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Où mènera le plan israélien de séparation ?
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie Alors que les efforts arabes et internationaux pour une reprise des négociations au Proche-Orient se poursuivent, le Plan unilatéral élaboré par le premier ministre israélien vient compliquer les choses. Ce plan vise à une séparation entre les Palestiniens et les Israéliens.

Le gouvernement israélien s'appliquait depuis des mois à justifier le refus des efforts de règlement et procédait à l'application du Plan unilatéral de séparation. Imposer par la force un règlement politique a toujours été le choix principal de ce gouvernement ... Et si négociations il y a, c'est pour dicter les conditions de l'Etat hébreu.

Lorsque Sharon a compris que la force armée ne pouvait réaliser ses desseins, il s'est employé à morceler les territoires palestiniens en vue d'en garder le contrôle d'une grande partie.

La décision d'imposer une séparation avec les Palestiniens représente en fait une étape essentielle du plan du gouvernement Sharon. L'objectif est d'annexer officiellement l'essentiel des terres palestiniennes occupées en 1967. Sharon ne pouvait prendre cette initiative et procéder seul à son application. Il lui fallait au préalable le feu vert américain. L'entente implicite entre Israël et les Etats-Unis paraît claire à l'observation des dernières positions américaines. Intransigeante avec les Palestiniens, l'Administration américaine fait constamment preuve d'indulgencen, voire de complicité vis-à-vis des manœuvres du gouvernement israélien. De même, l'opposition ferme et décisive des Américains à la construction du mur de sécurité a baissé progressivement, laissant place avec le temps à un silence total. L'approbation tacite est d'autant plus flagrante que Washington n'a pas hésité à recourir à son droit de veto pour empêcher l'adoption par le Conseil de sécurité de l'Onu d'une résolution condamnant la construction du mur, comme acte illégitime contraire aux résolutions des Nations-Unies.

Concernant le règlement de la question palestinienne, il est certain qu'un changement notable est survenu dans la position américaine. L'Administration américaine paraît aujourd'hui plus encline à accepter la vision d'Ariel Sharon. Pour preuve : l'entretien accordé par l'ex-émissaire américain au Proche-Orient, Denis Ross, au quotidien israélien Yediot Aharonot, paru dernièrement sur son site Internet. Dans cette interview, M. Ross adopte la vision de Sharon et reprend les propos de la droite israélienne sur le danger démographique que représentent les Palestiniens pour Israël. En conclusion, M. Ross a souligné la nécessité pour Israël de se débarrasser du plus grand nombre des Palestiniens à travers la construction du mur de séparation en Cisjordanie occupée. En fait, les propos de M. Ross reflètent la position réelle de l'Administration américaine. D'où la satisfaction affichée par la Maison blanche au dernier discours du premier ministre israélien dans lequel il a annoncé son plan de séparation. L'Administration américaine a donc arrêté toute critique à l'encontre du projet du mur qui engloutit une large portion de la Cisjordanie.

Ceci nous pousse à se demander ce qui restera après cette annexion de la fameuse Feuille de route et de la promesse du président Bush d'œuvrer pour la création d'un Etat palestinien indépendant. La construction du mur signifie l'annexion par Israël de plus de 50 % de la Cisjordanie. La question est de savoir si M. Ross et l'Administration américaine ont bien mesuré la portée de cette vision sharonienne et pensé aux conséquences qui en découleront. Il est incontestable que l'application de cette vision aura des retombées négatives sur la sécurité et la stabilité au Proche-Orient.

Le climat qui règne aujourd'hui constitue un environnement fertile pour alimenter la haine à l'égard des Etats-Unis et ranimer le doute quant aux réelles intentions américaines dans la région.

 

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