Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Iraq. Face à la poursuite des violences, les forces américaines et le gouvernement iraqien tentent de créer un climat favorable aux élections prévues pour janvier prochain.

Tractations délicates

La violence se poursuit en Iraq à un rythme soutenu alors que les forces américaines et iraqiennes tentent tant bien que mal de désamorcer des différents points de tension dans le pays. En commençant par le quartier de Sadr City à Bagdad, où l’opération de désarmement des partisans du chef radical chiite Moqtada Sadr a démarré lundi matin, et ce, à la suite d’une entente conclue entre le gouvernement iraqien et le courant de Sadr concernant le désarmement des milices qui doivent recevoir de l’argent en contrepartie. L’opération entamée lundi dernier doit durer cinq jours, une entente censée mettre fin à la tension dans ce quartier défavorisé où les accrochages sont fréquents entre la milice de l’Armée du Mehdi et l’armée américaine. Toutefois, cette remise des armes ne garantit pas un retour au calme définitif. En effet, le commandant américain du bataillon à Sadr City, le lieutenant-colonel Gary Volesky, a averti que ses hommes avaient toujours le droit de mener des raids et des arrestations. « Il n’y a pas d’accord de cessez-le-feu. Notre liberté de mouvement n’a pas été limitée », a-t-il déclaré. Ce qui laisse l’option de la violence toujours d’actualité. D’ailleurs, l’armée américaine n’a affiché qu’un optimisme mesuré sur le désarmement des miliciens chiites. « Il revient à la milice de prouver qu’elle a rendu les armes et qu’elle respecte les termes de l’initiative », a ainsi déclaré le porte-parole de la 1re division d’infanterie, le lieutenant-colonel James Hutton. L’officier américain s’est aussi abstenu de parler d’accord contraignant, se contentant d’utiliser le terme « initiative ».

Parallèlement, les tractations entamées il y a plusieurs semaines entre le gouvernement iraqien et des représentants de Falloujah sur un retour de la ville rebelle sous l’autorité de Bagdad, se poursuivent. Elles auraient même avancé. « La délégation d’officiers de la Brigade de Falloujah, présidée par Abdallah Al-Mehmedi, (...) doit mettre au point les derniers détails d’une (éventuelle) entente », a affirmé dimanche cheikh Abdel-Hamid Jaddou, l’un des notables impliqués dans les tractations. Cependant, le ministre d’Etat sans portefeuille chargé de la Sécurité, Kassem Daoud, s’est borné à dire, lors d’une conférence de presse, que « les contacts se poursuivent », tout en soulignant qu’« il faut débarrasser les villes iraqiennes des terroristes ». D’autre part, un conseiller du premier ministre Iyad Allaoui s’est toutefois dit optimiste sur la possibilité de les voir déboucher sur une entente. Les habitants « doivent rendre les armes. Les forces iraqiennes doivent revenir dans la ville et les terroristes et les criminels doivent se soumettre à la loi. Et s’ils l’acceptent, le gouvernement trouvera des emplois pour les anciens soldats et les chômeurs et reconstruira » la ville, a ainsi déclaré Imad Chibibi, tout en reconnaissant la complexité de la situation, estimant que les groupes armés pourraient rejeter une telle entente.

Les points de désaccord concernent la composition d’une nouvelle force de sécurité pour la ville et l’entrée ou non des troupes américaines. Mais au cas où les discussions n’aboutisseraient pas, Falloujah pourrait faire l’objet d’une offensive importante comme celle menée par les Marines en avril dernier.

Malgré ces différentes tentatives de maîtriser la situation sécuritaire, la violence n’a pas reculé. Deux Iraqiens ont été tués et 18 autres blessés dans l’attentat suicide à la voiture piégée perpétré lundi au passage d’un convoi militaire américain à Mossoul (nord), selon des sources hospitalières. L’armée américaine a de son côté affirmé qu’une voiture piégée conduite par un kamikaze a explosé au passage du convoi dans le sud de la ville, faisant des victimes parmi les civils et les soldats, mais sans donner de détails. Peu auparavant, deux Iraqiens ont été tués et trois autres blessés dans des échanges de tirs entre hommes armés et Marines à Ramadi, alors que deux soldats américains ont été tués et cinq autres blessés dans une attaque à la roquette dans le sud de Bagdad. La veille, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, effectuait une visite surprise dimanche à Bagdad, au cours de laquelle il a rencontré le premier ministre iraqien Iyad Allaoui afin de parler des élections prévues en janvier 2005, ainsi que des questions de sécurité, après avoir eu une réunion avec le commandant de l’armée américaine en Iraq, le général George Casey, et l’ambassadeur des Etats-Unis, John Negroponte. Donald Rumsfeld a mis en garde devant des Marines sur une base de l’ouest du pays contre une recrudescence de la violence à l’approche de ces scrutins. Sa visite a en effet été ponctuée par deux attentats suicide à Bagdad qui ont été revendiqués par l’ennemi public numéro un sur place des Etats-Unis, le Jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui. Des hommes armés se réclamant de ce groupe ont par ailleurs annoncé détenir un otage turc en Iraq et menacé de le tuer dans trois jours si les forces américaines ne libèrent pas les prisonniers iraqiens, dans une vidéo diffusée lundi par la chaîne Al-Arabiya.

Le moyen de mettre un terme à ces violences et la préparation des élections iraqiennes seront les thèmes centraux de la Conférence internationale sur l’Iraq, que l’Egypte accueillera le 25 novembre prochain. « Le but de cette conférence est d’aider le peuple iraqien sur les questions politiques, économiques et sécuritaires (...) pour tenir les élections à la date prévue, établir l’unité entre les différentes factions et obtenir le retrait de toutes les forces étrangères d’Iraq » a déclaré le porte-parole de la présidence égyptienne, Magued Abdel-Fattah. Toutefois, l’ordre du jour de cette réunion reste un sujet de débat, la France voulant un calendrier pour le retrait des forces d’occupation de l’Iraq et la participation de la résistance à la conférence.

Abir Taleb
Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631