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Berlusconi et le Quartet
Par Mohamed Sid-Ahmed

Depuis un mois, l'Italie est présidente en exercice de l'Union Européenne (UE) et ceci pour six mois. Et ce, alors que les conditions au Proche-Orient ont atteint une phase critique, que ce soit la phase de l'après-Saddam, ou celles qui entourent la reprise des négociations israélo-palestiniennes après une longue rupture. A la tête du gouvernement italien, il y a Sylvio Berlusconi, l'homme le plus riche d'Italie et le propriétaire d'un empire médiatique. C'est aussi un homme à la réputation ambiguë, suscitant de nombreuses questions sur la réalité de ses ambitions.


Le boycott d'Arafat

Dernièrement, de nombreux Etats arabes, y compris l'Egypte, ont été fâchés par le fait que Berlusconi ait répondu favorablement à l'insistance de Sharon de boycotter Arafat et à ne pas le rencontrer, et ce alors que le premier ministre italien s'apprêtait à présider l'UE. Ceci a été interprété comme étant une soumission aux conditions de Sharon dans les relations avec les Palestiniens et un signal adressé aux Etats de l'UE afin de procéder de la même manière.

Certaines sources bien informées disent que la question ne doit pas être considérée comme telle et que Berlusconi défendait depuis longtemps la cause palestinienne. Selon ces sources, il est donc inéluctable de parvenir à un règlement sinon le Proche-Orient et la région euro-méditerranéenne ne connaîtront pas de stabilité.

Ces sources s'appuient sur un présupposé logique : il est en effet impensable que le gouvernement italien, avec sa position géographique et historique, adopte une politique anti-arabe. D'autres prétendent qu'il y a une relation personnelle entre Berlusconi et Arafat qui lui permet de faire ce que d'autres ne peuvent se permettre. Au début de sa vie publique, Berlusconi était proche du leader du Parti socialiste italien, Bettino Craxi, qui était parmi les hommes politiques les plus proches d'Arafat. Berlusconi saisissait donc toute occasion de soutenir l'OLP politiquement et matériellement.

Cependant, il faut s'arrêter à certains points. L'opinion publique italienne est très sensible envers tout ce qui peut être interprété comme touchant aux juifs ou comme étant l'expression de ce qu'on appelle « l'antisémitisme ». Il semble qu'il n'y a pas de sensibilité pareille envers les parties arabes. Quelle que soit la relation entre Berlusconi et Arafat et quelle que soit la générosité du premier envers le second, ce sont les positions affichées qui importent ainsi que celles qui prennent l'aspect de symbole. C'est cela le cas du boycott d'Arafat, selon le camp où l'on se trouve, arabe et aussi juif, chacun perçoit les choses de son point de vue. Il n'y a de doute que ce boycott constitue une soumission à une position américaine où il y a une interférence flagrante dans les affaires palestiniennes intérieures. Il est connu qu'Abou-Mazen, dont Bush lui-même fait l'éloge, ne boycotte pas Arafat. Il se réfère d'ailleurs à lui pour n'importe quelle question, fut-elle secondaire. Il n'y a que Washington pour laisser croire à un différend entre les deux hommes, car Washington veut négocier avec les Palestiniens sans que les négociations soient menées par Arafat ! C'est bien pour cette raison que le différend entre Arafat et Mahmoud Abbass a été construit de toutes pièces.


Israël et l'Europe

Comme la cause palestinienne a été dissociée de la personne d'Arafat, pourquoi ne pas suivre cette même logique au point de lier organiquement la cause israélienne à l'Europe ? Certains parlent maintenant de la nécessité de faire adhérer Israël à l'UE. Cet avis n'exprime pas la position officielle du gouvernement italien, mais il n'est pas non plus rejeté par ce gouvernement. Il est dit que l'objectif de cette opinion n'est pas de prendre le parti d'Israël aux dépends des parties arabes, mais de soumettre Israël aux règles de l'UE. C'est-à-dire empêcher certains de ses débordements et par conséquent servir le processus de paix. Evidemment, les parties arabes ne voient pas du tout en quoi cette logique peut leur être profitable, bien au contraire.

D'autre part, il est sûr qu'Israël (en particulier la partie de l'opinion publique qui appuie Sharon) refuse catégoriquement cette logique. Et rien ne montre que les membres de l'UE sont enthousiastes, mais le refus de la part des parties israéliennes et américaines ne signifie nullement qu'il répond aux intérêts arabes. Cette méthode s'appuie sur le point de vue israélien selon lequel Israël serait encerclé par les parties arabes, et serait ainsi exposé à un danger permanent ! Même si nous supposons que des facteurs psychologiques justifient ce souci chez de nombreux Israéliens (et pas seulement des Israéliens), ce souci devient injustifié par la suprématie militaire, technologique et scientifique écrasante de l'Etat hébreu.

Il n'est donc ici question que d'un prétexte qui en apparence donne aux Arabes des garanties face à la suprématie israélienne, mais qui en réalité donne à Israël encore plus de force. Ceci peut nourrir de plus en plus les frustrations arabes et c'est ainsi qu'une pareille logique pousse les parties arabes à douter de la réalité de la position des parties européennes, qui nécessite une discussion franche pour éliminer toute ambiguïté.


