Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Iraq . Absence d'ADM, poursuite des attaques meurtrières, les problèmes s'accumulent pour les Etats-Unis qui peinent à faire passer leur programme de transition en raison de l'opposition de la communauté chiite.
Washington face à la pression chiite

Tandis que sur le terrain, les troupes d'occupation américaines font toujours l'objet d'attaques, (trois soldats américains portés disparus dimanche à Mossoul (nord) après le naufrage d'un bateau et la chute d'un hélicoptère dans le Tigre, un GI a été tué dans une attaque au nord de Bagdad).

Les Etats-Unis n'arrivent pas à mettre sur rails le processus de transition politique en Iraq. En effet, alors qu'ils étaient partis en guerre seuls, ou plutôt sans l'aval de l'Onu, les Américains tiennent maintenant à faire revenir l'organisation internationale en Iraq et à lui attribuer un rôle. D'autant plus qu'il semble difficile que la crise politique actuelle en Iraq, due aux réclamations des chiites qui veulent des élections générales, soit résolue sans un engagement de l'Onu. Les chiites ont d'ailleurs commencé à renforcer leur action à ce sujet et à coordonner leurs positions pour plaider auprès de l'Onu en faveur de la tenue rapide d'élections au suffrage universel. Une rencontre a eu lieu dans la ville sainte de Najaf (sud) entre le plus haut dignitaire chiite iraqien, l'ayatollah Ali Sistani, et des hommes politiques chiites, a indiqué l'un d'eux, Mouaffaq Al-Roubaï. Très influent au sein de la communauté chiite, majoritaire en Iraq, l'ayatollah Sistani appelle à la tenue immédiate d'élections au suffrage universel. Cette volonté contrecarre les termes de l'accord signé le 15 novembre 2003 entre le Conseil de gouvernement et l'Autorité provisoire de la coalition, dirigée par les Américains, prévoyant qu'une assemblée transitoire sera issue d'un mode de désignation indirecte.

Mais selon le Washington Post américain, qui cite un haut responsable de l'Onu sous couvert d'anonymat, l'Administration Bush serait ouverte à toute modification du plan de transition en Iraq y compris le mode de scrutin pour des élections, mais reste fixé sur la date limite du 30 juin pour mettre fin à l'occupation américano-britannique. Washington pourrait ainsi renoncer à l'idée des 18 comités électoraux figurant dans le plan de transition adopté le 15 novembre. L'administration a jusqu'à présent fait part de sa seule disponibilité à élargir la participation à ces comités visant à élire des représentants à une future Assemblée nationale qui ensuite choisira un gouvernement et un chef d'Etat.


Nouvelle polémique sur les ADM

Importunés ainsi en raison d'une crise politique et d'une résistance qu'ils n'arrivent pas à maîtriser, les Etats-Unis et leurs alliés britanniques se trouvent aussi embarrassés à cause de la question des Armes de Destruction Massive (ADM), qui refait surface.

David Kay, qui dirigeait le groupe d'experts chargé de trouver des ADM en Iraq, a indiqué dimanche qu'il ne pensait pas que Saddam Hussein détenait de tels armements avant l'invasion de l'Iraq par les forces américaines. « Nous avons conduit cette recherche pour trouver la vérité, pas des armes de destruction massive et le fait est que, jusqu'à maintenant, ces armes n'existent pas et nous devons en comprendre les raisons », a-t-il déclaré dans une interview à la radio publique américaine NPR (National Public Radio). Tout en ajoutant : « Pour résumer ce que je pense basé sur ce que j'ai vu, il est très improbable que nous trouvions d'importantes quantités d'armes ». Ces déclarations de Kay interviennent deux jours après sa démission vendredi de ses fonctions. Il était rentré aux Etats-Unis fin décembre et depuis n'est pas retourné en Iraq.

Les déclarations de Kay contredisent les affirmations de la Maison Blanche qui continue à affirmer que la guerre était justifiée pour mettre fin aux programmes d'ADM de l'Iraq. La semaine dernière, dans son discours sur l'Etat de l'union devant le Congrès, le président américain George W. Bush, a une nouvelle fois défendu sa cause : « Si nous n'avions pas agi, le programme de développement d'armes de destruction massive du dictateur continuerait encore aujourd'hui ».

La démission de David Kay intervient en outre au moment où en Grande-Bretagne, la polémique fait rage également sur la question des ADM. Lewis Moonie, secrétaire d'Etat britannique à la Défense durant la guerre américano-britannique contre l'Iraq, a qualifié dimanche de « déficientes » les informations des services de renseignement britanniques sur l'arsenal que le régime de Saddam Hussein était censé détenir. « Il est très clair qu'il n'y a rien en Iraq et qu'il (Saddam Hussein) avait réellement détruit ses armes de destruction massive après le conflit de 1991 ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a lui défendu la décision d'envahir l'Iraq, même si les ADM restent introuvables. « La décision de lancer une action militaire pour soutenir la résolution 1 441 de l'Onu était justifiée le jour ou la Chambre des Communes s'est prononcée pour, le 18 mars, et est toujours justifiée », a déclaré Straw à la presse, à son arrivée lundi à une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. « Tout le monde pouvait voir le non-respect par Saddam Hussein des résolutions des Nations-Unies », a affirmé Straw, tout en ajoutant que l'Onu elle-même avait estimé que « Saddam Hussein et son régime représentaient une menace pour la paix internationale et la sécurité ». Plus tôt, Jack Straw s'était déclaré « déçu » que les inspecteurs en désarmement et le Groupe de surveillance en Iraq (ISG) n'aient pas trouvé de preuve des « programmes d'armes et des stocks d'armes » de Saddam Hussein. Plaidant toutefois pour la justesse des présomptions américano-britanniques sur les ADM, il a déclaré qu'« il est évidemment décevant que les inspecteurs (...) n'aient pas encore trouvé de preuves supplémentaires de ce que l'ensemble de la communauté internationale croyait, et croyait réellement, en ce qui concerne les programmes d'armement et les stocks d'armes » du régime de Saddam Hussein. Le secrétaire au Foreign Office a cependant tenté de justifier l'échec des inspecteurs à trouver les ADM, sans reconnaître, à aucun moment, que ces armes n'existent tout simplement pas. Il a ainsi fait une comparaison avec la situation en Irlande du nord : « Après 30 ans de recherches intenses, dans un territoire beaucoup plus petit, sans la barrière du langage, on ne sait toujours pas où se trouvent les stocks d'armes » détenus par l'Armée républicaine irlandaise (IRA) ou d'autres organisations terroristes, a plaidé Jack Straw.

Comme le président américain, le ministre britannique des Affaires étrangères a cependant répété que « la décision d'aller en guerre en Iraq prise par les députés (britanniques) le 18 mars était justifiée, sur la base des informations des services de renseignement disponibles ».

Abir Taleb

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631