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Sur l'altermondialisation
Par Mohamed Sid-Ahmed

Diverses tentatives ont été faites pour trouver une alternative à ce qu'il est convenu d'appeler « mondialisation ». Ces tentatives n'ont finalement abouti qu'à davantage de confusion et d'ambiguïté. Contrairement à ce que prétendent les opposants à la mondialisation, il est impossible de faire marche arrière et d'effacer tous les effets de l'ère de la mondialisation. D'autant plus que certains de ces effets sont irréversibles.

Parmi eux figure notamment la révolution médiatique grâce à laquelle toutes les distances ont été effacées, qu’il s’agisse de l'espace ou du temps. Les habitants de notre planète peuvent aujourd'hui suivre de près tous les événements ainsi que leur évolution. Aucune barrière ne peut séparer complètement les humains. Même si nous admettons que les frontières politiques sont toujours en place et que chaque pays tient fermement à sa souveraineté, garantie par le droit international et les constitutions nationales.

En abordant la mondialisation, il faut être prudent. Même pour les plus farouches opposants, il est impossible de dire un « non » absolu à cette révolution. Tout ici est relatif. Car lorsque nous dénonçons le phénomène, nous faisons uniquement allusion à ses aspects négatifs. Et quand nous proposons une mondialisation alternative, nous recherchons à préserver ses aspects positifs, tout en rejetant ses inconvénients.


La dualité de la mondialisation

La mondialisation que nous devons rejeter est celle qui donne naissance à une dualité : une minorité qui gagne de plus en plus en force, influence, richesse et hégémonie alors que la majorité des êtres humains souffrent de la pauvreté, de la marginalisation, de la déception et du désespoir. Cette même dualité fait que 20 % des êtres humains contrôlent 80 % des richesses de la planète. L'altermondialisation à laquelle nous aspirons doit au contraire supprimer complètement ce phénomène de dualité. Nous ne visons guère à instaurer un ordre unipolaire, mais à supprimer un système international de polarisation. Le but étant d'établir un ordre basé sur la justice, l'équité et l'égalité entre les être humains.

Certains indices de cette « contre-mondialisation » existent déjà. Citons à titre d'exemple les forums des intellectuels progressistes tenus comme une alternative au Forum de Davos, en Suisse, qui réunit les grands hommes d'affaires et des finances de par le monde. Dans ce cadre, deux conférences ont été tenues, en deux ans, à Porto Allegre, au Brésil. Il est prévu qu'une troisième conférence soit tenue cette année à Bombay, en Inde. Sans oublier la vigoureuse campagne de protestation contre la guerre (la guerre contre l'Iraq par exemple) et contre l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui a mobilisé des millions de manifestants partout dans le monde. Sans doute, l'injustice dans les questions commerciales est l'aspect le plus flagrant du déséquilibre de l'ordre économique mondial basé sur le libre-échange.


Deux voies opposées

La réforme, ou bien le changement, peut s'effectuer dans deux directions opposées. La première est celle de l'hégémonie. Il s'agit de la naissance de nouvelles formes de dictature et de prédominance où les forts deviendront encore plus puissants, plus influents et plus riches alors que les faibles sombreront dans davantage de faiblesse, de marginalisation et de pauvreté. Quant à la seconde voie, celle de la démocratie, il faut avouer qu'il est improbable qu'elle voie le jour dans un avenir proche. Plus encore, l'instauration de cette voie n'est finalement que le résultat des efforts des êtres humains en général. La question qui s'impose est donc la suivante : l'humanité a-t-elle atteint suffisamment de sagesse pour atteindre cet objectif ?

Est-il possible que le second scénario, celui de la démocratie, prenne le dessus même à long terme ? Ceci n'est pas totalement impossible. Mais il nécessite la réunion de conditions qui ne sont pas actuellement réalisables. Dans ce contexte, deux facteurs sont essentiellement importants, à savoir l'enseignement et la technologie.

Pour que la démocratie puisse s'épanouir, il est indispensable d'éradiquer complètement l'analphabétisme. La connaissance doit être conçue comme la base de la sensibilisation politique de la société. Ainsi peut-on garantir une participation populaire réelle à la vie publique ainsi que des processus électoraux efficaces et de valeur. Il est difficile d'évaluer le degré de compréhension populaire des affaires de la vie publique, mais il est plus aisé de mesurer leur niveau d'éducation.

En Egypte, le taux d'analphabétisme est toujours si élevé qu’il entrave le rôle politique de la connaissance et rend difficile la protection des élections contre la manipulation. L'analphabétisme peut toujours faire en sorte que les résultats des élections donnent une image complètement faussée de la volonté des électeurs.

