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Alors
que les efforts arabes et internationaux pour une reprise des
négociations au Proche-Orient se poursuivent, le Plan unilatéral
élaboré par le premier ministre israélien vient compliquer les
choses. Ce plan vise à une séparation entre les Palestiniens
et les Israéliens.
Le gouvernement
israélien s'appliquait depuis des mois à justifier le refus
des efforts de règlement et procédait à l'application du Plan
unilatéral de séparation. Imposer par la force un règlement
politique a toujours été le choix principal de ce gouvernement ...
Et si négociations il y a, c'est pour dicter les conditions
de l'Etat hébreu.
Lorsque Sharon
a compris que la force armée ne pouvait réaliser ses desseins,
il s'est employé à morceler les territoires palestiniens en
vue d'en garder le contrôle d'une grande partie.
La décision d'imposer
une séparation avec les Palestiniens représente en fait une
étape essentielle du plan du gouvernement Sharon. L'objectif
est d'annexer officiellement l'essentiel des terres palestiniennes
occupées en 1967. Sharon ne pouvait prendre cette initiative
et procéder seul à son application. Il lui fallait au préalable
le feu vert américain. L'entente implicite entre Israël et les
Etats-Unis paraît claire à l'observation des dernières positions
américaines. Intransigeante avec les Palestiniens, l'Administration
américaine fait constamment preuve d'indulgencen, voire de complicité
vis-à-vis des manœuvres du gouvernement israélien. De même,
l'opposition ferme et décisive des Américains à la construction
du mur de sécurité a baissé progressivement, laissant place
avec le temps à un silence total. L'approbation tacite est d'autant
plus flagrante que Washington n'a pas hésité à recourir à son
droit de veto pour empêcher l'adoption par le Conseil de sécurité
de l'Onu d'une résolution condamnant la construction du mur,
comme acte illégitime contraire aux résolutions des Nations-Unies.
Concernant le règlement
de la question palestinienne, il est certain qu'un changement
notable est survenu dans la position américaine. L'Administration
américaine paraît aujourd'hui plus encline à accepter la vision
d'Ariel Sharon. Pour preuve : l'entretien accordé par l'ex-émissaire
américain au Proche-Orient, Denis Ross, au quotidien israélien
Yediot Aharonot, paru dernièrement sur son site Internet.
Dans cette interview, M. Ross adopte la vision de Sharon et
reprend les propos de la droite israélienne sur le danger démographique
que représentent les Palestiniens pour Israël. En conclusion,
M. Ross a souligné la nécessité pour Israël de se débarrasser
du plus grand nombre des Palestiniens à travers la construction
du mur de séparation en Cisjordanie occupée. En fait, les propos
de M. Ross reflètent la position réelle de l'Administration
américaine. D'où la satisfaction affichée par la Maison blanche
au dernier discours du premier ministre israélien dans lequel
il a annoncé son plan de séparation. L'Administration américaine
a donc arrêté toute critique à l'encontre du projet du mur qui
engloutit une large portion de la Cisjordanie.
Ceci nous pousse
à se demander ce qui restera après cette annexion de la fameuse
Feuille de route et de la promesse du président Bush d'œuvrer
pour la création d'un Etat palestinien indépendant. La construction
du mur signifie l'annexion par Israël de plus de 50 % de
la Cisjordanie. La question est de savoir si M. Ross et l'Administration
américaine ont bien mesuré la portée de cette vision sharonienne
et pensé aux conséquences qui en découleront. Il est incontestable
que l'application de cette vision aura des retombées négatives
sur la sécurité et la stabilité au Proche-Orient.
Le climat qui règne
aujourd'hui constitue un environnement fertile pour alimenter
la haine à l'égard des Etats-Unis et ranimer le doute quant
aux réelles intentions américaines dans la région.
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