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Diplomatie . Le président malien, Amadou Toumani Touré, a effectué cette semaine une visite officielle de trois jours en Egypte au cours de laquelle il s'est entretenu avec le président Hosni Moubarak.
Le Caire se tourne vers l'Afrique

Les derniers développements en Afrique et les moyens de renforcer les relations bilatérales ont été au centre de discussions lundi entre le président Hosni Moubarak et le président malien Amadou Toumani Touré. C'est la première visite du président Toumani Touré en Egypte depuis son élection en 2002. Le chef de l'Etat malien était accompagné d'une importante délégation comprenant quatre ministres (Affaires étrangères, Industrie et Commerce, Défense et Agriculture) ainsi que des représentants des hommes d'affaires maliens. L'Egypte et le Mali entretiennent des relations diplomatiques depuis 1961.

Cette visite intervient à l'approche du sommet de l'Union africaine prévu à la mi-février à Syrte en Libye. L'Egypte veut renforcer son rôle en Afrique à l'occasion de la tenue de ce sommet, surtout que la Libye et l'Afrique du Sud (deux grands pays du continent) occupent la scène africaine. Pour l'Egypte, les pays africains, qui sont au nombre de 45, peuvent représenter un réservoir d'appuis politiques en faveur de plusieurs problèmes internationaux. qui intéressent l'Egypte. C'est pour cette raison que Le Caire veut maintenir de bonnes relations avec le plus grand nombre de pays africains. Le Mali, pays enclavé, souffre depuis plusieurs mois de la fermeture de son unique débouché vers la mer, le port d'Abidjan, dont l'activité est entravée par le conflit armé entre le gouvernement central de Côte-d'Ivoire et l'opposition. L'Egypte est en faveur de l'application rapide des accords de Marcoussis (France) entre le gouvernement ivoirien et les rebelles pour une solution politique du conflit. Le Mali souhaite que l'Egypte, qui possède de bonnes relations au niveau international, joue un rôle de médiation pour l'application des accords de Marcoussis. C'est dans ce contexte que s'inscrit donc la visite de Toumani Touré.

Le chef de l'Etat malien a abordé avec le président Moubarak les relations économiques bilatérales. « Il faut maintenant relancer la coopération économique bilatérale. (...) il n'existe aucun obstacle pour hisser la coopération économique et culturelle au niveau des relations politiques qui lient les deux pays depuis si longtemps », a déclaré l'ambassadeur du Mali au Caire, Mamadou Kaba. La grande commission mixte, qui régit les échanges égypto-maliens, n'a pas été convoquée depuis 1998. Cette commission s'était réunie pour la dernière fois en mars 1998 à Bamako et avait signé six accords, qui ont tous été ratifiés entre-temps, mais n'ont pas été suivis d'effets pour la plupart. Les accords concernent la coopération culturelle, la protection réciproque des investissements, les échanges commerciaux, la coopération économique et le transport aérien. A présent, la 6e session de la commission mixte, tenue du 24 au 26 janvier, a témoigné de la signature de nouveaux accords dans les domaines de la santé et de la production pharmaceutique. Le Mali est un débouché pour l'industrie pharmaceutique égyptienne. Les produits égyptiens sont vendus au Mali quatre ou cinq fois moins chers que leurs équivalents des grands groupes de la pharmacie mondiale.

En matière de défense, des stagiaires maliens en petit nombre font leurs classes dans les écoles militaires et de police égyptiennes. Le Mali souhaite par ailleurs bénéficier de l'expérience égyptienne en matière agricole et touristique, afin d'optimiser l'exploitation du fleuve Niger, comme l'Egypte l'a organisée pour le Nil. Le Mali est prêt à intéresser des investisseurs égyptiens à la mise en valeur du bassin du Niger — 1 million d'hectares, dont 10 000 seulement sont exploités actuellement — et à la promotion d'une industrie touristique autour de Tombouctou.

D'autre part, les deux pays pourraient constituer le noyau dur d'un pool africain pour soutenir les cours du coton, une de leurs principales sources de revenus. Ces cours souffrent notamment de l'accroissement des subventions fédérales américaines aux producteurs des Etats-Unis et de l'affaissement de la demande internationale. Bamako, qui transforme sur place à peine 1 % de sa production, souhaite profiter aussi de l'expérience égyptienne, qui dispose d'une puissante industrie textile, basée sur le coton.

Chérif Ahmed

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