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Football . Après une année décevante, Ismaïli et son nouveau directeur technique jouent samedi leur premier match de la saison face à l'ASEC, à Abidjan, pour les quarts de finale de la Ligue des champions d'Afrique. Rencontre test.
Ismaïli veut rectifier le tir
Les choses sérieuses commencent pour Ismaïli. Samedi prochain, les Derviches seront en effet à Abidjan pour rencontrer les Ivoiriens de l'ASEC en première journée des quarts de finale (groupe A) de la Ligue des champions.

Après les changements intervenus au sein de l'équipe, la formation égyptienne sera très attendue pour cette première rencontre officielle. Car la saison dernière, le club a beaucoup déçu ses supporters. Après avoir été sacré champion d'Egypte en 2002, Ismaïli n'a terminé cette année qu'à la 3e place du championnat et n'est pas parvenu à remporter la finale de la Coupe d'Egypte. « La saison dernière a été très mauvaise. Mais on va se rattraper. Les supporters seront rassurés dès la compétition africaine », confie Khamis Gaafar, le milieu international de l'équipe.

Placé dans le groupe A, avec l'ASEC (C-Iv), Simba (Tan) et Enyimba (Nig), les Derviches ont toutes les chances de se qualifier pour le tour suivant aux côtés des Ivoiriens, les deux autres concurrents ayant un niveau de jeu inférieur. Le tirage au sort, plutôt favorable à l'équipe, a aussi épargné aux Derviches une confrontation contre les puissantes formations, telles l'Espérance de Tunis (Tunisie) ou encore le Canon de Yaoundé (Cameroun), du groupe B.

Les Egyptiens bénéficient de plus d'un calendrier plutôt complaisant, lui épargnant trop de pressions. Ismaïli commence en effet par disputer sa plus difficile rencontre contre l'ASEC. Et même si l'équipe s'incline à Abidjan, elle aura l'occasion de se rattraper lors des 5 prochaines journées. « Il est évident que nous sommes placés dans le groupe le plus facile. Mais il ne faut pas pour autant prendre la situation à la légère. Tout peut arriver sur le terrain ... », explique Khamis Gaafar.

Conscient de l'importance de la rencontre de ce début de saison, Ismaïli a maintenu un stage de préparation de deux semaines à Alexandrie. Le nouveau directeur technique de l'équipe, Theo Bucker, aux commandes depuis seulement 3 semaines, a profité de cette période pour se familiariser avec ses éléments. Son arrivée coïncide avec l'objectif des dirigeants du club de redresser la barre. Avec l'Ittihad d'Alexandrie, de 1993 à 1996, ses performances ont été excellentes. Il a permis à ce club de terminer deux fois 3e du championnat et une fois en 4e place. Un coup de maître, surtout si l'on sait qu'Ittihad était alors au bord de la relégation.

Le nouveau technicien d'Ismaïli est donc prié de renouveler ces performances, d'autant que d'importants moyens sont mis à sa disposition. Une équipe motivée pleine de talents tels que les internationaux Khamis Gaafar, Emad Al-Nahas, Amr Fahim et Sayed Moawad, de même que les joueurs olympiques Mohamad Mohsen Abou-Greicha, Mohamad Sobhi et Mohamad Abdallah, et l'espoir égyptien Ahmad Fathi, membre des sélections juniors, olympiques et nationale. A quoi s'ajoutent trois nouvelles recrues, à savoir Mohamad Abdel-Sattar, le latéral gauche de Masri, le Guinéen Lanfia Jiabaté, et le défenseur de Goldi, Moatassem Salem. Un effectif propre à satisfaire tout entraîneur.

Le talon d'Achille de l'équipe est bien son manque d'attaquants. Après le départ des deux titulaires Abdel-Hamid Bassiouni et Mohamad Salah Abou-Greicha, il ne reste que le jeune Mohamad Mohsen Abou-Greicha et le Malien Abdel-Rahmane Traoré. Pour l'équipe qui porte les espoirs des Egyptiens de conserver le trophée pour la troisième année consécutive après les victoires d’Ahli (2001) et Zamalek (2002), l'épreuve de samedi sera rude.

