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Davos .
En l'absence des grands leaders internationaux, le Forum économique
mondial a écarté les grandes questions politiques, au profit
d'interrogations sur la conjoncture économique mondiale.
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Un
Forum sans réels débats
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Serait-ce un
grand « non » à l'hégémonie américaine sur
le monde ? Le 34e Forum économique mondial s'est terminé
dimanche à Davos (Suisse), après cinq jours d'échanges entre
chefs d'entreprises et représentants du monde politique ou diplomatique.
Cette édition n'a pas attiré les grands leaders de la planète.
Le vice-président américain, Dick Cheney, était toutefois présent,
aux côtés de certains de ses « alliés », comme
le président pakistanais Pervez Musharraf, le roi de Jordanie
Abdallah II, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan,
et les ministres des Affaires étrangères espagnol .
Ce
ne sont au total que 34 chefs d'Etat ou de gouvernement qui
ont participé cette année aux débats.
Les Européens,
eux, ont choisi de tourner le dos à l'événement. Le président
égyptien, lui aussi, a choisi de ne pas y assister. Des désistements
qui ne sont pas étrangers aux différends qui opposent de nombreux
pays aux Etats-Unis.
« L'Amérique
a encore du travail à faire pour améliorer son image »,
reconnaissent des proches alliés de Washington. Et ceci, malgré
le ton conciliant adopté par Dick Cheney, pour apaiser les tensions
provoquées depuis l'année dernière par la guerre en Iraq et
la lutte antiterroriste.
Ces tensions ne
se limitent pas à la sphère politique. Des raisons économiques
jouent aussi un rôle dans cette désaffection du forum. La faiblesse
du dollar a été une des sources essentielles des différends
entre l'Amérique, l'Europe et le Japon, durant le Forum. Cette
question a été discutée pour la première fois du bout des lèvres.
C'est le ministre allemand de l'Economie, Wolfgang Clement,
qui s'est montré le plus direct : « La question
est sur la table et les Américains doivent la régler, et je
pense que d'autres ministres du G7 l'ont dit ». |
L'économie américaine fait peur
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Stephan Roach,
un des principaux analystes de la maison financière Morgan Stanley,
a mis en garde contre la bombe à retardement que représentent
les déficits américains, qu'ils jugent porteurs de risques pour
l'ensemble de la planète. « La croissance américaine
actuelle est alimentée par la dette et le prix à payer est lourd :
déséquilibres structurels et dégradation du marché de l'emploi »,
a-t-il expliqué. Le secrétaire d'Etat au commerce américain,
Donald Evans, a cherché à apaiser les craintes provoquées par
le gonflement des déficits américains, dont l'impact sur les
taux d'intérêt et les taux de change pourrait freiner la reprise
américaine, et par conséquent, la reprise de l'économie mondiale.
Selon M. Evans,
l'Administration Bush va les réduire en prenant « des
décisions très dures sur les dépenses ». C'est pourquoi
la reprise économique aux Etats-Unis a été considérée par certains
avec prudence, voire méfiance. « Il s'agit d'une reprise
artificielle, comparée à la croissance vigoureuse en Chine »,
conclut Roach.
Le secrétaire général
de l'Onu, Kofi Annan, n'a pas non plus hésité à faire la leçon
à Washington. Il a rappelé que l'Iraq et l'obsession sécuritaire
ne devaient pas amener à négliger les grands problèmes de développement
(misère, faim et épidémies). Sinon, le monde risque, selon lui,
de « glisser à nouveau vers une compétition sauvage
fondée sur la loi de la jungle ».
Bref, de nombreuses
voix s'élèvent contre le libéralisme à l'américaine. Pour le
député américain démocrate Sander Levin, l'attitude plus conciliante,
adoptée pour la première fois cette année par les autorités
américaines est d'ailleurs un aveu que « l'unilatéralisme
ne marche pas ». « Ils ont changé sans le dire,
mais l'ampleur de ce changement reste à mesurer ».
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| Salma Hussein |
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La Chine
fait rêver les industriels |
Quelque 220 patrons
des 500 plus grandes entreprises mondiales ont discuté de la
baisse du cours du dollar, de la nécessité d'œuvrer pour le
libre-échange, mais aussi des bonnes affaires à réaliser en
Chine. En effet, l'un des sujets les plus marquants débattus
au cours du Forum est le spectaculaire essor économique de la
Chine, qui semble exercer un attrait magnétique sur les industriels,
en dépit des inconnues quant à la politique du taux de change
de Pékin. « Maintenant, c'est le bon moment pour investir
en Chine », s'est enthousiasmé un patron allemand,
l'un des nombreux industriels séduits par la Chine, que certains
économistes décrivent parfois comme une « immense usine ».
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