Alexandrie
. Elle était
autrefois la plus importante des stations balnéaires
égyptiennes. Mais elle est aujourd'hui boudée
par les touristes étrangers. La cité méditerranéenne
tente de se diversifier pour regagner son prestige. |
A
la redécouverte de la perle
de la Méditerranée |
« A
présent, Alexandrie jouit de deux atouts touristiques
incomparables : la Bibliotheca et
les monuments submergés, les vestiges des temps
de Cléopâtre. Ceci peut faire d’elle une ville
touristique mondiale », déclare avec
confiance le général Hazem Abou-Cheleib, directeur
de l’Organisme de la promotion du tourisme à Alexandrie.
Un vœu pieu ? En effet, la ville d’Alexandrie
est restée pour longtemps en dehors des programmes
touristiques. Que faire à Alexandrie ? C’était
la question
traditionnelle qui se posait toujours. Cela s'expliquait
par deux raisons : d'un côté le manque d’infrastructure,
d'un autre le nombre relativement réduit d'antiquités
en comparaison avec les fascinants vestiges de
la Haute-Egypte et autres coins du pays. « Il
n’y avait que 9 sites monumentaux à visiter et
dont la plupart remontent à une seule époque,
celle des gréco-romains », commente Aïda
Al-Awadi, directrice du bureau du tourisme à Alexandrie.
Pourtant, depuis une décennie,
la ville a connu un regain d’intérêt. Un esprit
nouveau y règne. Ce n'est plus simplement la plage
des Cairotes. comme le décrit Ramzi Zahrane, expert
touristique. Cela parait partout : la corniche
élargie et embellie, les nombreuses esplanades
agréables, les centres commerciaux luxueux tels
que Fathallah, Alpha et Carrefour.
En plus, les fouilles sous-marines
ont arpenté les côtes de la ville, d’Abouqir,
à l'est jusqu'à Salloum, et à l'ouest, et nous
ont offert des trésors incomparables. « Ceci
a poussé les chaînes hôtelières mondiales telles
que Sheraton, Accor, Hilton,
Marriott et Four seasons à s'installer
dans la ville », annonce Aïda Al-Awadi
avec fierté.
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Des atouts divers
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332 av. J.-C. Alexandre le Grand
fonda sa ville qui est devenue, par la suite,
la métropole du monde hellénistique avec ses palais
superbes, sa bibliothèque majestueuse, et son
phare merveilleux. 310 av. J.-C. bataille d’Actium.
La flotte de Marc Antoine et de Cléopâtre s’écrasa
par celle d’Octave. Antoine se suicida et Cléopâtre
le suivit. Ensuite, de forts séismes successifs
frappèrent la ville et fit naufrage avec tous
ses trésors. Ce sont quelques scènes du film que
projette de faire Achraf Sabri, directeur de l’Alexandra
Dive, centre de plongée, pour faire valoir non
seulement les atouts archéologiques de la ville
mais aussi la possibilité de plongées sous-marines
exceptionnelles. « Actuellement, nous avons
5 villes submergées dont celle de Cléopâtre au
port Est, Héracléion et Canope à Abouqir, ainsi
que deux autres villes gréco-romaines sur la Côte-Nord.
Sans oublier les vestiges de la flotte de Bonaparte
au large de l’île de Nelson à Abouqir. C’est une
fortune touristique et culturelle qu’on doit exploiter »,
souligne Achraf. « Il y a 40 millions plongeurs
dans le monde. Alors, si nous réussissons à en
attirer 10 % seulement pour venir plonger
en Alexandrie, ça va nous rapporter de grands
bénéfices », explique-t-il. Il a lancé une
campagne dans ce sens auprès des agences de voyage.
Sortir des sentiers battus, c'est
ce qu'il faut pour la ville, conviennent les voyagistes.
« Pour longtemps, Alexandrie était connue
comme une station balnéaire agréable. Mais, à
présent, elle sert de destination convenable au
tourisme d’aventures », lance Taymour
Adham, propriétaire d'un hôtel.
Etant le portail du Désert occidental
avec sa gigantesque mer de sable, ses oasis formidables,
Alexandrie commence, de plus en plus, à accueillir
les amateurs de Sandboarding (ski sur sable).
C’est un nouveau genre de tourisme où on porte
un ski aux pieds, mais au lieu de skier sur la
neige, on se balance sur le sable.
