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Festival de la Citadelle . De la musique folklorique au takht oriental en passant par le classique et le jazz, la 15e édition de cette manifestation propose plus de soixante spectacles, du 10 au 20 août.
Dix jours pour changer d'air

« L’idée du festival est de présenter hors de l’enceinte de l’Opéra un échantillon de ce qui est présenté durant toute l’année à l’Opéra du Caire. Un condensé très allégé qui diffère de ce qui est très symphonique », affirme Hassan Kami, conseiller artistique auprès de l’Opéra du Caire et directeur du Festival.

Depuis 1988, la place de la Citadelle s’anime le 10 août pour un festival musical étiqueté « Populaire de qualité ». Chaque année à la même période, cinq théâtres à la Citadelle ouvrent leurs portes pour accueillir des spectateurs issus de différentes classes sociales. Une manière de se changer d'air sans débourser un centime, et aussi l'occasion d'écouter une musique de qualité.

Chaque théâtre a sa spécialité : Al-Mahka, le plus grand théâtre de la Citadelle, constituera la scène de clôture, le point d'orgue des 10 jours du festival. Il introduira de grandes vedettes comme Khaled Chams (10 août), Medhat Saleh (11 août), Attiya Charara (12 août), Hani Chénouda (13 août), Alaa Abdel-Khaleq (14 août), Mohamad Al-Helw (15 août), Ahmad Ibrahim (16 août), Chaïmaa Saïd (17 août), Ali Al-Haggar (18 août) et Imane Al-Bahr Darwich (20 août).

Toujours à Al-Mahka, c'est une première cette année, l'Opéra présentera deux troupes indiennes qui animeront la soirée du 19 août dans le programme international du festival. Sans compter les troupes : iraqienne (le 18 août) à Sareyet Al-Gabal avec Elham Al-Madfaï, soudanaise (le 12 août) avec Al-Fateh, palestinienne avec la chanteuse Abir Sansour (le 15 août). Les deux dernières troupes se produiront au théâtre Al-Saha I.

Parallèlement à certaines célébrités pour lesquelles le festival a été un véritable point de départ, à l’instar de Raouf Al-Ganayni, Nesma Abdel-Aziz, Sobhi Bédeir, Fathi Salama, Hala Al-Chabouri, Elham Al-Madfaï, Yéhia, le théâtre Saréyet Al-Gabal sera consacré à des performances classiques. Le festival présentera également de nouvelles formations musicales sélectionnées avec beaucoup d'exigence. « Une fois que ces nouveaux talents réussissent, ils s’envolent de leurs propres ailes à droite et à gauche », déclare Hassan Kami. « Le Festival de la Citadelle m’a permis d’entrer en contact direct avec le public. Chaque année j’essaie de prouver ma présence et de renouveler mes soirées. Le festival constitue pour moi un baromètre à travers lequel j'évalue les goûts du public et je vois ce qu’ils aiment entendre. Le festival m’a donné beaucoup, c'est pourquoi je souhaite qu’il dure plus de 10 jours », affirme Waël Sami dont le festival a véritablement lancé la carrière. Il présentera le 16 août, à Al-Saha I, des œuvres modernes issues du folklore. Quant au percussionniste Nesma Abdel-Aziz, elle préfère que la durée du festival ne dépasse les 10 jours, la tradition du festival. Elle affirme que plus que la durée augmentera, plus le festival perdra en intensité.

En revanche, le directeur du festival assure que le ministre de la Culture est très enthousiasme à l'idée d’augmenter le nombre des jours du festival, malgré les contraintes budgétaires. « Le Festival de la Citadelle constitue un vrai contraste entre un lieu historique et les soirées d’été qui accueillent des nationalités différentes. Par ailleurs, il y a un grand effort déployé par l’Opéra du Caire qui essaie d’augmenter dans son programme estival les soirées en plein air dans les jardins publics, dans les universités et en province. Un effort qui mérite d’être pris en considération », affirme Khaled Chams qui présentera des chansons issues du patrimoine égyptien qui rappellent le temps du compositeur Sayed Darwich.

Quant au théâtre Al-Saha II, il sera dédié uniquement au takht oriental et aux chansons arabes classiques. Avec entre autres Marwa Nagui (12 août), Agfane Taha (13 août), le dernier jour du festival avec Mohamad Fawzi et Ghada Adam (le 13 août) lauréat du Festival de la chanson arabe au Maroc 2003. « Le seul problème que j’ai confronté l’année dernière au Festival de la Citadelle c’est quand le temps accordé à chaque troupe se prolonge. Les gens se lassent et partent, et cela empêche certains groupes de présenter leur spectacle. Chaque troupe doit se limiter au temps qui lui est imparti », déplore l'artiste Ghada Adam.

Les takhts orientaux permettent de mieux coller aux goûts des auditeurs. « Ce festival a pour but de nouer des rapports entre l’art et un public de non initiés venant avec beaucoup de curiosité pour entendre et découvrir de nouvelles créations, affirme la percussionniste Nesma Abdel-Aziz. Nous avons pour objectif de les attirer du côté de l’Opéra. Et cela ne signifie pas que nous ne représentons pas de spectacles sérieux, mais au contraire. La cérémonie d’ouverture du festival proposera un récital de piano avec Omar Khaïrat accompagné par l’Orchestre de l’Opéra du Caire le 8 août à Saréyet Al-Gabal » .

Rendez-vous fixé à partir du 10 août à 19h et pour dix jours avec un large éventail de musique variée. A ne pas manquer !

Névine Lameï

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