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Politique
. Le
Parti national démocrate a précisé les points qui seront discutés
lors du dialogue national. L'opposition déplore que ses attentes
ne soient pas prises en compte. |
| Un
dialogue en forme de monologue |
L'ordre
du jour du dialogue national, élaboré du Parti National Démocrate
(PND, au pouvoir), n'intègre aucune des discussions attendues
par les forces d'opposition. Le ministre de l'Information
et secrétaire général du PND, Safouat Al-Chérif, a précisé
que la priorité de ce dialogue, qui se déroulera après les
vacances du Grand Baïram entre les membres de l'opposition
et son parti, était l'élaboration d'un nouveau système pour
les élections qui ne suscite pas les controverses, la modification
de la loi des partis et l'application d'une charte d'honneur
entre les différentes formations politiques.
En revanche, le PND semble se désintéresser
de l'annulation de la loi d'urgence, de la modification de
la Constitution, notamment pour ce qui concerne l'élection
du président de la République, ou encore du changement de
la loi sur les syndicats professionnels, qui constituent pour
l'opposition une partie importante de la réforme politique
qu'elle revendique.
Le président Moubarak avait appelé à un dialogue
national entre les forces politiques légales lors de la clôture
du congrès annuel du PND, en septembre dernier. Les leaders
du PND ont organisé, à cet effet, des rencontres avec leurs
homologues des partis de l'opposition à la fin du mois d'octobre
dernier. Ils ont commencé par le parti du Rassemblement, puis
le néo-Wafd, le Parti nassérien, le parti Al-Guil
(la génération), et finalement avec le Parti Egypte 2000.
A l'annonce de la mise en place d'un dialogue
national, les partis de l'opposition avaient l'espoir de voir
un dialogue sérieux et bien équilibré s'installer entre eux
et le parti au pouvoir. Un espoir qui disparaît progressivement
avec chaque mesure annoncée par le gouvernement. Le fait que
le gouvernement ait tenu des élections législatives partielles
pour les 17 sièges vacants du Parlement malgré plusieurs verdicts
les interdisant a constitué la première déception de l'opposition.
Les dirigeants de celle-ci se demande aujourd'hui si le dialogue
n'est pas déjà voué à l'échec en raison de la politique du
PND.
Abdel-Ghaffar Choukr, membre du bureau politique
du parti du Rassemblement, assure que son parti n'acceptera
pas le dialogue si le PND domine celui-ci, et si les autres
partis ne sont là que pour faire de la figuration démocratique
à destination de la scène internationale.
Pour lui, « le gouvernement a choisi
les trois thèmes qui l'arrangeaient bien. Pour la loi sur
les élections, les responsables du PND souhaitent faire un
mélange entre le scrutin de liste et le scrutin individuel,
ce qui lui permettra de mieux contrôler le choix des candidats
du PND pour éviter la catastrophe des législatives de 2000
qui ont favorisé les indépendants ». Lors de ces
élections, un grand nombre de membres du PND voulaient se
présenter aux élections, mais n'ayant pas été désignés par
les responsables du parti, plusieurs d'entre ceux ont décidé
de se présenter en tant qu'indépendants et ont fini par remporter
les élections. Ce qui a eu pour effet de pousser les responsables
du PND à les réintégrer au parti pour obtenir une majorité
à l'Assemblée du peuple.
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« Un hochet donné aux
partis »
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Et Choukr d'analyser :
« Le PND souhaite instaurer une charte entre les partis
pour limiter le financement des élections afin d'obliger les
indépendants issus du PND à se présenter aux élections après
l'approbation du parti. Quant à la loi sur les partis, ce n'est
qu'un hochet donné aux partis pour donner l'impression de faire
un peu d'équilibre ».
Ahmad Nasser, secrétaire
général adjoint du parti du néo-Wafd, déplore également
la tournure que prend le dialogue national : « Petit
à petit, le gouvernement prend des décisions qui contribuent
forcément à faire échouer le dialogue national. Au début, ce
sont les élections législatives partielles puis l'intervention
des forces de l'ordre dans les circonscriptions. Et maintenant,
il refuse d'inclure dans son programme sur le dialogue national
les points essentiels pour l'opposition ». Nasser ajoute
que son parti a mis des conditions pour participer à ce dialogue,
en tête desquelles la modification de la Constitution, l'annulation
de la loi d'urgence et autres. « Si le gouvernement
ne respecte pas nos demandes, on ne participera pas à ce dialogue.
Le problème est que le PND procède à ce dialogue par obligation
à cause de son manque de popularité et à cause des pressions
exercées par les Etats-Unis sur les pays du tiers monde en général,
et du monde arabe en particulier, pour qu'ils laissent plus
de place à la démocratie. Tout ceci exclut le sérieux de ce
dialogue ».
Pourtant, Saad
Al-Daqqaq, membre de la commission des politiques au PND, indique
qu'il existe des points prioritaires qui doivent être discutés
avant toute chose. « Après le 11 septembre, plusieurs
pays qualifiés de démocratiques ont mis en vigueur leurs lois
d'urgence qui sont même plus dures que la nôtre. Tout le monde
maintenant affronte le danger du terrorisme et ce n'est pas
logique d'annuler cette loi maintenant. D'ailleurs, le gouvernement
n'applique cette loi que dans les procès de terrorisme et de
drogue ».
Pour ce qui concerne
l'élection du président, Al-Daqqaq estime que le peuple n'est
pas opposé au système actuel qui accorde au Parlement la mission
de désigner le président, puis au peuple la tâche de confirmer
ce choix par référendum. Et d’ajouter : « Quant
à la loi sur les syndicats professionnels, le ministre de l'Information,
Safouat Al-Chérif, a promis de la modifier prochainement ».
A cet effet, Choukr
estime que le gouvernement ne veut pas que les autres partis
prennent part aux propositions de modification de cette loi
durant le dialogue national, dans le but de les exclure d'une
telle décision, et pour garder l'exclusivité de cette mesure
d'ouverture devant le peuple, les Etats-Unis et l'Europe.
Amr Hachem Rabie,
chercheur au Centre d'Etudes Politiques et Stratégiques d'Al-Ahram
(CEPS), analyse la position des partis : « Je crois
que les partis vont quand même poursuivre le dialogue avec le
PND, même si ce dernier le domine. Ils ont accepté dès le début
d'établir des dialogues bilatéraux entre le PND et chacune de
leurs formations et de tenir ces dialogues en secret, sans annoncer
les détails des rencontres. Les partis croient, en fait, que
ce genre de dialogue leur confère plus de légitimité devant
le peuple, mais aussi face à eux-mêmes. Le président a déterminé
les trois thèmes principaux du dialogue depuis le congrès annuel
du PND et rien ne changera à ce sujet », conclut-il.
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May Atta |
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