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Liban . La libération prochaine de prisonniers détenus par Israël est considérée comme un succès pour le Hezbollah, qui devrait ainsi accroître sa popularité.
Le Hezbollah parvient à un accord

Grâce à une médiation allemande et suite à de longues tractations, le Hezbollah chiite libanais et Israël sont parvenus dimanche à un accord d'échange de prisonniers. Celui-ci doit avoir lieu jeudi, a confirmé dimanche le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors d'une conférence de presse dans la banlieue sud de Beyrouth, intégralement diffusée par les trois chaînes de télévision israéliennes. L'accord est le troisième entre les deux parties grâce à une médiation allemande, et le cinquième depuis 1991.

En vertu de cet accord, l'Etat hébreu va récupérer jeudi, contre la libération de centaines de détenus palestiniens et arabes, l'homme d'affaires israélien Elhanan Tanenbaum, capturé vivant par le Hezbollah en octobre 2000, et les dépouilles des soldats Adi Avitan, Benyamin Avraham et Omar Sawaid, enlevés le même mois.

Le sort de ces trois militaires reste flou, Israël étant convaincu qu'ils sont morts, alors que le Hezbollah refuse de le confirmer. Par ailleurs, « un mécanisme a été mis au point pour découvrir d'autres détails sur le sort de Ron Arad et nous espérons que cela permettra son retour prochain chez lui », a souligné le premier ministre israélien Ariel Sharon, faisant référence à un aviateur israélien capturé au Sud-Liban en 1986.

Colonel de réserve, M. Tanenbaum a été présenté par le Hezbollah comme un agent des services secrets israéliens, ce que les autorités israéliennes démentent, le menaçant de poursuites judiciaires pour ses agissements. Important par le nombre de prisonniers concernés, l'accord constitue un indéniable succès pour le mouvement intégriste pro-iranien.

Israël doit pour sa part libérer 400 détenus palestiniens, 23 Libanais, cinq Syriens, trois Marocains, trois Soudanais, un Libyen et un Allemand, Steven Smirek, recruté par le Hezbollah et détenu depuis 1997. Parmi les Libanais libérables figurent notamment deux chefs intégristes, Abdel-Karim Obeid et Moustapha Dirani, enlevés au Liban en 1989 et 1994. Israël s'engage également à fournir au Hezbollah des informations sur le sort de 24 « disparus », à restituer les corps de 59 combattants tués, et à fournir aux autorités de Beyrouth des cartes des champs de mines laissées par ses troupes au Sud-Liban, après leur retrait unilatéral de la région en mai 2000.

D'autre part, d'ici trois mois au maximum, Israël devrait libérer le Libanais Samir Kantar, détenu depuis 24 ans pour meurtres, à condition d'avoir entre-temps obtenu des informations sur Ron Arad. Son sort, qui avait entraîné un retard dans le déblocage des négociations, serait « la priorité » du Hezbollah, après la fin de « la première phase » de l'échange cette semaine.

En novembre 2003, le Hezbollah exigeait que ce druze libanais soit libéré en même temps que les autres détenus, provoquant un blocage des négociations. Interrogé sur son revirement, cheikh Nasrallah a expliqué qu'il avait été mis face au choix suivant : la persistance du blocage des pourparlers, ou un règlement ultérieur du cas de Samir Kantar.

Le président libanais Emile Lahoud et le premier ministre Rafiq Hariri ont félicité le Hezbollah de « ce succès national au niveau du Liban et du monde arabe ». De son côté, l'Autorité palestinienne s'est félicitée dimanche de la libération prochaine de plus de 400 détenus palestiniens et de pays arabes, tout en relevant qu'elle n'avait pas été consultée dans cette affaire. « Nous sommes heureux que des prisonniers arabes, notamment palestiniens, puissent être libérés et nous aspirons à libérer tous les détenus », a déclaré le ministre chargé du dossier des prisonniers, Hicham Abdel-Razeq. « L'essentiel, c'est que tous les prisonniers soient libérés », a ajouté le ministre, qui a remarqué que depuis le début de l'Intifada, « il n'y a eu aucun accord entre Israël et les Palestiniens concernant la libération de détenus ».

Nabil Abou-Roudeina, un proche conseiller du leader palestinien Yasser Arafat, a également estimé que la « libération des détenus constituait un succès important ». Quelque 7 500 Palestiniens seraient détenus dans les prisons israéliennes, selon la principale association de défense des prisonniers, le Club du prisonnier. Des responsables des mouvements islamistes palestiniens du Hamas et du Djihad islamique ont salué à leur tour la « réussite » que constitue à leurs yeux cet échange de prisonniers.

Rania Adel
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