Al-Ahram
Hebdo : Quelle importance revêt pour vous ce
titre de championne du monde juniors ?
Omniya
Abdel-Qawi : Avec ce titre, je vais enfin laisser mon
empreinte dans le monde des juniors. Championne du monde,
c'est un titre qui reste. C'est une énorme chance de
l'avoir remporté en Egypte. D'autant plus que dans deux
mois, j'aurais 18 ans, et je ne pourrais donc plus jouer
en catégorie juniors. J'ai prouvé que j'étais la meilleure
en remportant toutes mes rencontres avec un score de
3-0.
— L'Australienne
Kasey Brown, la plus sérieuse de vos adversaires, s'est
blessée et est sortie de la compétition lors des 16es
de finale. Son élimination a-t-elle favorisé votre victoire ?
— C'est
vrai, Kasey était pour moi un obstacle de taille. J'avais
déjà joué deux fois contre elle. On a remporté chacune
un match. C'est une joueuse tenace. Mais j'ai dû me
mesurer aux autres Egyptiennes, qui ne sont pas plus
faciles. Elles étaient prêtes à tout, ne serait-ce que
pour m'arracher un set. La compétition a été importante
entre nous. Surtout que mon public était aussi le leur.
Mais je me suis imposée parce que je suis moralement
et techniquement la plus forte.
— Que
pensez-vous des résultats de vos coéquipières ?
— Pour
Ranim Al-Wéleili et Nihal Yéhia qui ont terminé respectivement
8e de finaliste et demi-finaliste, cela représente un
important exploit. Car ces deux joueuses étaient les
plus jeunes de toutes les participantes. Il y avait
un grand risque qu'elles soient éliminées dès les 16es
de finale. Pour les autres : Amna Al-Tarabolsi
(finaliste), Sara Badr et (demi-finaliste) et Hind Ossama
(quart de finaliste), cela ne m'a pas surpris de les
voir arriver à un tel stade de la compétition.
— Après
l'épreuve individuelle, vous disputez actuellement l'épreuve
par équipe des Championnats du monde. Selon vous, qui
peut figurer en finale de cette compétition ?
— Les
joueuses des autres équipes vont faire leur maximum
pour prendre leur revanche. Beaucoup de pays, comme
l'Inde, possèdent des joueuses de talent. Mais je verrai
bien une finale entre l'Egypte et l'Australie. Les Australiennes
sont les tenantes du titre. Je pense qu'elles ont bien
étudié le jeu de leurs adversaires. Elles doivent avoir
mis sur pied des tactiques. La bonne performance ne
suffira pas. Les directeurs techniques ont donc un grand
rôle à jouer. D'ailleurs, les directeurs techniques
des sélections australienne et américaine sont de grandes
professionnelles : Michelle Martin ayant été championne
du monde et 1re mondiale pendant 5 ans, et Natalie Pohrer
étant actuellement 10e au classement WISPA. Ça
en dit long sur leur capacité ...
— Que
pensez-vous de l'organisation égyptienne de cet événement ?
— Elle
est très bonne, ce qui est très encourageant. L'Egypte
sait promouvoir le squash. Ce qui n'est pas le cas d'autres
pays. Le fait que la compétition ait lieu en Egypte
nous permet aussi de nouer des contacts à moindres frais,
d'obtenir des points plus facilement, et surtout d'être
moins impressionnées par les joueuses étrangères.
— A
l'avenir, comment organiserez-vous votre jeu face à
des concurrentes déjà très expérimentées ?
— Mes
entraînements vont être repensés. Je vais prendre un
nouveau départ. Appliquer une nouvelle méthode de jeu,
ce n'est pas facile et très dangereux. Mais j'ai du
talent et une bonne technique. Je vais m'acharner au
travail pour tenter de terminer l'année à la 10e place
mondiale. |