Il y a encore un mois environ, le dinar
iraqien était la vedette incontestée du marché des devises.
Le nouveau dinar iraqien, introduit sur le marché, le
15 octobre dernier, a dominé toutes les opérations, y
compris les tentatives de fraude : quelque 1,6 milliard
de dinars iraqiens ont ainsi été saisis dans plusieurs
pays arabes, tels que la Jordanie, le Koweït, les Emirats,
le Liban et l'Egypte. Les spéculateurs ont voulu profiter
de la différence des cours du dinar au Koweït, en Jordanie
et au Liban pour le vendre à un prix supérieur, voire
abusif, notamment en Egypte.
Pour mettre fin à cette course effrénée
à la spéculation, la Banque Centrale Egyptienne (BCE)
a décidé d'interdire toute transaction sur le dinar dans
les banques et les bureaux de change, à partir du 17 janvier.
La banque EAB, qui était la seule
autorisée à effectuer des transactions sur le dinar, a
ainsi dû stopper ses activités sur cette devise. Le gouverneur
de la BCE, Farouq Al-Oqda, qui voit dans ces spéculations
de « l'escroquerie », souligne qu'il
ne « ne peut pas interdire l'entrée de dinars
iraqiens en Egypte », mais que la conversion
des dinars en livre égyptienne est désormais interdite.
Jusqu'à présent, seul l'équivalent de 200 000 dollars
en dinar sont entrés sur le marché noir égyptien. Pour
lui, « il n'y a pas suffisamment d'or dans les
banques iraqiennes pour garantir la pérennité du dinar
iraqien ».
Désormais, des regards accusateurs se
tournent vers la banque EAB, accusée d'exploiter
ce phénomène.
Chahira Moustapha, responsable de la
salle des changes de la Banque, s'en défend. « Nous
n'avons fait que prendre les demandes des clients, sans
effectuer une seule transaction. Ce que l'on a réellement
fait, c'est de fixer le taux de change du dinar par rapport
à la livre égyptienne »,explique-t-elle.
Seul le bureau de change Al-Masriya
a effectué des opérations de change, pour 700 000
dinars au total. Alerté sur la décision de la BCE, le
bureau de change a d'ailleurs arrêté toutes ses opérations
dès le 16 janvier.
Mais le problème demeure pour tous les
spéculateurs qui se retrouvent avec des milliers de dinars
sur les bras. Car la monnaie iraqienne a fortement baissé,
et plus personne ne veut l'acheter dans le pays.