Le
sénateur Edwards, le candidat démocrate
aux élections présidentielles américaines
pour le poste de vice-président, a été
interrogé à propos de la position des
Etats-Unis au sujet du conflit palestino-israélien
et de la politique israélienne. Ses réponses
ont constitué un inversement bizarre des
faits. C’est ainsi que les Palestiniens
sont devenus les agresseurs, et Israël
la victime de cette agression. Il a exprimé
une sympathie absolue pour l’Etat hébreu
sans même faire la moindre remarque qui
donnerait l’impression qu’il a la volonté
de suivre sérieusement cette affaire.
Il s’est contenté d’une question : mais
que peuvent-ils faire ? C’est-à-dire les
Israéliens.
N’importe
quel enfant dont les sens n’ont pas encore
été gâchés par les jeux électroniques
bourrés de capacités de simulation de
meurtres, aurait répondu à la question
: Israël peut se retirer des territoires
occupés. Or, il est interdit aux hommes
politiques américains de répondre de la
sorte. Il semble même qu’il n’est pas
admis que ces idées leur passent par la
tête. Le simple fait qu’un Américain reconnaisse
que c’est Israël qui occupe les territoires
palestiniens et non le contraire est un
crime qui doit être sévèrement puni quelle
que soit la position ou la valeur de cette
personne dans la société américaine. Il
est donc naturel que le public pense,
comme il est clair dans les sondages d’opinion
effectués dans les pays occidentaux, que
ce sont les Palestiniens qui occupent
des territoires israéliens.
Les
Américains font l’objet, notamment en
période électorale, d’une violente campagne
de désinformation en ce qui concerne la
cause palestinienne. Les présidentielles
actuelles témoignent de la prédominance
absolue du discours de la droite sioniste
à tel point qu’on n’entend aucun autre
avis concernant la cause palestinienne.
Cette question constitue une exception
unique dans la démocratie américaine.
Effectivement, la mission essentielle
des conseillers et experts politiques
et de tous ceux qui travaillent dans la
préparation des élections présidentielles
aux Etats-Unis est de faire « apprendre
par cœur aux hommes politiques » les règles
de ce jeu et de ne jamais se départir
de la version israélienne du conflit et
des Palestiniens. Une telle erreur peut
coûter à n’importe qui son poste, même
s’il est le président des Etats-Unis.
Cette unanimité autour d’une cause a atteint
son apogée au cours des préparations pour
les prochaines élections américaines.
En commentant le débat télévisé entre
Kerry et Bush, les agences de presse ont
dit que les 2 adversaires ne se sont mis
d’accord sur aucun sujet à part le soutien
absolu à Israël. Chacun des 2 tentait
d’exprimer plus de soutien que l’autre
au point de faire insulte à la dignité
des Américains et non seulement leur esprit.
Bush a premièrement justifié son invasion
de l’Iraq par la volonté de protéger la
sécurité d’Israël avant celle des Etats-Unis.
Kerry a même tenté de trouver un moyen
de prendre le dessus sur Bush en ce qui
concerne la sécurité sacrée d’Israël.
Après avoir soutenu Bush dans sa promesse
à Sharon de lui accorder des parties de
la Cisjordanie et d’empêcher le retour
des réfugiés palestiniens, Kerry a accusé
Bush d’exposer la sécurité d’Israël au
danger puisqu’il a négligé le programme
nucléaire de l’Iran. Dans le second débat,
il y a une attaque inverse de la part
des partisans de Bush qui ont dit à Kerry
avec colère que sa position refusant que
les forces américaines restent en Iraq
sans délai pourrait encourager l’Iran
à posséder des bombes atomiques menaçant
la sécurité d’Israël. Et la chance n’a
été donnée à personne pour dire aux Américains
qu’Israël était l’unique Etat dans la
région qui n’a aucun problème à se défendre
face aux armes de destruction massive,
en particulier les armes atomiques parce
qu’il est le seul à les posséder et à
posséder les capacités d’attaque par des
moyens conventionnels et massifs.
Pour
tout ce qui concerne la politique étrangère,
les courses électorales semblent se dérouler
en Israël et non aux Etats-Unis. Et les
hommes politiques américains se comportent
comme s’ils étaient à la merci de l’électeur
israélien et non américain. Le plus important
est que ces élections ne semblent pas
se dérouler dans une société démocratique.
La réponse est banale. Israël n’est plus
une question politique, mais une question
« religieuse » ou « sacrée » sur la scène
politique américaine. Les Libéraux américains
pensent qu’Israël est l’unique Etat démocratique
dans la région. Et ceux-ci sont éduqués
par les professeurs du Parti démocrate
dont la plupart sont juifs et adoptent
en même temps l’idéologie sioniste. Or,
cette idéologie est très loin du libéralisme.
Chose dont les professeurs libéraux juifs
sont parfaitement conscients. Ceux-ci
semblent être les seuls aux Etats-Unis
à pouvoir demander des comptes à Israël
quand ils le veulent. Mais il est sûr
qu’ils assument une grande part de la
responsabilité éthique de l’interruption
de la démocratie américaine quand il est
question de la politique américaine aux
Etats-Unis. Ils mentent en faisant d’Israël
« la terre promise », puisqu’ils savent
parfaitement que ce n’est pas vrai. C’est
pour cela que pour longtemps, il a semblé
que les conservateurs du Parti républicain
constituaient l’unique force à vouloir
demander des comptes à Israël. C’est pour
cela que les Arabes américains préféraient
ce parti et tendaient à l’élire aux élections.
Mais ces tendances sont maintenant minimes
au Parti républicain qui est tombé entre
les mains des fondamentalistes chrétiens.
Les Américains arabes n’avaient pas fait
attention au fait que Bush était le candidat
du fondamentalisme chrétien aux élections
de 2000 et l’avaient élu parce que le
candidat démocrate pour le poste de vice-président
était l’un des plus importants partisans
d’Israël au Congrès. Et les fondamentalistes
se sont encore plus accaparés du Parti
démocrate à l’issue des élections de 2002.
Or,
le fait de transformer Israël en cause
sacrée n’explique pas tout. A chaque fois
qu’une question politique comme celle
d’Israël sort du domaine du débat démocratique
pour passer au domaine de la religion
et du sacré, il est alors question d’une
unanimité trompeuse. Tout le monde a alors
peur de la revanche des partisans extrémistes
d’Israël. Aux Etats-Unis, nombreux sont
ceux qui sont en colère parce que les
hommes politiques américains ont peur
de dire la vérité à Israël, et parce que
leur pays paye le prix de politiques israéliennes
injustifiées. Et les intellectuels partisans
du courant politique principal aux Etats-Unis
savent très bien que le fait d’interdire
de discuter des politiques israéliennes
mènera à encore plus d’animosité populaire
envers les Etats-Unis dans le monde entier,
et à encore plus de violence et de terrorisme
dans la région. Là toute l’humanité sera
exposée au danger et non seulement les
juifs.
C’est
là le crime réel des partisans d’Israël
aux Etats-Unis. Les sages juifs et non
juifs ne cessent d’alerter leurs citoyens
afin qu’il n’y ait pas de nouvelles catastrophes.
Nous appuyons ces sages et appelons aussi
ceux qui dirigent les débats présidentiels
à poser une grande question autour du
destin de la démocratie aux Etats-Unis
dominée par des fondamentalistes chrétiens
et juifs, libéraux et rétrogrades !