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niveau des films d'été est très variable entre très décevant
et très stimulant. Ayez haqqi (Je Réclame mes droits),
la dernière fiction du producteur Hani Fawzi, appartient à
ce dernier groupe qui nourrit les espoirs. Le comédien Hani
Ramzi qui a fait ses adieux aux seconds rôles où il a confirmé
son talent à travers deux films : Zawag bi qarar gomhouri
(Mariage par décret présidentiel) et Mohami kholea
(Avocat des femmes) y tient le beau rôle, sous la conduite
du jeune réalisateur Ahmad Galal. Ce dernier signe d'ailleurs
son premier long métrage, après avoir fait ses preuves à travers
une série de courtes fictions.
Cette
comédie du jeune scénariste Tareq Abdel-Guélil abonde de surprises,
toutefois elle ne traite pas d'un sujet nouveau. Il s'agit
d'un mélange de fantaisie et de critique sociale directe.
Plusieurs autres films anciens ont abordé la vente des pyramides
ou d'autres monuments historiques, mais dans Ayez haqqi
(Je Réclame mes droits), c'est toute l'Egypte qui est
vendue conformément à un article équivoque de la Constitution.
A
la suite d'une querelle avec sa fiancée, le comédien Hani
Ramzi, au prénom de Saber dans le film, emporte par mégarde
un livre sur la Constitution. Il le parcourt dans le métro
et tombe sur cet article stipulant que les biens publics sont
la propriété du peuple et que le gouvernement n'est qu'un
représentant chargé de gérer ces biens. Sur ce, si 51 %
de l'ensemble du peuple décide de faire une dérogation à une
personne en particulier, cette dernière pourra vendre ce qui
bon lui semble. Saber envisage alors d’être précisément cette
personne élue et tente de rassembler les voix nécessaires.
Avant
de se lancer dans sa fantaisie, le scénariste expose la réalité
où patauge le personnage principal, à travers des sketchs
comiques sans vulgarité durant le quart du film. Saber travaille
en tant que chauffeur de taxi, en alternance avec son ami
ivrogne et coureur, Chawqi (d'ailleurs, le comédien qui interprète
ce dernier est très influencé par le style de Mohamad Saad
dans Al-Lembi).
Le
scénario aurait pu très bien se terminer par la scène du tribunal,
où le Parquet général cherche à condamner Saber à la peine
capitale, l'accusant d'espionnage. Mais celui-ci est acquitté
sous les applaudissements du public. Cela aurait constitué
un dénouement tout à fait plausible. Cependant, le scénariste
a voulu pour son personnage un revirement total, qui ne manque
pas de relancer les événements. En s'éloignant du burlesque,
Saber poursuit le chemin qu'il s'est choisi, notamment après
avoir cueilli les fruits de sa première péripétie. Il nous
lègue alors nombre de situations très loufoques comme celle
de la nuit de noces ou de la fête dans l'hôtel cinq étoiles
et la séquence où Saber est convoqué dans le bureau d'un haut
responsable incarné avec une grande maîtrise par Wahid Seif.
Il y a également le dialogue entre son beau-père et lui, basé
essentiellement sur le quiproquo et les insinuations sexuelles.
Bref,
toutes des séquences révélatrices de la grande harmonie entre
le réalisateur, le scénariste et les acteurs.
Le
jeune réalisateur, Ahmad Galal — qui porte le nom
de son grand-père, l'un des pionniers du cinéma — marque
un premier point et démontre que le cinéma est actuellement
entre les mains des jeunes qui ont réussi à suivre la nouvelle
vague sans pour autant être pris dans son piège.
De
même, le scénariste fait preuve de beaucoup de courage en
optant pour un dénouement si peu traditionnel. Et le comédien
Hani Ramzi confirme être digne des premiers rôles. Toutefois,
il doit faire très attention à sa ligne. La comédienne tunisienne,
Hind Sabri, en dépit d'un rôle assez limité, a réussi à voltiger
et à confirmer sa présence. Et Abdel-Moneim Madbouli, qui
a fait son apparition lors d'une seule scène, a failli s'emparer
de tous les regards dans un mélange de douceur, de mélancolie
et de sensibilité, tout comme Enaam Saloussa qui était comme
une belle brise d'été. |