« A côté de safaris à
King Mariout, nous commençons à organiser des
tours pour les skieurs de sable à Alamein, à la
dépression de Qattara, et à Siwa », dit
Taymour. « Et il est à noter que les amateurs
de ce genre de sport sont des touristes 5 étoiles
qui paient bien ».
Avec tous ces atouts, pourquoi
ce décollage tarde-t-il ? « C’est
le marketing », lance Amir Fahim, journaliste
et expert touristique. Il faudrait une campagne
de promotion sérieuse qui vise à mettre Alexandrie
sur le marché touristique mondial. « A
cet égard, les compagnies touristiques assument
une grande responsabilité. Elles doivent placer
Alexandrie dans tous leurs programmes prochains,
ou même organiser des tours privés à partir de
la ville vers Marsa Matrouh, la Côte-Nord et l’oasis
de Siwa puisqu’elles constituent, ensemble, une
région touristique qui se complète »,
ajoute-t-il.
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| Haytham
Mohamed Ragab |
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Dahab
change
mais ne meurt pas ... |
D'un
bout à l'autre de la baie, des petits hôtels et
restaurants plus soignés qu'à l'époque, se succèdent
les uns aux autres face aux magies d'un paysage
dont on ne peut se lasser. |
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On
remarque aussi que de part et d'autre de la rue
qui longe la baie, des efforts de rénovation sont
visibles. La rue elle-même s'est embellie puisqu'elle
vient d'être pavée avec goût. De plus en plus,
les habitants de Dahab se soucient du patrimoine.
Tous les travaux de rénovation et d'embellissement
de l'endroit semblent en effet se soucier de l'environnement.
Cependant,
même si ce lieu paraît vouloir conserver son authenticité
légendaire, certains ne s'empêchent pas de craindre
que le phénomène Charm Al-Cheikh ne s'étende jusqu'à
Dahab et plus loin encore. En effet, à Dahab,
on entend de plus en plus souvent que le gouvernement,
aujourd'hui propriétaire des plages, pourrait
les louer au prix de 120 L.E. le mètre carré par
mois. Cela entraînerait la disparition des « petits »,
actuellement en majorité et l'apparition des grands
capables d'investir dans d'énormes complexes touristiques.
Ce qui provoquerait inévitablement une forte augmentation
des prix et dès lors, la fréquentation d'un public
différent. Le public d'aujourd'hui est un public
jeune à la recherche de bon temps et de sports
aquatiques (plongée, planche à voile, etc.) à
des conditions abordables.
Mais
Dahab est aussi le repère d'artistes en tout genre
en quête de paix et de poésie. Parmi les habitants
de Dahab, il y a également les paysans issus du
Delta qui sont aujourd'hui les plus nombreux à
travailler dans les hôtels et restaurants. A côté
de ceux-ci, on trouve les bédouins qui sont en
théorie depuis toujours, les seuls vrais habitants
du Sinaï. Entre les paysans du Delta et les bédouins,
l'entente n'est pas toujours au beau fixe mais
ces derniers parviennent malgré tout à cohabiter
puisque les uns comme les autres sont face à un
lendemain de plus en plus incertain.
Eric,
propriétaire d'une crêperie française à Dahab,
explique que les projets d'avenir pour le site
sont nombreux. A son avis, le Blue Hole,
célèbre site sous-marin des plongeurs, va devenir
un parc naturel payant comme Ras Mohamad. De plus,
il déclare qu'une compagnie va très prochainement
créer un immense centre de planche à voile, kite
surf et autres. Pour ce dernier, même s’il
admet que les « petits » risquent
de disparaître au profit des grands, « Dahab
gardera son charme. Et Dahab aura toujours ce
côté folklorique que Charm n'a pas ».
Déodat,
jeune Français travaillant au Caire, ajoute :
« Si Dahab devient comme Charm, je me
demande comment les jeunes salariés trouveront
un endroit aussi paradisiaque qu'ici, à un prix
aussi abordable. Dahab, c'est un coin à part ...
Il ne faut plus y toucher ! ».
Pendant
tout un temps, on a aussi cru que le public de
Dahab changeait. Il n'en n'est rien. Même si il
est vrai que les Israéliens ont cessé de voyager
vers Dahab à une certaine période, on constate
que ces derniers sont à nouveau friands de l'agréable
station balnéaire égyptienne.
Quoi
qu'on en dise, Dahab est en train de changer.
Cependant, les changements sont discrets et intelligents.
Voilà sans doute pourquoi beaucoup restent optimistes
et pensent que la magie de Dahab persistera ...
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| Christian
Cardon |
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