De son côté, la technologie, à l'instar de l'enseignement, a une importance capitale dans l'instauration de la démocratie au sein de la société. La société développée est celle qui se distingue par la diffusion de l'enseignement et de la culture raffinée parmi ses membres. C'est celle qui fait un usage intensif des ordinateurs et des autres outils de la technologie. Bref, la société développée est celle qui est technologiquement développée.

Dans ce même contexte, il est indispensable de noter l'importance de l'invention et la production des outils de la technologie. L'essentiel est de devenir capable de produire et par conséquent de diffuser ce qui a été inventé.

Ce n'est pas par hasard que le « robot » et « l'intelligence artificielle » sont devenus le symbole de la civilisation moderne. Et ce grâce aux capacités de la technologie actuelle. On s'attend à ce que l'homme puisse à l'avenir contrôler le cours de sa vie grâce à l'efficacité et la compétence qu'il doit acquérir dans ce domaine.

Reste à dire que l'un des avantages de la technologie sophistiquée réside dans sa capacité de limiter les tentatives humaines de fraude et de tricherie. A vrai dire, la machine, qui a remplacé l'homme dans diverses tâches mécaniques, a pu ainsi limiter l'intervention humaine visant à commettre des actes illégaux. Et avec le développement technologique se consolide l'Etat des institutions.

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Moubarak contre un pouvoir héréditaire

Par Salama A. Salama

Le président Moubarak a répondu d'une manière claire et tranchante aux rumeurs concernant la succession du pouvoir en Egypte en faveur de son fils cadet, Gamal. Il a affirmé que ces rumeurs n'avaient aucun fondement et que cette idée ne lui avait jamais effleuré l'esprit.

Le président Moubarak a souligné que l'idée d'un pouvoir héréditaire n'est pas conforme au régime républicain en vigueur dans notre pays et que si certains Etats avaient adopté ce principe, ce ne sera pas le cas en Egypte. C'est en ces termes clairs que le président Moubarak a coupé court aux rumeurs largement véhiculées à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Egypte. Ces rumeurs circulaient dans de nombreuses réunions et rencontres publiques ou à huis clos, outre les articles publiés dans la presse étrangère, notamment américaine, et repris par la presse égyptienne et arabe.

Ces rumeurs étaient si fortes qu'elles sont quasiment devenues un fait accompli, à tel point que toute visite ou réunion effectuée par Gamal Moubarak était interprétée comme une affirmation de cette succession prévue ou une sorte de préparation de l'opinion publique à cette éventualité.

Les Egyptiens sont habitués à croire les rumeurs à cause du manque de transparence dans notre vie politique. Cependant, la rumeur n'est pas seulement une nouvelle transmise par ouïe dire sans aucune certitude sur son bien-fondé. La rumeur peut prendre la forme de comportements révélateurs porteurs d'indices, mélange de vérité et de mensonge. De nombreuses rumeurs qui commencent par de simples dires ou comportements sans fondement se transforment souvent en réalité.

Les comportements de certains hauts responsables du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) sont vraisemblablement à l'origine du lancement de cette rumeur et de sa diffusion. Toutes les déclarations et les réunions du PND tentaient d'insinuer que la succession du pouvoir était tranchée au profit d'une personne déterminée, le fils du président. Il est tout à fait probable que des membres du parti aient un intérêt dans la diffusion de cette rumeur. Selon les propos directs du président Moubarak, l'entrée de Gamal au PND a été extrêmement difficile. Les membres du parti ont mis une semaine à l'accepter. Ils se sont adressés au président, lui disant : « Qu'il adhère au parti si cela vous aide à moderniser le PND, ou à encourager les jeunes à participer et à s'impliquer davantage dans ses activités ».

Il est toutefois certain que l'adhésion de Gamal Moubarak au PND a créé un certain mouvement et des activités palpables. Depuis, un certain renouveau est apparu dans les idées et les orientations du parti. D'autre part, il est tout à fait probable que Gamal n'avait jamais pensé que sa présidence d'une commission importante du parti serait interprétée comme un pas vers le pouvoir. Il a même essayé d'adresser un nouveau discours à de nouveaux jeunes éléments. Mais la vieille garde du parti ne le lui a pas permis. Bien plus, le sujet de la succession du pouvoir a été insidieusement utilisé pour lutter contre le changement et la modernisation du parti et pour le retour aux anciennes pratiques.

 

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