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Sahara Occidental . Rabat et Alger se sont affrontés par déclarations interposées au sujetde l’ancienne colonie espagnole.

Nouvelle empoignade

Le spectre d’une reprise des combats au Sahara Occidental, après treize ans de cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario qui se disputent ce territoire, est réapparu au terme d’une escalade verbale entre le Maroc et l’Algérie.

Samedi, l’ambassadeur d’Algérie à l’Onu, Abdallah Baâli, a accusé le Maroc d’avoir « perdu toute crédibilité » dans l’affaire du Sahara Occidental en raison de ses « tergiversations ». M. Baâli a qualifié les « volte-face (du Maroc) concernant les différents plans de l’Onu de comportement de girouette ». « Le Maroc a accepté puis rejeté le plan de règlement (de l’Onu), accepté puis refusé le référendum d’autodétermination, négocié et accepté puis refusé les accords de Houston », a-t-il expliqué. « La solution du problème, c’est le plan de paix de M. Baker que le Conseil de sécurité lui a expressément demandé d’accepter et d’appliquer », a ajouté le représentant algérien.

L’Onu a réaffirmé en avril 2004 son soutien au plan Baker, du nom de l’ancien envoyé spécial de l’Onu au Sahara Occidental James Baker, qui préconise une période d’autonomie de 5 ans dans cette ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975 et dont le Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame l’indépendance, avant un référendum d’autodétermination. Mais, Rabat a rejeté la perspective d’un référendum, considéré comme « obsolète et inapplicable », et proposé une « large autonomie définitive » dans le cadre de « la souveraineté marocaine, jugée non négociable ».

Parallèlement aux accusations algériennes, le chef du Front Polisario, Mohamad Abdelaziz, a appelé l’Espagne à assumer ses responsabilités historiques et à « défendre au sein du Conseil de sécurité le plan Baker ». Un plan « qui ne peut souffrir d’aucun changement et ne peut être nullement modifié, réajusté ou amendé », a précisé M. Abdelaziz.

Le Polisario avait adressé, le 6 octobre, une lettre à l’Onu dans laquelle il a remis implicitement en question le cessez-le-feu conclu en 1991 au Sahara Occidental après plus de dix ans de combats meurtriers et a critiqué vivement l’attitude « intransigeante » du Maroc et réitéré sa position en faveur de ce référendum.

« L’exercice par le peuple saharaoui de son droit à l’autodétermination par un référendum libre et équitable doit rester la seule voie à emprunter par les Nations-Unies pour résoudre le conflit pacifiquement », avait affirmé le chef du Polisario, dans cette lettre adressée au secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan. Le chef du Polisario estime que le cessez-le-feu « ne peut être dissocié » de l’organisation d’un tel référendum.

« La présence des Nations-Unies au Sahara Occidental ne peut être transformée, du fait de l’obstruction marocaine au processus de paix, en une simple opération d’observation d’une occupation coloniale », a écrit M. Abdelaziz, à l’approche d’une réunion du Conseil de sécurité qui doit examiner la poursuite de la mission de la Minurso, chargée de la surveillance du cessez-le-feu sur le territoire contesté.

L’escalade verbale entre l’Algérie et le Polisario d’une part, et le Maroc, d’autre part, est intervenue au lendemain d’une déclaration marocaine qui a imputé à l’Algérie la responsabilité du « blocage » de toute solution politique dans le conflit du Sahara Occidental.

« L’Algérie, a-t-il ajouté, prend la lourde responsabilité du blocage du processus de recherche d’une solution politique concernant le Sahara marocain, tout comme elle a fermé la porte à la construction du Maghreb », a déclaré le représentant du Maroc à l’Onu, Mohamad Bennouna. Il a toutefois appelé Alger à un « débat » pour empêcher « l’embrasement » de la région. Ce débat « vise d’abord à empêcher à tout prix l’embrasement de la région, à la faveur de conflits fratricides, et ensuite à construire une coopération où le Sahara qu’il soit oriental, central ou occidental, serve de lien sécurisé entre le Nord et le Sud du continent », a souligné le représentant du Maroc. « Nous savons que des menaces et des périls nouveaux guettent désormais cet espace devenu un refuge pour de nombreuses mouvances terroristes et criminelles. Nous devons assumer notre responsabilité vis-à-vis de nos voisins du Nord, les Européens, et du sud, les frères africains », a-t-il dit.

Les relations algéro-marocaines sont déjà sur une corde raide, Rabat dénonçant vivement « l’implication directe » de l’Algérie dans le conflit du Sahara Occidental, et sa « tutelle » sur le Front Polisario. La diplomatie marocaine a été échaudée par la satisfaction algérienne de la décision de l’Afrique du Sud, qui a officiellement reconnu le 15 septembre dernier, la République arabe démocratique sahraouie (RASD), un Etat autoproclamé en 1976 par le Front Polisario .

Rania Adel
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