Mohamad Mosselhi
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« L'attaque, c'est ma philosophie »

L'Allemand Theo Bucker, nouveau directeur technique d'Ismaïli, évoque les chances de la formation en compétition africaine et en championnat.

Al-Ahram Hebdo : Ismaïli s'apprête à disputer sa première rencontre en quarts de finale de la Ligue des champions. A quoi vous attendez-vous ?
Theo Bucker : Je pense que la rencontre sera très difficile. On sera confronté à une formation réputée de la scène africaine. J'ai donc demandé aux joueurs qu'ils se concentrent au maximum et qu'ils restent sur leur garde. Car dans ce genre de rencontres, on n'a pas le droit à l'erreur. Le facteur temps n'a pas été en ma faveur (ndlr : Il est aux commandes de l'équipe depuis seulement 3 semaines). Mais l'équipe est plutôt bien organisée et possède des joueurs de qualité capables d'assimiler rapidement mes directives. C'est pourquoi je ne suis pas inquiet.

— Vous êtes avec Ismaïli depuis 3 semaines. Que pensez-vous de l'équipe ?
— C'est une puissante formation. Les joueurs sont bons en défense. Ce qui n'est pas le cas en attaque. Mon rôle est donc d'abord de remédier à cette faiblesse. J'ai visionné des enregistrements de la finale de Coupe d'Egypte (Ismaïli-Ahli) et de la Supercoupe égypto-saoudienne. Lors de ces deux rencontres, Ismaïli a perdu à cause de sa tactique défensive. Mon travail est axé sur le côté offensif pour donner aux joueurs la confiance d'attaquer. L'attaque, c'est ma philosophie.

— Mais l'attaque de l'équipe est en crise depuis le départ de Mohamad Salah Abou-Greicha et d'Abdel-Hamid Bassiouni ...
— Les attaquants de l'équipe ne manquent pas. L'international olympique Mohamad Mohsen Abou-Greicha et le Guinéen Jiabaté sont aussi très bons. A mon avis, le problème de l'attaque de l'équipe ne réside pas dans le niveau des attaquants mais dans le système de jeu de l'équipe. J'ai sans doute besoin d'un excellent attaquant. Mais cela est difficile à trouver. Toutes les équipes du monde recherchent ce genre de perle rare et elles ne s'achètent pas en supermarché. Je dois donc améliorer le niveau des joueurs que j'ai et accroître leurs capacités.

— Etant donné votre excellente expérience avec Ittihad d'Alexandrie il y a 6 ans, les supporters d'Ismaïli attendent beaucoup de vous. Leur faites-vous une promesse ?
— Pour les résultats, je ne peux rien garantir. Je rêve évidemment de remporter les titres de la Ligue des champions, du championnat et de la Coupe d'Egypte. Mais cela ne se fait pas d'un coup de baguette magique. Je peux en revanche leur promettre de faire le maximum pour améliorer le style de jeu de l'équipe et ajouter une touche esthétique et offensive à ses performances. C'est mon premier objectif et je suis certain de pouvoir le réaliser. Je crois beaucoup en mes capacités et à mon système de travail.

— Vous avez une longue expérience en Egypte. Quelle est votre impression sur les joueurs égyptiens ?
— Les joueurs égyptiens sont techniquement très bons et possèdent toutes les qualités requises pour évoluer en Europe. Leurs compétences physiques ne diffèrent pas de leurs homologues européens. Le problème se situe dans la discipline. En Egypte, les joueurs mangent ce qu'ils veulent, veillent régulièrement jusqu'à l'aube. Le joueur égyptien se dit professionnel mais n'applique pas le b.a.-ba du professionnalisme.

Propos recueillis par M. M.
 

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