Faire face à la clôture de sécurité

Depuis longtemps, Berlusconi avait dit que la Palestine était l'essentiel. Maintenant qu'il préside l'UE, il doit réaffirmer cette position. Il semble que toutes les parties concernées, y compris l'Administration Bush, condamnent la décision de Sharon d'installer une clôture de sécurité qui isolerait la plupart des territoires qui représenteront les frontières temporaires de la Palestine. Et ce jusqu'à ce que les négociations de la Feuille de route abordent la question des frontières définitives dans la phase finale des négociations. Ceci signifie que le mur de sécurité peut se transformer en frontières définitives. Et c'est ainsi que toutes les parties devront accepter le fait accompli par lequel la cause palestinienne sera définitivement avortée.

Berlusconi part du principe selon lequel l'Europe n'a pas assumé un rôle effectif au cours des dernières années envers la cause palestinienne et qu'il a l'intention par l'intermédiaire de la présidence de l'UE de combler ce déficit. Et ce, par la tenue d'une conférence proche-orientale en Sicile l'année prochaine et par l'activation du Quartet comprenant les Etats-Unis, l'UE, la Russie et les Nations-Unies. Au cours de la dernière rencontre entre Bush et Sharon la semaine passée, le premier a échoué à convaincre le second à renoncer à la clôture de sécurité et à le pousser à changer de position sur certaines questions comme celle des prisonniers palestiniens, la question de l'arrêt des colonies juives à Gaza et en Cisjordanie, le droit des réfugiés au rapatriement, etc. Berlusconi pourra-t-il assumer un rôle à ce propos en usant de ses relations privilégiées avec Bush en ce qui concerne la cause iraqienne et pour le convaincre à adopter une position plus stricte envers Sharon en ce qui concerne la cause palestinienne ? Et en particulier la clôture de sécurité. C'est là que réside le vrai défi.

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Les insecticides
et tout le reste

Par Salama A. Salama

Les discours sur les fruits pulvérisés par les insecticides et les hormones ont soulevé de nombreuses interrogations chez les lecteurs qui ont souffert des symptômes de diarrhée et de vomissement. C’est ainsi que j’ai reçu les éclaircissements suivants du responsable de la lutte contre les fléaux au ministère de l’Agriculture, Dr Khalil Al-Malki :

1. Les variétés des fruits disponibles sur le marché sont le résultat de vastes études de scientifiques égyptiens des centres de recherche et des universités. Elles présentent de nombreux avantages dont le plus important est qu’elles peuvent résister au transport, ce qui aide à l’augmentation des taux d’exportation.

2. Certains fruits et surtout les pêches, quand ils sont cueillis avant d'arriver à parfaite maturité, contiennent une substance qui entraîne la diarrhée, ce qui n'a donc rien à voir avec l’emploi des insecticides.

3. Pour la lutte contre la mouche des fruits, la pulvérisation des insecticides chimiques sur les arbres fruitiers ne se fait pas directement sur les fruits, mais sur les racines des arbres et sur les bases ligneuses des branches. Pour la lutte contre d'autres types d'insecte, des huiles minérales sont utilisées et non des insecticides chimiques.

4. Aucun pays au monde ne peut prétendre ne pas utiliser d'insecticides. Cependant, il y a une tendance vers la rationalisation de leur emploi. Au début des années 1980, l'Egypte utilisait 26 000 tonnes d’insecticides, aujourd’hui elle n'utilise que 4 021 tonnes.

5. L’intérêt que porte le ministère de l’Agriculture à la santé du citoyen et à sa nutrition s’est reflété sur l’augmentation des espaces cultivés biologiquement sans l’emploi d’insecticide. Les produits biologiques sont maintenant en vente sur le marché. De plus, un laboratoire central pour l’agriculture biologique a été fondé au centre de recherche agricole afin de présenter les résultats des recherches aux agriculteurs dans le but d’augmenter le revenu de cette agriculture ainsi que la productivité des terres ainsi cultivées.

6. Il existe en Egypte un organisme responsable de la surveillance des vergers et de l’emploi des insecticides. Il est aussi responsable de l’orientation des agriculteurs vers les procédés scientifiques de l’agriculture. Cet organisme est le ministère de l’Agriculture dont les soldats sont répandus dans tous les villages du pays.

7. La période de sécurité à respecter entre la pulvérisation de l’insecticide et la récolte des fruits est inscrite sur chaque sachet d’insecticide. C’est la période nécessaire à la disparition des résidus néfastes des insecticides. Si certains agriculteurs isolés ne respectent pas cette période, il incombe aux consommateurs de laver les fruits au savon pour les débarrasser des résidus des insecticides s’il y en a.

Le contrôle de l’emploi des insecticides ne suffit pas. En effet, certains producteurs ou grossistes en fruits, pas tous, emploient des hormones et des produits chimiques pour améliorer l’aspect et la couleur des fruits sans aucune règle. Il faut interdire l’emploi de ces produits et instaurer un contrôle strict afin de préserver la santé des citoyens.

 

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