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Basket-ball . Absent depuis une vingtaine d'années des parquets olympiques, les Pharaons ont suivi une préparation particulière avant la Coupe des Nations Africaines (CAN), qui se déroule du 7 au 16 août à Alexandrie. Une compétition qui décidera de leur présence aux JO d'Athènes.
Les Pharaons
gonflés à bloc
C'est grâce à sa victoire en Coupe des nations africaines en 1983 que la sélection égyptienne de basket-ball avait pu participer aux JO de Los Angeles en 1984. Depuis, elle n'est pas revenue sur la scène olympique. « Cela fait près de 20 ans que l'Egypte est absente des compétitions de haut niveau. Le niveau égyptien ne cesse de baisser tandis que les autres nations s'améliorent », déplore Ismaïl Ahmad, meneur de jeu de la sélection et professionnel du club libanais Al-Hekma. Mais il semble que la fédération ait décidé de changer la donne. Elle a signé il y a un an avec Adel Sabri, qui en tant que directeur technique de la sélection, est chargé de préparer l'équipe A pour la CAN, qui aura lieu du 7 au 16 août, à Alexandrie. Une compétition importante car qualificative pour les Jeux Olympiques d'Athènes en 2004. Sabri jouit d'une excellente réputation auprès des joueurs de tous les clubs.

Il est le dernier entraîneur ayant permis a l’Egypte de se qualifier aux JO. « II y a maintenant plus de 10 ans que je ne joue plus sous les couleurs de mon pays. Je refusais de m'engager avec des responsables ou des joueurs qui manquaient de sérieux. Quand j’ai appris que Sabri arrivait aux commandes de la sélection, je n'ai pas hésité à revenir. Je crois en ses capacités à faire en sorte que l’Egypte soit présente aux JO de 2004 », souligne Samir Gouda, pivot de la sélection, ex-professionnel en Grèce, qui vient de signer avec une grande équipe universitaire américaine.

La sélection égyptienne doit tirer partie de cette CAN qui se déroule à domicile, et profiter de l'enthousiasme du public d'Alexandrie pour le basket. La sélection est aujourd'hui très performante, ce qui n'était pas le cas ces dernières années. Les joueurs les plus expérimentés se sont en effet retirés laissant place à une nouvelle génération. Avec Ismaïl Ahmad et Samir Gouda, l'équipe compte aussi deux atouts de poids. « Ces joueurs sont moralement très importants pour l'équipe. Leur présence sur le terrain nous rassure. Avec eux nous donnons le meilleur de nous-mêmes », affirme Chérif Guéneidi, ailier de la sélection et du club Guézira, et meilleur joueur du championnat national 2003.


Conseils tactiques

Un mois après l'arrivée de Sabri, la sélection s'est rendue en Yougoslavie où elle a disputé 4 matchs amicaux. « On a facilement été battu lors de ces 4 rencontres. Mais le contact a été bon. Avant, on nous faisait jouer contre des équipes étrangères de niveau médiocre, et on n'apprenait rien », relève Husseini Samir, joueur de la sélection et de Zamalek. En octobre 2002, l'équipe égyptienne a par ailleurs fait la une lors des qualificatifs pour la CAN, au Nigeria. L'équipe n'était pas au complet, mais elle a néanmoins battu le Kenya et l'Ethiopie sur une différence de 30 points. « Notre jeu de groupe a changé. C'est la première fois qu’on a réalisé que l'on pouvait appliquer sur le terrain les conseils tactiques de notre directeur technique », ajoute Husseini. Ensuite, les rencontres du championnat national (40 matchs) ont occupé les joueurs, lesquels, jusqu'en fin de championnat en mai dernier, n'ont donc pu se regrouper qu'une fois par mois. « Sabri ne nous a accordé que deux semaines de vacances, mais il n’avait pas le choix », souligne Rami Guéneidi, autre joueur de la sélection, qui joue aussi à Guézira. Au début du mois de juin, la sélection a ensuite effectué un stage de préparation de 2 semaines au Caire avant de partir pour deux autres semaines en Yougoslavie où elle a disputé 6 rencontres amicales (3 remportées et 3 perdues). « C'est satisfaisant. D'habitude, il est très difficile de vaincre les Yougoslaves. On est sur le bon chemin », note Chérif Guéneidi.

De retour en Egypte, l'équipe s’est rendue à Alexandrie pour un entraînement au stade de la ville, totalement rénové pour la CAN. Les responsables de la FBA et de la Fédération égyptienne travaillent d'arrache-pied pour réussir l'organisation de l'événement. « Deux semaines avant le début de la CAN, on sentait déjà que l'événement se préparait. Même pendant les entraînements, les gradins du stade était quasiment complets. Si on est mentalement solide, on sera en mesure de remporter le titre, même face à des équipes plus performantes que nous », conclut Ismaïl Ahmad qui ajoute avec un grand sourire que la sélection est aujourd'hui capable de battre une équipe olympique.

Chourouq Chimy
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« Je pronostique une finale
entre l'Egypte et l'Angola
 »

C'est à Adel Sabri que l'Egypte devait sa qualification pour les JO de 1984. Revenu aux commandes de la sélection il y a un an, c'est vers lui que tous les espoirs se tournent. Entretien.

Al-Ahram Hebdo : La Coupe des Nations Africaines (CAN), qualificative pour les JO d'Athènes 2004, commence demain. Comment l'équipe a-t-elle été préparée ?
Adel Sabri : L'Egypte sera qualifiée pour les JO 2004 seulement si elle remporte cette CAN, alors qu'auparavant, une deuxième place suffisait pour se qualifier. C'est pourquoi j'ai préparé les Pharaons dans l'unique objectif de gagner la CAN, que l'Egypte n'a pas remportée depuis plus de 20 ans.

