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| Planning
familial . Une étude effectuée
par l'équipe médicale de l’hôpital de Galaa au Caire vise à
proposer une solution rapide et efficace à l’explosion démographique
en Egypte. Elle a commencé a être mise en application dans la
plus grande discrétion.
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La
contraception du fait accompli |
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Tout
a commencé par une rumeur selon laquelle certains gynécologues
dans des hôpitaux publics d’Egypte plaçaient des stérilets aux
femmes venues pour accoucher.
Jusque-là, rien
d’étrange. Mais, la nouveauté cette fois-ci c’est qu'une telle
pratique est effectuée dans les 48 heures qui suivent l’accouchement,
à un moment où les femmes sont vulnérables et surtout pas en
mesure de prendre une telle décision. Et dans la plupart des
cas, ce n'est qu'à la sortie du bloc qu'on les informe. Bref,
elles sont mises devant le fait accompli.
Bien que cette
méthode de contraception soit ordinaire et même bien répandue
en Egypte, c’est bien la première fois que l'on l'impose à la
femme lors de son accouchement. « Malgré les préjugés,
c’est le moment idéal pour placer un stérilet. L’utérus est
élargi alors que le col n'est pas tout à fait fermé. Cela permet
au gynécologue de placer facilement le stérilet dans la cavité
utérine sans courir de risques d'en blesser les parois. Lors
de ce geste médical, la femme est mise sous anesthésie et ne
sent aucune douleur. Elle sort de l’hôpital en ayant accompli
deux missions importantes : avoir mis au monde un bébé
et suivi en même temps un planning familial », explique
le Dr Abdel-Aziz Al-Choubari, directeur de l’hôpital Galaa pour
l’accouchement.
L'explication d'une
telle démarche médicale est que la plupart des femmes décident
de quitter l’hôpital dans les heures qui suivent leur accouchement.
Et c’est donc le seul moment où l'équipe médicale peut les coincer.
Le facteur psychologique joue aussi un rôle important. « Après
l’accouchement, la question du planning familial peut ne pas
lui venir à l’esprit. Si nous devons attendre qu'elle fasse
le premier pas en venant à la consultation, cela ne se fera
jamais », explique le Dr Ali Al-Qassas, gynécologue.
Le choix du moment
est en fait le facteur-clé de cette nouvelle pratique. C’est,
selon les experts, le secret de sa réussite. « L’idée
réside dans le fait de saisir la femme sur le vif alors qu’elle
est encore traumatisée par l’accouchement et donc pas prête
à revivre la même expérience au moins pendant deux ou trois
ans. Ce qui explique pourquoi toutes les femmes à qui j’ai demandé
leur avis à propos de cette pratique l'ont approuvée »,
explique le Dr Moustapha Radi, gynécologue.
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Le droit de choisir
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En effet, cette
expérience est appliquée en Egypte depuis à peine deux mois
et dans un nombre très limité d’hôpitaux publics. Elle se passe
dans la discrétion la plus totale en attendant de juger de son
efficacité. Ce qui explique pourquoi elle n’a pas fait le sujet
d'une campagne médiatique jusqu’à ce jour.
Pourtant, l’idée
a été abordée dans le pays depuis plus de quatre ans. Il s’agit
d’une étude effectuée par l'équipe médicale de l’hôpital Galaa
et qui vise à proposer une solution rapide et efficace à l’explosion
démographique en Egypte. Ce problème qui selon les experts est
l’obstacle numéro 1 à tous les projets de développement. L’étude
s'est inspirée d’expériences semblables qui ont été pratiquées
dans des pays comme la Chine et le Mexique et dont les résultats
ont été surprenants. « L’idée n’est pas nouvelle. Elle
fait partie de notre branche d’études et est citée dans toutes
les publications et références en gynécologie. J’ai même suivi
un stage de formation concernant cette pratique au Mexique avant
de venir l'appliquer en Egypte. Dans d’autres pays, on a recours
à d'autres techniques plus radicales. Le cas en Chine où l’on
ligature obligatoirement les trompes dès le premier accouchement.
Ce que nous ne pouvons nous permettre en Egypte vu les critères
religieux et les valeurs morales de notre société. En plaçant
un stérilet, la femme peut à tout moment l'enlever si elle décide
d'avoir un autre enfant », explique le Dr Al-Choubari.
Ce médecin a présenté
son étude qui a reçu l'approbation du ministère de la Santé.
