Raïs
Al-Tahrir (Le Rédacteur en chef) est de retour sur le
petit écran. En effet, cette émission télévisée à succès vient
d'apparaître de nouveau sur la chaîne privée Dream 2.
Ceci, cinq mois ou presque après sa suspension de la deuxième
chaîne publique. L'émission qui devrait être diffusée il y
a quelques semaines a été reportée à cause d'un retard dans
les décors du plateau. Le mardi 29 juillet a été diffusée
la première émission sur Dream 2. « Après la
suspension de mon programme de Raïs Al-Tahrir de la
chaîne 2 de la télévision égyptienne, j'ai reçu beaucoup d'offres
des grandes chaînes satellites arabes pour présenter mon programme,
mais j'ai refusé. J'ai accepté l'offre de Dream 2 parce
qu'elle est égyptienne et parce que ce serait insensé de faire
le procès des Egyptiens sur une chaîne étrangère »,
précise Hamdi Qandil, présentateur de l'émission dans des
déclarations à la presse de cette semaine. Il ajoute qu'il
espère tout de même quelques espaces de liberté dans la nouvelle
chaîne satellite, mais il sait aussi qu'il ya des limites
qu'il ne peut dépasser. « Cette fois-ci, j'espère
pouvoir présenter mon programme dans une atmosphère de liberté
même si je sais qu'elle sera sûrement limitée, mais je dirai
tout ce que je désire. Les responsables de la chaîne savent
que si je me sens trop souvent limité, je quitterai immédiatement »,
assure-t-il. Azza Nasr, responsable médiatique de la chaîne,
affirme : « Lorsqu'on a demandé au journaliste
Hamdi Qandil de présenter son émission télévisée sur Dream,
il a accepté à la seule condition de pouvoir s'exprimer librement
pour qu'il puisse garder l'originalité de son émission que
les Egyptiens aimaient tant. Nous avons accepté ».
Le
journaliste Hamdi Qandil a intenté un procès contre le ministre
de l'Information Safouat Al-Chérif et le président de l'Union
de la radio et de la télévision égyptienne, Hassan Hamed,
devant la cour administrative après la suspension de son émission
télévisée. « Les spectateurs ont été choqués de la
suspension de l'émission juste avant l'invasion des forces
américano-britanniques en Iraq. Cette suspension est contradictoire
aux principes de la démocratie et affecte la liberté d'expression.
De plus, le fait de ne pas tenir compte de la volonté du public
s'oppose aux principes de base de l'Union de la radiotélévision »,
explique Salah Sadeq, l'avocat de Hamdi Qandil.
Pour
sa part, le président du secteur de l'information à la Télévision,
Sarouat Mekki, affirme ne pas être au courant du procès intenté
contre le ministre et l'Union de la radio et de la télévision.
Il nie également que le secteur de l'information ait décidé
d'annuler l'émission pour des raisons politiques. « Puisque
nous avons donné le feu vert à Raïs Al-Tahrir et à
d'autres émissions pour aborder l'ensemble des dossiers, pourquoi
nous l'interdirions maintenant ? C'est lui qui a pris
sa décision », assure Mekki. Il ajoute que Hamdi
Qandil n'était pas prêt à faire des concessions ou de compromis
avec les responsables de la Télévision. En effet, pendant
plus de 5 ans, Raïs Al-Tahrir a connu beaucoup de succès,
mais a aussi été confronté à de nombreux problèmes. A maintes
reprises, son ton a été jugé trop osé, ce qui a opposé Hamdi
Qandil aux responsables de la télévision à Maspero.
La
dernière apparition de Qandil a donc eu lieu avant l'invasion
de l'Iraq par les troupe américano-britanniques. Il avait
alors critiqué la neutralité et la faiblesse des régimes arabes
face à la crise Iraqienne. En tout cas, l'apparition de Hamdi
Qandil sur Dream va attirer un grand nombre de spectateurs
que la chaîne avait perdus après le départ de Hala Sarhane,
la célèbre présentatrice de Dream. |