| Il
n'est pas vrai que les écrits des écrivains ont plus d'importance
que les commentaires des lecteurs. La valeur de la plume a
d'autant plus d'effet qu'elle suscite les réactions des lecteurs.
J'ai d'ailleurs toujours accordé beaucoup d'intérêt au courrier
des lecteurs, car il constitue le miroir de la réalité et
reflète l'importance des écrits. Le fait de publier les réactions
des lecteurs, qu'ils soient ministres, gouverneurs, présidents
de banque ou hommes d'affaires, à travers leurs lettres ou
leurs appels téléphoniques, ne peut que faire plaisir. Surtout
qu'il semble que certains de nos responsables se sont figés
à force de se cramponner à leurs sièges.
En réponse à
mon article concernant l'accord du secrétaire général de la
Ligue arabe, Amr Moussa, avec la Foire internationale de Francfort
afin d'accueillir le livre arabe l'année prochaine, j'ai reçu
un appel téléphonique du ministre de la Culture, Farouk Hosni,
sur la contribution égyptienne à cet événement international
important.
J'avais critiqué
le désintérêt du gouvernement égyptien quant au fait que le
livre arabe soit l'invité d'honneur durant une année de l'une
des plus grandes foires mondiales. D'autant que nous avons
grand besoin actuellement de redorer notre image arabe ayant
subi tant de déformations à l'étranger. Image selon laquelle
nous ferions partie d'une nation n'ayant pour seule et unique
culture que celle du terrorisme et de l'intégrisme.
La contribution
modeste de l'Egypte avec 150 000 dollars a démontré ce
manque d'intérêt, surtout que l'Arabie saoudite a une contribution
qui atteint un demi-million de dollars.
Farouk
Hosni m'a remercié pour l'article et a souligné que les 150 000
dollars ne sont que la contribution matérielle du ministère
de la Culture, alors que d'autres genres de contributions
seront de la partie. Comme les troupes artistiques qui y participeront
pour « animer » l'événement. Le
montant de cette participation dépassera donc de loin les
150 000 dollars proposés.
De
telles informations effacent toutes critiques adressée au
ministère de la Culture et prouvent que le ministre est conscient
de l'ampleur de l'événement. Mais qu'en est-il des autres
ministères ? Surtout que le livre arabe va véhiculer
à travers le monde notre pensée et notre culture. Ceci sans
oublier l'apport artistique des troupes populaires de danses
et de chants qui présenteront notre patrimoine sous son plus
beau visage. La pensée arabe se retrouvera dans la place de
l'invité d'honneur dans l'un des rassemblements culturels
les plus importants du monde. Le gouvernement a-t-il réfléchi
aux retombées sur notre image de marque à l'étranger, sur
l'afflux touristique, et sur notre économie nationale ?
Si tout cela est vrai, nous nous demandons à juste titre où
sont donc les contributions quelles qu'elles soient des ministères
des Affaires étrangères, de l'Information, du Tourisme et
de l'Economie ?
J'adresse
cette question avant tout au premier ministre Atef Ebeid.
Est-il conscient de l'ampleur de l'événement et de sa portée
à l'heure actuelle ? Le premier ministre a-t-il donné
ses instructions aux ministères concernés pour que cette occasion
soit au service de notre politique ?
S'est-il informé
auprès du ministère de l'Economie sur les livres et les publications
qui seront exposés en vue de donner une approche positive
pour les possibilités d'investissement en Egypte ? S'est-il
enquis auprès des ministères de l'Information, du Tourisme
ou des Affaires étrangères sur les activités et les débats
qu'ils proposent en coordination avec le ministère de la Culture
concernant le dialogue des cultures arabes, de la politique
étrangère des pays arabes, et le patrimoine archéologique
riche de l'Egypte ? S'est-il enquis de la liste des personnalités
proposées par ces ministères appelées à participer à cet événement ?
Nous
remercions le ministre de la Culture pour ses contributions,
surtout que c'est l'un des ministres qui réagit le plus aux
critiques des médias. Qu'il soit d'accord ou pas avec leurs
commentaires, alors que d'autres ministres se contentent de
garder le silence sur les réactions de la presse ou bien parce
qu'ils ne savent que répondre ou parce qu'ils estiment qu'il
vaut mieux ignorer ce qui est dit, car les choses finissent
toujours par tomber dans l'oubli.
Quant à la question
que j'avais abordée dans le même article sur les statues que
le gouvernorat de Guiza avait placées dans certaines places
publiques, le ministre Farouq Hosni, tout en ayant un point
de vue différent, a partagé mon opinion quant à la statue
du doyen de la littérature arabe Taha Hussein. Le ministre
pense que la taille de la statue est disproportionnée par
rapport à la grandeur du socle. J'avais proposé dans mon article
qu'on enlève ce socle pour remodeler le tout dans de nouvelles
proportions. Le ministre, quant à lui, m'a informé qu'il avait
proposé au gouverneur de réduire la hauteur du socle de moitié.
D'autre part,
j'ai reçu une lettre du gouverneur de Guiza, le conseiller
Mahmoud Aboul-Leil, qui a confirmé que ces statues érigées
en plein Guiza se devaient de souligner notre identité culturelle
et pour éterniser et honorer les noms de l'Egypte dont l'apport
à la civilisation internationale est précieux.
Un autre appel
m'est parvenu d'un ami qui occupe le poste de président de
l'une des banques importantes impliquées dans certains procès
de certains hommes d'affaires qui ont emprunté des crédits
importants aux banques, qu'ils n'ont jamais remboursés. Cet
ami était l'un des ceux qui ont suscité les débats et permis
d'intenter des procès contre ces débiteurs. Mais il n'a pas
fomenté, comme l'imaginent certains, les campagnes de calomnie
contre la vie privée de ces débiteurs et qui n'ont rien à
voir avec leurs accusations qui font l'objet des procès.
J'avais d'ailleurs
soulevé le sujet en soulignant que ce qui me semblait le plus
injuste est le fait que ces campagnes de calomnie interviennent
à un moment où ces inculpés se trouvent derrière les barreaux,
ne pouvant y répondre alors que leur réputation et celle des
leurs est en jeu.
Cet ami, dont
je ne voudrais point citer le nom, car il m'en a parlé à titre
personnel, était peiné de voir ces personnes ainsi accablées
par ces campagnes. Bien qu'ils soient réellement coupables
d'avoir porté préjudice à l'économie nationale, a-t-il ajouté.
Cet ami m'a aussi
affirmé que de tels comportements étaient inacceptables, surtout
qu'ils finissent par attirer la sympathie des gens simples
envers ces personnes accusées de dilapider les fonds publics.
J'ai également
reçu une lettre de l'un de ces débiteurs en provenance de
la prison dans laquelle il est détenu. Cet homme confirmait
les dires du président de la banque et affirmait dans cette
lettre qu'il ne voulait point publier que s'il pouvait affronter
les accusations qu'on lui portait au sujet des crédits, il
ne pouvait affronter les regards de sa femme à cause de ces
calomnies au sujet de ses relations avec d'autres femmes.
Cet homme empli de tristesse va plus loin et affirme que la
vie dure à l'intérieur de la prison était plus douce que la
violence de ces calomnies. Surtout que rien ne pourra effacer
l'impact de ses diffamations même l'acquittement dans l'affaire
des crédits non remboursés. |