Ainsi, il a entamé cette expérience à titre d'essai dans quelques
secteurs sanitaires. Aujourd’hui, certains hôpitaux publics,
universitaires et même dispensaires expérimentent cette pratique.
D’ailleurs, l’approbation
ministérielle révèle à quel point l’Etat est prêt à tout pour
trouver une solution à l’explosion démographique. Et bien que
du point de vue médical, tous les experts affirment qu’elle
n’engendre aucun risque, sur le plan moral, elle reste très
controversée.
Selon les déclarations
des médecins, la femme ou son mari doivent donner leur
accord avant que le médecin n'impose à la femme une méthode
de contraception. Et pour prouver qu'il y a eu consentement
par l'un des conjoints une somme modeste de 5 L.E. est versée,
représentant le prix du stérilet. Pourtant, des gynécologues
disent informer les femmes avant de leur placer un stérilet
et si l'une d'elles refuse, on ne le lui place pas.
Mais dans quelques
hôpitaux et dispensaires situés dans des quartiers populaires
du Caire, des femmes ignorent qu'on leur a posé un stérilet.
« C’est une sorte d’étude qui se passe dans la plus
grande discrétion. Nous avons reçu des directives très strictes
pour réaliser cet objectif. Officiellement, le directeur de
l’hôpital déclare que le médecin qui se hasarderait à le faire
sans l'assentiment de l'intéressée sera soumis à des sanctions
sévères. En réalité, aucune femme n’est prévenue à l’avance »,
avoue un jeune gynécologue dans un hôpital public de Choubra.
Pour dire que la mise en application de cette méthode plane
dans le flou total, et les déclarations médicales ne vont pas
toutes dans le même sens et parfois se contredisent.
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Approche contestée
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C’est en fait
la raison pour laquelle l’expérience se limite à quelques
hôpitaux publics et dispensaires des quartiers populaires.
Car il s’agit d’une tranche de la société qui ne possède pas
les moyens de se soigner dans les hôpitaux privés, qui ne
connaît pas ses droits et ne saurait lutter pour les avoir.
« C’est porter atteinte à la dignité humaine que de
ne pas laisser une personne disposer de son corps. Quelle
loi ou religion autorisent-elles une telle démesure ?
Est-ce parce qu’on n’ose pas faire une telle expérience sur
des riches qu'on utilise les pauvres comme des cobayes »,
s’indigne Cheikh Abdel-Metaal, homme de religion.
Un avis partagé
avec Fardos Al-Bahnassi, activiste dans des ONG féministes.
Selon elle, « il s’agit d’une atteinte aux droits
de l’homme. Rien ne peut justifier le fait de priver la femme
de son droit de décider de son propre corps. Le désir de procréer
est une décision qui revient à elle et à son mari. Comment
ose-t-on s'immiscer dans la vie la plus intime du couple.
Il ne reste qu'à imposer le nom du bébé ». L’Etat
aurait, selon elle, opté pour la solution facile, celle de
mettre les gens devant le fait accompli. Au lieu d’opter pour
des solutions plus humaines telles que repousser l’âge du
mariage, faire plus d’efforts pour cultiver les femmes, les
sensibiliser au planning familial et les encourager à contribuer
un peu plus à la vie active, on les traite comme des esclaves.
Mais, il semble
que chacun voit le problème de son point de vue. Pour les
défenseurs de l’idée, il s’agit là d’une protection pour la
femme. « Je reçois dans ma clinique des femmes qui,
à l’âge de 31 ans, ont huit et neuf enfants. Elles font le
double de leur âge et sont en très mauvaise santé. Pour des
cas pareils, je n'attends pas leur point de vue pour sauver
leur vie, n’est-ce pas en tant que tel une raison assez suffisante ? »,
s’interroge un gynécologue dans un dispensaire à Saft Al-Laban.
Selon lui, les
sept dernières années ont témoigné d’un bouleversement dans
les idées. « Il est devenu fréquent de voir une femme
tomber enceinte une cinquième fois. Une chose qui avait presque
disparu un certain temps et qui revient de nouveau »,
justifie le Dr Radi.
En présence d'une
telle situation, les partisans du nouveau projet trouve qu’il
s’agit d’une bouée de sauvetage pour la femme et pour une
société sle point d'exploser. Selon leurs propos, il faudrait
peut-être une période de transition pour sensibiliser l’opinion
publique avant que le projet ne se transforme en un projet
national.
Mais, il faudrait
d’abord franchir les barrières du silence et de la clandestinité.
Seule la transparence pourrait faire de cette expérience
une véritable réussite.
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Amira Doss
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