| « Nous
avons obtenu tous les accords gouvernementaux nécessaires.
Le projet sera installé sur une superficie de 600 m2 et
comprendra 83 usines et des centres de formation dans
l'objectif de créer une industrie féminine saoudienne
dans laquelle travailleront plus de 10 000 femmes »,
déclare la femme d'affaires saoudienne Hessa
Al-Aoûn, qui parraine l'initiative et membre du Comité
des femmes d'affaires auprès de la chambre de commerce
à Djeddah. C'est en février 2004 que le projet de la ville
industrielle féminine sera lancé à Djeddah en Arabie saoudite.
Tout le personnel ainsi que la direction de ce projet
industriel seront formés de femmes.
La
majorité des femmes saoudiennes sont confinées depuis
plus d'un demi-siècle dans le domaine de l'enseignement
et de la médecine. Pourtant, les femmes d'affaires
possèdent 17 milliards de rials saoudiens (28 milliards
de L.E.) dans les banques saoudiennes. « Une grande
partie de ces sommes gelées sera employée dans la création
de compagnies industrielles féminines à l'intérieur de
la nouvelle ville industrielle en vue de garantir un maximum
d'offres d'emploi aux femmes », assure-t-elle.
Quant au
capital qui y sera investi, Mme Hessa déclare que des
hommes d'affaires peuvent participer à la construction
des usines « puisque c'est pour le bien de l'industrie
nationale ».
Selon des
études effectuées par le secteur privé et l'Organisme
des statistiques gouvernementales, le nombre de femmes
au chômage en Arabie saoudite a atteint 3 millions, dont
800 000 à Djeddah. Le tout étant selon les responsables
saoudiens de lutter contre le chômage et de lancer une
réforme de la situation de la femme dans le cadre de la
charia.
Les usines
de la nouvelle zone industrielle seront reliées aux secteurs
déjà investis par les femmes comme le prêt-à-porter et
l'industrie alimentaire.
Ce projet
de zone industrielle féminine n'est pas la première entrée
de la femme saoudienne dans le domaine de l'industrie.
Déjà, un nombre d'usines produisant des équipements médicaux
emploient 160 Saoudiennes. Sans oublier celles qui travaillent
pour le groupe Al-Bacha œuvrant dans le prêt-à-porter.
Ce dernier va proposer des cadres féminins pouvant travailler
dans ses usines.
« 80 %
du personnel des usines Al-Bacha sont des femmes
et 15 postes sont consacrés aux handicapées. Les salaires
commencent à partir de 1 000 rials saoudiens et des
primes de 8,5 % que l'ouvrière obtient grâce à la
qualité de son travail. L'ouvrière a droit à une augmentation
de salaire, après 5 ans, son salaire atteint 1 500
rials (2 472 L.E.) en plus des primes »,
déclare Le propriétaire. Il assure que l'important est
que les ouvrières soient de nationalité saoudienne.
D'autre part,
cette usine de prêt-à-porter a employé la première chimiste
saoudienne, Zahra Al-Hekmi, qui annonce : « Cet
emploi dans le laboratoire d'une usine prouve que la femme
peut accomplir les travaux qui étaient auparavant limités
aux hommes ».
Les initiatives
pour offrir des chances d'emploi aux femmes se multiplient.
Ainsi, le directeur général du Fonds du développement
des ressources humaines, Mohamad bin Abdel-Aziz Al-Sahlawi,
assure que le fonds a conclu un accord visant à renforcer
le recrutement de femmes dans le secteur industriel saoudien
dans la capitale Al-Riyad. Il est question d'employer
les femmes dans une usine saoudienne pour le matériel
d'éclairage. Trente et une jeunes filles vont donc être
employées pour travailler sur des lignes de production
consacrées aux femmes seulement. Le fonds a également
organisé un nombre de réunions avec les directeurs des
ressources humaines dans les secteurs productifs privés,
dont le secteur des produits laitiers. La réunion a abordé
les plans du secteur concernant le recrutement des Saoudiennes.
Selon les estimations, 500 emplois seraient actuellement
disponibles pour les femmes dans ce secteur. Les Saoudiennes
n'ont donc qu'à se jeter à l'eau. |