Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Affaire

 

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Af faires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Les analyses
de Heykal
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Industrie . Une centaine d'usines de la zone industrielle de Borg Al-Arab vont bénéficier d'un programme de modernisation. Une chance pour cette zone, de plus en plus désertée par les investisseurs.
Zone sinistrée

La zone industrielle de Borg Al-Arab tend aujourd'hui à se désertifier. C'est pourquoi le Programme de modernisation industrielle, financé par l'Union européenne, a décidé d'accorder une aide à cette zone en crise, en collaboration avec l'organisation des Nations-Unies pour le développement industriel (UNIDO).

Le projet vise à moderniser sur deux ans 100 entreprises de cette zone inaugurée en 1988, et qui contribue à 18 % de l'activité industrielle de l'Egypte. 5,48 millions d'euros seront consacrés au financement de ce programme qui doit accroître la compétitivité de la zone sur le marché international et augmenter de 5 à 10 % les exportations et de 20 % les investissements des usines concernées d'ici deux ans. Les entreprises qui bénéficieront du programme feront l'objet, en premier lieu, d'un diagnostic afin de déterminer leur niveau de compétitivité et déterminer leurs points faibles. Ensuite, le programme les aidera à développer leurs capacités d'exportation, en les mettant en contact avec des importateurs européens, en les inscrivant sur des listes d'exportateurs ou en leur permettant de participer à des salons internationaux pour les exportations.

En outre, le programme formera 60 conseillers égyptiens au système des normes ISO, pour répondre aux besoins des entreprises égyptiennes pour éviter que celles-ci ne recourent à des experts étrangers. Il établira également une base de données de tous les produits manufacturés, des capacités non utilisées dans les différents secteurs sur l'ensemble des zones industrielles d'Egypte. Cette carte nationale de l'industrie égyptienne sera accessible à tout le monde. Le programme initiera également les investisseurs à la « CE Marking », le passeport commercial des produits non européens nécessaire pour l'introduction de tout produit industriel sur le marché européen. Mais tout cela reste à faire, ce programme ne sera mis en application qu'à partir du début octobre prochain.

Cependant, si certains investisseurs de Borg Al-Arab sont optimistes, d'autres craignent que les fonds consacrés au financement ne soient dépensés en partie dans l'installation des bureaux pour les employés du Programme, et qu'une grande partie du reste soit dédiée au financement de la formation du personnel dans les usines. « On a 26 organismes donateurs en Egypte en 2002, dont 23 spécialisés dans la formation du personnel », fait remarquer Amir Wassef, investisseur à Borg Al-Arab. Pourquoi donc ne pas consacrer cet argent à des fins plus utiles. Il ajoute que « la première étape vers l'exportation est de travailler avec les entreprises multinationales. Si nous voulons leur vendre nos produits, il faut qu'elles nous donnent une liste de critères auxquels les produits doivent être conformes. Le guide de chacun de ses critères coûte à lui seul entre 300 à 800 L.E. et ce n'est que le début. Donc, il nous faut payer environ 8 000 livres pour la seule consultation de ces guides et savoir si oui ou non nos produits y sont conformes. Pourquoi le Programme n'achète-t-il pas ses critères pour les rendre accessibles à tout le monde ? Ou bien pourquoi ne pas financer l'achat de logiciels ? Une entreprise qui adopte un nouveau logiciel réalise un saut technologique énorme », argumente Amir Wassef.


Problèmes en série

Selon l'organisme de la ville de Borg Al-Arab, les licences accordées aux entreprises ont atteint aujourd'hui 500, dont 120 sont des nouvelles venues. Tout marche bien donc. Mais le témoignage de beaucoup d'investisseurs travaillant là-bas donne une autre impression. Beaucoup ont fermé leurs portes au cours de l'année dernière. Certains estiment qu'il y en a 150, mais les chiffres exacts ne sont pas disponibles. Toutefois, un haut responsable de la ville, qui a préféré garder l'anonymat, avoue que les deux tiers des usines ont fermé leurs portes. Certaines ont fait faillite, d'autres ont réussi à transférer leurs activités ailleurs. « Les problèmes de transport, de l'eau, de la bureaucratie et des fonctionnaires sont responsables entre autres de l'exode des investisseurs de Borg Al-Arab », a déclaré Mohamad Farag Amer, président de l'Association des investisseurs de Borg Al-Arab et l'un des grands investisseurs de la zone. En effet, investir à Borg Al-Arab implique le paiement de sommes exorbitantes supplémentaires pour faire face aux problèmes particuliers de la ville. Le plus frappant reste celui du transport. La zone étant située à 60 kilomètres d'Alexandrie, les entreprises prennent entièrement en charge le transport de leurs employés. Une procédure qui coûte cher. « Une entreprise a dévoilé que ses frais de transport s'étaient chiffrés à environ 1,5 million de L.E. par an. Celle-ci a donc préféré plier bagages et rentrer à Alexandrie. Ce fut le cas pour 4 ou 5 grands investisseurs qui étaient là depuis dix ans », explique Ahmad Ezzeddine, un autre investisseur de la zone. Outre le problème du transport, il y a aussi celui de l'épuration de l'eau, et les lourdes factures d'électricité pour les 60 000 personnes dont seulement la moitié sont résidents. Aussi, entre 20 et 25 % des employés seraient partis. Arrivent enfin les problèmes de sécurité. Des gangs armées viendraient dévaliser les entreprises la nuit. Bref, travailler, vivre ou investir à Borg Al-Arab n'est pas de tout repos. De ce point de vue là, le Projet de la modernisation industrielle n'a pas beaucoup de choses à offrir.

Réhab Moustapha

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631