— L'équipe est-elle au complet ?
— Il ne lui manque aucun élément. Ismaïl Ahmad et Samir Gouda sont des joueurs essentiels et qui ont une très bonne influence morale sur l'équipe. Les lacunes ont été comblées même si je reste très déçu que Tareq Al-Ghannam, le pivot d'Ahli, soit absent pour cause de blessure. Lors des préparations, je disposais de 17 joueurs. Je les ai tous fait jouer. Personne n'est resté sur la touche. En matchs amicaux, j'ai cherché à répartir le temps de jeu sans m'intéresser aux résultats finaux. Le plus important était pour moi de leur donner la chance d'acquérir de l'expérience et de bien se préparer à cet événement.

— Sur quels critères ont été retenus les joueurs qui composeront finalement l'équipe ?
— J'ai fait une liste des meilleurs et de ceux capables de les remplacer. Des statistiques ont été faites lors des entraînements et lors des matchs amicaux. Car un joueur peut être excellent en entraînement, mais manquer de concentration pendant les matchs, par manque d'expérience ou par peur.

— Est-il vrai que certains joueurs passent la nuit hors du camp et n'y reviennent qu'au petit matin ... 
— Vous voulez parlez de Chaabane Abdel-Wahab, actuellement blessé ... A part lui, les éléments de l'équipe sont assidus et sérieux. D'habitude, les parents des joueurs venaient leur rendre visite, mais c'est maintenant interdit. On m'avait dit qu'Ismaïl Ahmad et Samir Gouda sont des vedettes peu disciplinées. Or, c'est faux. Ils sont camarades de chambre et ne sortent que pour les entraînements bien que leurs femmes soient ici à Alexandrie.

— Pendant la période de préparation, vous avez choisi de jouer contre des équipes américaines et d'autres yougoslaves. Pourquoi un tel choix ?
— Les Américains et les Yougoslaves possèdent deux écoles de jeu très différentes. Avec ce choix, j'ai voulu faire varier les techniques de jeu. Les Yougoslaves sont très forts. Ils ont des tactiques de jeu excellentes qui dépendent essentiellement des performances individuelles et non d'un jeu collectif. Les Américains ont, eux, un jeu collectif et sont peu rapides.

— Quel est le système de jeu des Pharaons ?
— On ne peux appliquer ni le système américain ni le yougoslave. Les joueurs américains sont très grands, ils manquent donc de rapidité. Les Yougoslaves comptent beaucoup sur leurs joueurs vedettes. Nous aussi, si on perd Ismaïl Ahmad ou Samir Gouda, les seuls joueurs expérimentés de l'équipe, c'est la fin.

— Le tirage au sort de la CAN a-t-il été favorable à l'Egypte ?
— A part l'Algérie, on ne connaît rien des pays qui sont avec nous dans le groupe A. On ne craint personne en particulier sauf le Nigeria, parce que son niveau de jeu est très changeant. Et puis ses joueurs sont tous professionnels aux Etats-Unis. En revanche, il existe des équipes comme l'Angola, dans le groupe B, qui ont un jeu stable et un très bon niveau. Dans les années 1980, et avant le départ de nos joueurs vedettes, c'est aussi ce qui nous caractérisait.

— Quel est pour vous le moment le plus difficile d'une telle compétition ?
— Les premiers tours sont pour moi décisifs. Car si on ne réussit pas à terminer premier du groupe avec un important nombre de points, on devra rencontrer le premier et le plus fort de l'autre groupe. Ce qui fatiguera les joueurs avant la finale. Mais si on se qualifie en finale, je vous garantie qu'on remportera le titre et par la même occasion notre ticket pour Athènes 2004. Je pronostique une finale entre l'Egypte et l'Angola, tenant du titre et roi du basket en Afrique.

— Comment l'Angola a-t-elle pu acquérir un tel niveau ?
— Le basket est là-bas le sport n°1. La discipline est soutenue par le gouvernement et les hommes d'affaires. Une très bonne préparation de la sélection est effectuée annuellement par des experts. Les joueurs se consacrent entièrement au basket. Mais si l'Angola se présente avec la même équipe que celle de la dernière CAN de 2001, on pourra la battre. L'Algérie avait réussi à la battre en 2001 au premier tour.

— Qu'est-ce que retirera l'Egypte de sa qualification aux JO ?
— De l'honneur. Même si on ne réalise pas d'exploit, la qualification à un tel événement est quelque chose de formidable. Cela sera un sérieux progrès pour le basket national.

 Cela fait 20 ans que le pays n'a pas disputé de JO. Pourquoi ?
— Depuis 1984, date de la dernière participation de l'Egypte à des JO, la discipline a été complètement délaissée. Quand je suis revenu il y a un an pour reprendre en charge l'équipe, j'ai insisté pour que les statuts soient modifiés et que tout soit fait pour que les joueurs se sentent matériellement et moralement à l'aise. J'espère que mes efforts porteront leurs fruits.

— Pourquoi la CAN se déroule-t-elle à Alexandrie plutôt qu'au Caire ?
— Le débat sur la question a été long. Mais on est tous tombés d'accord sur le fait que le Stade d'Alexandrie nous a toujours porté bonheur. On a remporté toutes les rencontres disputées dans ce stade ! En 1991, la CAN s'est déroulée au Caire et on a été éliminé. Et puis le mois d'août étant une période de vacances, les supporters seront nombreux dans le stade.

Propos recueillis par
Ch. Ch.

 

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