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Symposium international d’Assouan . La 9e édition, qui se déroule jusqu’au 15 mars, est marquée par l'arrêt provisoire des activités de l'atelier. 13 artistes égyptiens et étrangers sont sur le chantier.
Au cœur du granit

Le Symposium d’Assouan a commencé il y a dix jours déjà. Treize sculptures sont en cours d'exécution. Les artistes caressent le granit. Ils n'ont pas encore découvert le secret du bloc qu'ils doivent transformer en une simple sculpture ou en un chef-d’œuvre. Certains avaient déjà leurs modèles de plâtre ou de terre cuite à l'arrivée. Ils avaient préparé à l'avance les esquisses et les plans précis du travail. Alors que d’autres se laissent guider par le hasard, donnant le dernier mot à la pierre. Cette année, il y a beaucoup de nouveaux venus, dont Gerardo Arribas (Espagne), Jo Fontaine (Suisse), Ian Newbery (Suède), Erica Van Seeters (Hollande) et Carlos Dorrien (Etats-Unis).

Dans le cadre de l'année spéciale Egypte-Italie 2003/2004, le Symposium d’Assouan reçoit pour la première fois le sculpteur italien de renom Mauro Staccioli, en tant qu'invité d’honneur. Ce dernier est venu au symposium afin de travailler une œuvre qui sera placée au centre du Vieux-Caire, près de la mosquée Amr Ibn Al-Aas, à Fostat. Il a choisi cet emplacement pour installer sa sculpture car il représente à ses yeux la rencontre par excellence des civilisations et des religions. D’autre part, le sculpteur égyptien et commissaire du symposium, Adam Hénein, partira pour l’Italie afin de travailler sa sculpture sur un site privilégié.

Le Français Patrice Belin participe lui au symposium pour la quatrième fois. Cette année, il présentera sans doute un nouveau projet. Il a travaillé durant les deux éditions précédentes, en pleine montagne, à proximité du Musée en plein air, où il a sculpté son Naos (sorte d’autel creusé dans un bloc).

Léonard Rachita, un autre Français d'origine roumaine, revient en force cette année avec un projet qu’il prévoit de tailler en pleine montagne, lui aussi. Son séjour à Assouan sera une l’occasion de choisir minutieusement avec les organisateurs un bel endroit au bord du Nil afin d’installer sa sculpture de forme oblique, taillée l’an dernier.

Parmi les Egyptiens, on peut compter quatre jeunes sculpteurs ayant déjà participé à l’atelier du symposium et qui ont expérimenté le granit pour la première fois l’an dernier, à savoir : Chaabane Abbass, Nathan Doss, Ahmad Askalani et Ihab Al-Labban.

S’ajoute à ces noms, celui du sculpteur Chérif Abdel-Badie, fils du grand sculpteur naïf Abdel-Badie Abdel-Hay, lequel a déjà participé au symposium lors de la 5e édition, en l'an 2000.

Par ailleurs, le commissaire général du symposium, Adam Hénein, étudie actuellement la possibilité de mettre en œuvre deux projets ambitieux : un stage technique réservé aux jeunes étudiants des écoles d’artisanat et la collaboration d'artistes naïfs, dont le rôle était jusqu'ici réduit à aider les sculpteurs professionnels du symposium.

En effet, le Symposium d’Assouan, au cours de ses éditions précédentes, a lancé plusieurs projets à l'instar de la mise en place d'un centre permanent de sculpture à Assouan, lequel permettra aux artistes de travailler tout au long de l'année. Il s'agit d'un projet subventionné par le ministère de la Culture et le gouvernorat d’Assouan, qui s'est engagé à offrir le terrain nécessaire pour la construction du campus. « De son côté, le ministère de la Culture a déjà préparé le budget. Le projet est fin prêt ; il n'est guère question de l'annuler », souligne le décorateur Salah Maréï, membre du comité supérieur du symposium. Ce centre n'a rien à voir avec le Musée en plein air, fondé en 1998 afin d'exposer les œuvres de grands formats issues du symposium.

Né en même temps que la première édition, l’atelier du symposium, visant à entraîner les artistes à travailler la pierre dure du granit, sera suspendu pour les 9e et 10e éditions. Pourtant, cet atelier constituait une belle occasion pour les sculpteurs égyptiens qui expérimentaient le granit pour la première fois. Tous les ans, entre 3 à 5 sculpteurs égyptiens étaient désignés par le commissaire afin d'y prendre part. Il s'agissait pour eux d'une étape préliminaire au symposium.

D'ailleurs, plus de 20 sculpteurs y ont été formés. « L’arrêt de cet atelier est dû à des problèmes budgétaires ; c’est un arrêt temporaire. Car l’atelier est d'une grande importance pour le symposium », explique Maréï. Adam Hénein confirme : « Le symposium n’est pas un institut d’enseignement à 100 %. Aucun symposium de par le monde ne forme trois sculpteurs de granit par an. Or, nous l'avons fait grâce à cet atelier. Suspendre l'atelier pendant deux ans sera l'occasion de faire une pause, de réfléchir et de mieux organiser les ateliers à venir ».

May Sélim

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