Al-Ahram
Hebdo : La Coupe des Nations Africaines
(CAN), qualificative pour les JO d'Athènes 2004, commence
demain. Comment l'équipe a-t-elle été préparée ?
Adel Sabri :
L'Egypte sera qualifiée pour les JO 2004 seulement
si elle remporte cette CAN, alors qu'auparavant, une
deuxième place suffisait pour se qualifier. C'est
pourquoi j'ai préparé les Pharaons dans l'unique
objectif de gagner la CAN, que l'Egypte n'a pas remportée
depuis plus de 20 ans.
— L'équipe
est-elle au complet ?
— Il ne
lui manque aucun élément. Ismaïl Ahmad et Samir Gouda
sont des joueurs essentiels et qui ont une très bonne
influence morale sur l'équipe. Les lacunes ont été
comblées même si je reste très déçu que Tareq Al-Ghannam,
le pivot d'Ahli, soit absent pour cause de
blessure. Lors des préparations, je disposais de 17
joueurs. Je les ai tous fait jouer. Personne n'est
resté sur la touche. En matchs amicaux, j'ai cherché
à répartir le temps de jeu sans m'intéresser aux résultats
finaux. Le plus important était pour moi de leur donner
la chance d'acquérir de l'expérience et de bien se
préparer à cet événement.
— Sur
quels critères ont été retenus les joueurs qui composeront
finalement l'équipe ?
— J'ai
fait une liste des meilleurs et de ceux capables de
les remplacer. Des statistiques ont été faites lors
des entraînements et lors des matchs amicaux. Car
un joueur peut être excellent en entraînement, mais
manquer de concentration pendant les matchs, par manque
d'expérience ou par peur.
— Est-il
vrai que certains joueurs passent la nuit hors du
camp et n'y reviennent qu'au petit matin ...
— Vous
voulez parlez de Chaabane Abdel-Wahab, actuellement
blessé ... A part lui, les éléments de l'équipe
sont assidus et sérieux. D'habitude, les parents des
joueurs venaient leur rendre visite, mais c'est maintenant
interdit. On m'avait dit qu'Ismaïl Ahmad et Samir
Gouda sont des vedettes peu disciplinées. Or, c'est
faux. Ils sont camarades de chambre et ne sortent
que pour les entraînements bien que leurs femmes soient
ici à Alexandrie.
— Pendant
la période de préparation, vous avez choisi de jouer
contre des équipes américaines et d'autres yougoslaves.
Pourquoi un tel choix ?
— Les
Américains et les Yougoslaves possèdent deux écoles
de jeu très différentes. Avec ce choix, j'ai voulu
faire varier les techniques de jeu. Les Yougoslaves
sont très forts. Ils ont des tactiques de jeu excellentes
qui dépendent essentiellement des performances individuelles
et non d'un jeu collectif. Les Américains ont, eux,
un jeu collectif et sont peu rapides.
— Quel
est le système de jeu des Pharaons ?
— On ne
peux appliquer ni le système américain ni le yougoslave.
Les joueurs américains sont très grands, ils manquent
donc de rapidité. Les Yougoslaves comptent beaucoup
sur leurs joueurs vedettes. Nous aussi, si on perd
Ismaïl Ahmad ou Samir Gouda, les seuls joueurs expérimentés
de l'équipe, c'est la fin.
— Le
tirage au sort de la CAN a-t-il été favorable à l'Egypte ?
— A part
l'Algérie, on ne connaît rien des pays qui sont avec
nous dans le groupe A. On ne craint personne en particulier
sauf le Nigeria, parce que son niveau de jeu est très
changeant. Et puis ses joueurs sont tous professionnels
aux Etats-Unis. En revanche, il existe des équipes
comme l'Angola, dans le groupe B, qui ont un jeu stable
et un très bon niveau. Dans les années 1980, et avant
le départ de nos joueurs vedettes, c'est aussi ce
qui nous caractérisait.
— Quel
est pour vous le moment le plus difficile d'une telle
compétition ?
— Les
premiers tours sont pour moi décisifs. Car si on ne
réussit pas à terminer premier du groupe avec un important
nombre de points, on devra rencontrer le premier et
le plus fort de l'autre groupe. Ce qui fatiguera les
joueurs avant la finale. Mais si on se qualifie en
finale, je vous garantie qu'on remportera le titre
et par la même occasion notre ticket pour Athènes
2004. Je pronostique une finale entre l'Egypte et
l'Angola, tenant du titre et roi du basket en Afrique.
— Comment
l'Angola a-t-elle pu acquérir un tel niveau ?
— Le basket est là-bas le sport n°1. La discipline
est soutenue par le gouvernement et les hommes d'affaires.
Une très bonne préparation de la sélection est effectuée
annuellement par des experts. Les joueurs se consacrent
entièrement au basket. Mais si l'Angola se présente
avec la même équipe que celle de la dernière CAN de
2001, on pourra la battre. L'Algérie avait réussi
à la battre en 2001 au premier tour.
— Qu'est-ce
que retirera l'Egypte de sa qualification aux JO ?
— De l'honneur.
Même si on ne réalise pas d'exploit, la qualification
à un tel événement est quelque chose de formidable.
Cela sera un sérieux progrès pour le basket national.
— Cela
fait 20 ans que le pays n'a pas disputé de JO. Pourquoi ?
— Depuis
1984, date de la dernière participation de l'Egypte
à des JO, la discipline a été complètement délaissée.
Quand je suis revenu il y a un an pour reprendre en
charge l'équipe, j'ai insisté pour que les statuts
soient modifiés et que tout soit fait pour que les
joueurs se sentent matériellement et moralement à
l'aise. J'espère que mes efforts porteront leurs fruits.
— Pourquoi
la CAN se déroule-t-elle à Alexandrie plutôt qu'au
Caire ?
— Le débat
sur la question a été long. Mais on est tous tombés
d'accord sur le fait que le Stade d'Alexandrie nous
a toujours porté bonheur. On a remporté toutes les
rencontres disputées dans ce stade ! En 1991,
la CAN s'est déroulée au Caire et on a été éliminé.
Et puis le mois d'août étant une période de vacances,
les supporters seront nombreux dans le stade.