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Musée . La Russie aussi n'a pas manqué de subir la passion de l'Egypte Ancienne. Le pavillon égyptien du musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg en témoigne. Visite.
Cléopâtre au palais d'hiver
Saint-Pétersbourg,
correspondance —

Le musée de l'Ermitage occupe six bâtiments dont notamment l'ancien palais d'hiver impérial, qui se trouvent sur le quai de la Neva en plein centre de Saint-Pétersbourg. L'Ermitage possède l'une des plus importantes collections du monde qui compte plus de 3 millions d'objets d'art. La collection égyptienne comptant plus de 3 000 objets s'installe dans le bâtiment du nouvel Ermitage. L'égyptomanie a cours en Russie de toute façon et notamment depuis une exposition de Toutankhamon il y a une trentaine d'années. Tatiana Khrolenko, professeur d'histoire russe âgée de 63 ans, se souvient très bien de ce jour-là (il y a plus de 30 ans) où elle était arrivée spécialement à Leningrad (nom soviétique de Saint-Pétersbourg) pour voir la momie de Toutankhamon exposée pour quelques jours dans le musée de l'Ermitage dans le cadre de sa tournée mondiale. Depuis cette époque-là, toutes ses visites dans le fameux musée situé en plein centre de Saint-Pétersbourg commence ici dans la salle qui abrite la collection égyptienne. « Cette exposition, il y a plus de 30 ans, était une sorte d'impulsion qui a fait éveiller mon intérêt pour l'Egypte et quand je suis à Saint-Pétersbourg je visite toujours la salle égyptienne », affirme Mme Khrolenko, originaire de l'Oural. N'étant pas aussi riche que les collections du Louvre ou du Caire, celle de l'Ermitage représente cependant, selon les experts, une large période de l'histoire de l'Ancienne Egypte entre le IVe millénaire avant J.-C. et le VIIe après J.-C. « Notre collection est peut-être moins représentative que certaines autres existant dans le monde, mais on a des objets à s'enorgueillir », affirme Andrei Nikolaev, expert du département égyptien de l'Ermitage.


Histoire d'une collection

L'intérêt à la civilisation égyptienne ayant émergé en Europe après les campagnes napoléoniennes s'est répercuté en Russie en 1825 par l'achat pour 40 000 roubles par l'Académie de science impériale de la collection de Castiglione de Milan (958 objets en céramique), ce qui a marqué le début de la collection égyptienne de l'Ermitage. L'ouverture du nouveau bâtiment du musée en 1851, à côté du palais d'Hiver, a révélé un manque d’objets égyptiens dans la collection des tsars russes. Ce qui a stimulé les achats à venir. Au milieu du XIXe siècle, l'Ermitage acquiert notamment la statue de la déesse Mout Sekhmet (XVe siècle av. J.-C.), des sarcophages en pierre, la sculpture d'Amenemhat (XIXe siècle, av. J.-C.). La collection continue à s'enrichir au XXe siècle : en 1938, le musée notamment achète une importante collection de reliefs. Pendant les années 1960 — lorsque l'URSS aide l'Egypte dans la construction du Haut-Barrage d'Assouan avec les beaucoup d’archéologues soviétiques travaillent dans le pays, ce qui se traduit par le renforcement de la collection égyptienne de l'Ermitage.

Ainsi, derrière les grandes vitrines, on peut retrouver des objets datant de la période prédynastique du IVe au Ve millénaire av. J.-C. ainsi que des Ancien, Moyen et Nouvel Empires. Les fragments des reliefs venus des chambres funéraires des nobles égyptiens marquent l'époque de l'épanouissement de la culture égyptienne de l'Ancien Empire. La représentation du repas funéraire figure parmi les sujets les plus répandus. La culture du Moyen Empire est représentée notamment par les objets du culte funèbre dont les stèles en pierre et en bois. La statue du pharaon Amenemhat III ainsi que le célèbre fragment de la littérature ancienne Le Naufragé écrit sur le papyrus font partie du chef-d'œuvre de la collection d'Ermitage. La période du Nouvel Empire est représentée dans la collection de l'Ermitage par plusieurs objets en pierre, en ivoire, en verre et en faïence. La statue de la déesse Moût Sekhmet (fin du XVe siècle av. J.-C.) en granit noir est un exemple remarquable de la sculpture monumentale de cette époque-là.


Une statue mystérieuse

La statue de Cléopâtre datant de l'époque gréco-romaine (IIIe siècle av. J.-C.) figure parmi les objets les plus intéressants de la collection. « Les égyptologues hésitaient longtemps sur l'attribution de cette statue qui est apparue à l'Ermitage en 1929 », raconte Andrei Nikolaev. « On l'a identifiée au début comme étant la statue de l'impératrice Arsinoë, mais finalement, on a conclu qu’il s’agissait de celle de Cléopâtre VII », poursuit M. Nikolaev. La collection de l'art copte, dont notamment plus de 5 500 échantillons de tissus qui permet de voir le développement de l'art textile en Egypte du IVe au XIIe siècles, est considérée comme l'une des plus riches du monde. « Les spécialistes connaissent très bien également la collection des monuments écrits conservés à l'Ermitage : les différents textes arabes, grecs ou coptes sur les papyrus et parchemins », ajoute M. Nikolaev.

Dans la grande salle au plafond voûté qui abrite l'art égyptien il y a toujours du monde. « Les visiteurs aiment bien cette salle », affirme Alexeï Stepanov, gardien, qui avoue que la salle égyptienne a ses propres mystères et ses légendes. « Les gardiens affirment plusieurs fois avoir vu le matin du sang sur les genoux de la statue de Moût Sekhmet. D'où vient ce sang et pourquoi ? Le mystère reste total », affirme-t-il.

Marina Koreneva
 

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