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Deux lettres et deux appels téléphoniques
Par Mohamed Salmawy

Il n'est pas vrai que les écrits des écrivains ont plus d'importance que les commentaires des lecteurs. La valeur de la plume a d'autant plus d'effet qu'elle suscite les réactions des lecteurs. J'ai d'ailleurs toujours accordé beaucoup d'intérêt au courrier des lecteurs, car il constitue le miroir de la réalité et reflète l'importance des écrits. Le fait de publier les réactions des lecteurs, qu'ils soient ministres, gouverneurs, présidents de banque ou hommes d'affaires, à travers leurs lettres ou leurs appels téléphoniques, ne peut que faire plaisir. Surtout qu'il semble que certains de nos responsables se sont figés à force de se cramponner à leurs sièges.

En réponse à mon article concernant l'accord du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, avec la Foire internationale de Francfort afin d'accueillir le livre arabe l'année prochaine, j'ai reçu un appel téléphonique du ministre de la Culture, Farouk Hosni, sur la contribution égyptienne à cet événement international important.

J'avais critiqué le désintérêt du gouvernement égyptien quant au fait que le livre arabe soit l'invité d'honneur durant une année de l'une des plus grandes foires mondiales. D'autant que nous avons grand besoin actuellement de redorer notre image arabe ayant subi tant de déformations à l'étranger. Image selon laquelle nous ferions partie d'une nation n'ayant pour seule et unique culture que celle du terrorisme et de l'intégrisme.

La contribution modeste de l'Egypte avec 150 000 dollars a démontré ce manque d'intérêt, surtout que l'Arabie saoudite a une contribution qui atteint un demi-million de dollars.

Farouk Hosni m'a remercié pour l'article et a souligné que les 150 000 dollars ne sont que la contribution matérielle du ministère de la Culture, alors que d'autres genres de contributions seront de la partie. Comme les troupes artistiques qui y participeront pour « animer » l'événement. Le montant de cette participation dépassera donc de loin les 150 000 dollars proposés.

De telles informations effacent toutes critiques adressée au ministère de la Culture et prouvent que le ministre est conscient de l'ampleur de l'événement. Mais qu'en est-il des autres ministères ? Surtout que le livre arabe va véhiculer à travers le monde notre pensée et notre culture. Ceci sans oublier l'apport artistique des troupes populaires de danses et de chants qui présenteront notre patrimoine sous son plus beau visage. La pensée arabe se retrouvera dans la place de l'invité d'honneur dans l'un des rassemblements culturels les plus importants du monde. Le gouvernement a-t-il réfléchi aux retombées sur notre image de marque à l'étranger, sur l'afflux touristique, et sur notre économie nationale ? Si tout cela est vrai, nous nous demandons à juste titre où sont donc les contributions quelles qu'elles soient des ministères des Affaires étrangères, de l'Information, du Tourisme et de l'Economie ?

J'adresse cette question avant tout au premier ministre Atef Ebeid. Est-il conscient de l'ampleur de l'événement et de sa portée à l'heure actuelle ? Le premier ministre a-t-il donné ses instructions aux ministères concernés pour que cette occasion soit au service de notre politique ?

S'est-il informé auprès du ministère de l'Economie sur les livres et les publications qui seront exposés en vue de donner une approche positive pour les possibilités d'investissement en Egypte ? S'est-il enquis auprès des ministères de l'Information, du Tourisme ou des Affaires étrangères sur les activités et les débats qu'ils proposent en coordination avec le ministère de la Culture concernant le dialogue des cultures arabes, de la politique étrangère des pays arabes, et le patrimoine archéologique riche de l'Egypte ? S'est-il enquis de la liste des personnalités proposées par ces ministères appelées à participer à cet événement ?

Nous remercions le ministre de la Culture pour ses contributions, surtout que c'est l'un des ministres qui réagit le plus aux critiques des médias. Qu'il soit d'accord ou pas avec leurs commentaires, alors que d'autres ministres se contentent de garder le silence sur les réactions de la presse ou bien parce qu'ils ne savent que répondre ou parce qu'ils estiment qu'il vaut mieux ignorer ce qui est dit, car les choses finissent toujours par tomber dans l'oubli.

Quant à la question que j'avais abordée dans le même article sur les statues que le gouvernorat de Guiza avait placées dans certaines places publiques, le ministre Farouq Hosni, tout en ayant un point de vue différent, a partagé mon opinion quant à la statue du doyen de la littérature arabe Taha Hussein. Le ministre pense que la taille de la statue est disproportionnée par rapport à la grandeur du socle. J'avais proposé dans mon article qu'on enlève ce socle pour remodeler le tout dans de nouvelles proportions. Le ministre, quant à lui, m'a informé qu'il avait proposé au gouverneur de réduire la hauteur du socle de moitié.

D'autre part, j'ai reçu une lettre du gouverneur de Guiza, le conseiller Mahmoud Aboul-Leil, qui a confirmé que ces statues érigées en plein Guiza se devaient de souligner notre identité culturelle et pour éterniser et honorer les noms de l'Egypte dont l'apport à la civilisation internationale est précieux.

Un autre appel m'est parvenu d'un ami qui occupe le poste de président de l'une des banques importantes impliquées dans certains procès de certains hommes d'affaires qui ont emprunté des crédits importants aux banques, qu'ils n'ont jamais remboursés. Cet ami était l'un des ceux qui ont suscité les débats et permis d'intenter des procès contre ces débiteurs. Mais il n'a pas fomenté, comme l'imaginent certains, les campagnes de calomnie contre la vie privée de ces débiteurs et qui n'ont rien à voir avec leurs accusations qui font l'objet des procès.

J'avais d'ailleurs soulevé le sujet en soulignant que ce qui me semblait le plus injuste est le fait que ces campagnes de calomnie interviennent à un moment où ces inculpés se trouvent derrière les barreaux, ne pouvant y répondre alors que leur réputation et celle des leurs est en jeu.

Cet ami, dont je ne voudrais point citer le nom, car il m'en a parlé à titre personnel, était peiné de voir ces personnes ainsi accablées par ces campagnes. Bien qu'ils soient réellement coupables d'avoir porté préjudice à l'économie nationale, a-t-il ajouté.

Cet ami m'a aussi affirmé que de tels comportements étaient inacceptables, surtout qu'ils finissent par attirer la sympathie des gens simples envers ces personnes accusées de dilapider les fonds publics.

J'ai également reçu une lettre de l'un de ces débiteurs en provenance de la prison dans laquelle il est détenu. Cet homme confirmait les dires du président de la banque et affirmait dans cette lettre qu'il ne voulait point publier que s'il pouvait affronter les accusations qu'on lui portait au sujet des crédits, il ne pouvait affronter les regards de sa femme à cause de ces calomnies au sujet de ses relations avec d'autres femmes. Cet homme empli de tristesse va plus loin et affirme que la vie dure à l'intérieur de la prison était plus douce que la violence de ces calomnies. Surtout que rien ne pourra effacer l'impact de ses diffamations même l'acquittement dans l'affaire des crédits non remboursés.

 

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