebdomadaire, Galal Doweidar, souligne que : « L’analyse naturelle de ce qui se passe prouve que les criminels auteurs de cet acte terroriste ne servent pas la cause palestinienne, ne défendent pas des intérêts islamiques. La seule retombée positive de leurs crimes profitera à Israël et aux forces ennemies de l’islam et des Arabes ».

Très prudent, le quotidien d’opposition Al-Wafd se contente de reprendre les propos du ministre des Affaires étrangères, Ahmad Aboul-Gheit, qui a parlé d’« acte terroriste », mais qui a affirmé « ne pouvoir encore désigner de responsables ». L’éditorial d’Abbass Al-Tarabili est très clair : « Ce qui s’est passé n’est autre qu’un complot contre l’économie et le peuple égyptiens. Tarabili exige qu’une révision rapide soit faite concernant les démarches d’entrée des touristes israéliens dans notre pays », conclut-il.

Et Samir Ragab écrit dans le quotidien Al-Gomhouriya : « Il est certain que c’est Israël qui est visé par cette frappe ».

Sous le titre « Les jours de pénitence à Taba », l’éditorialiste de l’hebdomadaire nassérien, Abdallah Al-Sennawi, écrit sur un ton accusateur : « On prétend qu’Israël a obtenu une autorisation égyptienne d’entrée, mais en réalité ce genre d’autorisation est typiquement formel, car la sécurité israélienne est présente, alors que la sécurité égyptienne est marginalisée. Nous devons (Etat et citoyens) absolument révéler les situations déséquilibrées dans le Sinaï. Il s’agit entre autres de se débarrasser des restrictions de Camp David, pour aboutir à une souveraineté égyptienne totale au Sinaï ».

Les deux journaux arabes basés à Londres, Al-Hayat et Al-Charq Al-Awsat, évoquent en Une la piste d’Al-Qaëda et signalent que les autorités égyptiennes ont appelé à éviter les spéculations à ce sujet. « Les attentats du Sinaï : des doigts accusateurs pointés vers Al-Qaëda », écrit Al-Charq Al-Awsat, en citant des fondamentalistes à Londres et au Caire qui ont établi un lien avec des menaces lancées le 1er octobre par Aymane Al-Zawahri appelant à frapper les Américains et les Israéliens. « Le danger de l’extrémisme menace toutes les sociétés arabes et islamiques. Sans un remède à la pensée extrémiste qui ne cesse de se propager violemment, nous ne pourrons alors guérir la situation sécuritaire qui a attaqué en une semaine trois continents », écrit Abdel-Rahmane Al-Rached dans son éditorial intitulé « L’extrémisme de Fallouja à Taba » paru dans Al-Charq Al-Awsat.

Selon Al-Hayat, qui évoque « les empreintes d’Al-Qaëda », les attentats ont atteint plusieurs objectifs : « Faire le plus grand nombre de morts parmi les touristes israéliens et infliger le plus possible de dégâts politiques, sécuritaires et économiques à l’Egypte » .

Hoda Ghali
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En lambeaux

L'argumentaire du président George W. Bush pour partir en guerre en Iraq est en ruine. Il vient de subir une série exceptionnelle de coups durs. En trois jours à peine, M. Bush a dû faire face à une accumulation de déclarations et rapports niant l'existence d'armes de destruction massive (ADM) dans ce pays et de liens entre le régime de Saddam Hussein et le réseau terroriste Al-Qaëda.

Le coup le plus dur est venu du rapport du chef des inspecteurs américains en Iraq, Charles Duelfer, publié mercredi dernier, qui confirme l'absence de stocks d'armes bactériologiques, chimiques ou nucléaires dans ce pays lors de l'entrée en guerre. Il affirme aussi que l'Iraq avait renoncé à ses ADM dès 1991, il y a treize ans, et n'avait pas même de programme d'ADM lors de l'invasion du pays en mars 2003, un tableau loin du danger massif et pressant décrit par l'Administration Bush l'an dernier.

Ce document ne constitue pas vraiment une surprise Car il confirme ce qu'ont dit de précédentes enquêtes. Mais il survient à un moment politique intéressant, à un mois de la présidentielle américaine, et alors qu'on voit apparaître des lézardes dans le camp gouvernemental.

Outre le rapport Duelfer, les mauvaises surprises se sont multipliées pour l'administration Bush : des propos, laborieusement rectifiés, du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, affirmant ne pas avoir de « preuve forte et formelle » de liens entre le régime de Saddam Hussein et Al-Qaëda, en contradiction avec le discours de la Maison Blanche. Un rapport de la CIA mettant en doute l'existence de liens entre le régime iraqien déchu et le Jordanien Abou-Moussab Al-Zarqaoui, lié au réseau Al-Qaëda et considéré aujourd'hui comme « l'ennemi numéro un » des Américains en Iraq.

Les conclusions du rapport Duelfer confortent a posteriori ceux qui, l'an dernier, réclamaient plus de temps pour que les inspecteurs de l'Onu puissent faire toute la lumière sur l'arsenal présumé de l'Iraq. Le chef de la mission d'inspection de l'Onu en Iraq, Hans Blix, a affirmé à de multiples reprises que quelques mois de patience de plus envers les inspections auraient sans doute permis de lever les doutes, et éviter une guerre. Ces arguments avaient été ignorés par l'Administration Bush, sous prétexte que les inspections auraient montré leur inefficacité.

Maintenant que la lumière est officiellement faite sur les mensonges de Bush et son administration, le peuple iraqien est en droit de se servir du document Duelfer pour demander d'être indemnisé pour les dommages et les destructions de la guerre menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

 

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