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Industrie .
Une centaine d'usines de la zone industrielle de Borg Al-Arab
vont bénéficier d'un programme de modernisation. Une chance
pour cette zone, de plus en plus désertée par les investisseurs.
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Zone
sinistrée
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La
zone industrielle de Borg Al-Arab tend aujourd'hui à se désertifier.
C'est pourquoi le Programme de modernisation industrielle,
financé par l'Union européenne, a décidé d'accorder une aide
à cette zone en crise, en collaboration avec l'organisation
des Nations-Unies pour le développement industriel (UNIDO).
Le
projet vise à moderniser sur deux ans 100 entreprises de cette
zone inaugurée en 1988, et qui contribue à 18 % de l'activité
industrielle de l'Egypte. 5,48 millions d'euros seront consacrés
au financement de ce programme qui doit accroître la compétitivité
de la zone sur le marché international et augmenter de 5 à
10 % les exportations et de 20 % les investissements
des usines concernées d'ici deux ans. Les entreprises qui
bénéficieront du programme feront l'objet, en premier lieu,
d'un diagnostic afin de déterminer leur niveau de compétitivité
et déterminer leurs points faibles. Ensuite, le programme
les aidera à développer leurs capacités d'exportation, en
les mettant en contact avec des importateurs européens, en
les inscrivant sur des listes d'exportateurs ou en leur permettant
de participer à des salons internationaux pour les exportations.
En
outre, le programme formera 60 conseillers égyptiens au système
des normes ISO, pour répondre aux besoins des entreprises
égyptiennes pour éviter que celles-ci ne recourent à des experts
étrangers. Il établira également une base de données de tous
les produits manufacturés, des capacités non utilisées dans
les différents secteurs sur l'ensemble des zones industrielles
d'Egypte. Cette carte nationale de l'industrie égyptienne
sera accessible à tout le monde. Le programme initiera également
les investisseurs à la « CE Marking », le
passeport commercial des produits non européens nécessaire
pour l'introduction de tout produit industriel sur le marché
européen. Mais tout cela reste à faire, ce programme ne sera
mis en application qu'à partir du début octobre prochain.
Cependant,
si certains investisseurs de Borg Al-Arab sont optimistes,
d'autres craignent que les fonds consacrés au financement
ne soient dépensés en partie dans l'installation des bureaux
pour les employés du Programme, et qu'une grande partie du
reste soit dédiée au financement de la formation du personnel
dans les usines. « On a 26 organismes donateurs en
Egypte en 2002, dont 23 spécialisés dans la formation du personnel »,
fait remarquer Amir Wassef, investisseur à Borg Al-Arab. Pourquoi
donc ne pas consacrer cet argent à des fins plus utiles. Il
ajoute que « la première étape vers l'exportation
est de travailler avec les entreprises multinationales. Si
nous voulons leur vendre nos produits, il faut qu'elles nous
donnent une liste de critères auxquels les produits doivent
être conformes. Le guide de chacun de ses critères coûte à
lui seul entre 300 à 800 L.E. et ce n'est que le début. Donc,
il nous faut payer environ 8 000 livres pour la seule
consultation de ces guides et savoir si oui ou non nos produits
y sont conformes. Pourquoi le Programme n'achète-t-il pas
ses critères pour les rendre accessibles à tout le monde ?
Ou bien pourquoi ne pas financer l'achat de logiciels ?
Une entreprise qui adopte un nouveau logiciel réalise un saut
technologique énorme », argumente Amir Wassef.
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Problèmes
en série
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Selon
l'organisme de la ville de Borg Al-Arab, les licences accordées
aux entreprises ont atteint aujourd'hui 500, dont 120 sont
des nouvelles venues. Tout marche bien donc. Mais le témoignage
de beaucoup d'investisseurs travaillant là-bas donne une autre
impression. Beaucoup ont fermé leurs portes au cours de l'année
dernière. Certains estiment qu'il y en a 150, mais les chiffres
exacts ne sont pas disponibles. Toutefois, un haut responsable
de la ville, qui a préféré garder l'anonymat, avoue que les
deux tiers des usines ont fermé leurs portes. Certaines ont
fait faillite, d'autres ont réussi à transférer leurs activités
ailleurs. « Les problèmes de transport, de l'eau,
de la bureaucratie et des fonctionnaires sont responsables
entre autres de l'exode des investisseurs de Borg Al-Arab »,
a déclaré Mohamad Farag Amer, président de l'Association des
investisseurs de Borg Al-Arab et l'un des grands investisseurs
de la zone. En effet, investir à Borg Al-Arab implique le
paiement de sommes exorbitantes supplémentaires pour faire
face aux problèmes particuliers de la ville. Le plus frappant
reste celui du transport. La zone étant située à 60 kilomètres
d'Alexandrie, les entreprises prennent entièrement en charge
le transport de leurs employés. Une procédure qui coûte cher.
« Une entreprise a dévoilé que ses frais de transport
s'étaient chiffrés à environ 1,5 million de L.E. par an. Celle-ci
a donc préféré plier bagages et rentrer à Alexandrie. Ce fut
le cas pour 4 ou 5 grands investisseurs qui étaient là depuis
dix ans », explique Ahmad Ezzeddine, un autre investisseur
de la zone. Outre le problème du transport, il y a aussi celui
de l'épuration de l'eau, et les lourdes factures d'électricité
pour les 60 000 personnes dont seulement la moitié sont
résidents. Aussi, entre 20 et 25 % des employés seraient
partis. Arrivent enfin les problèmes de sécurité. Des gangs
armées viendraient dévaliser les entreprises la nuit. Bref,
travailler, vivre ou investir à Borg Al-Arab n'est pas de
tout repos. De ce point de vue là, le Projet de la modernisation
industrielle n'a pas beaucoup de choses à offrir.
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| Réhab
Moustapha
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