« Somaa,
Somaa, reviens à l’Ittihad ! ».
Lors de la dernière édition de la Coupe d’Afrique des
Nations (CAN), qui s’est achevée la semaine dernière
à Alexandrie, Ismaïl Ahmad, la star de la sélection
nationale, s’est fait supplier par le public de la ville.
« J’ai entendu les supporters. Mais mon rôle
était avant tout de défendre l’Egypte. Le public aurait
dû encourager toute l’équipe. Il s’est au contraire
concentré sur moi, et mes coéquipiers se sont sentis
blessés. Ce qui m’a mis mal à l’aise »,
remarque l’intéressé. La réaction glaciale d’Ismaïl
Ahmad au comportement du public alexandrin laisse apparaître
son intention de ne pas revenir jouer avec les verts
de l’Ittihad d’Alexandrie. Il a de bonnes raisons.
« En Egypte, financièrement, je suis aussi bien
traité. Mais en comparaison, mes coéquipiers sont très
mal rétribués. Et automatiquement, ils ne se donnent
pas à 100 % au basket. C’est donc sur moi que reposera
la responsabilité des performances de l’équipe. Ensuite,
les possibilités d’évolution y sont très restreintes.
Le championnat national égyptien ne se limite qu’aux
performances des deux premières équipes du classement.
Il n’existe pas non plus de bons professionnels. C’est
pourquoi je refuse de revenir », souligne Somaa,
avec qui l’équipe d’Ittihad a remporté le titre
national de la saison 2001. Un trophée que cette formation
n’avait alors pas remporté depuis 5 ans.
Il
faut dire aussi qu’Ismaïl Ahmad a ses ouvertures à l’étranger.
Il y a deux mois, il a passé une période d’essai de
deux semaines avec le Miami Heat, un club américain
de la NBA. L’objectif était de donner une idée plus
précise de ses capacités en marge de la simple visualisation
de vidéocassettes. Et même si à ce jour il n’a pas été
donné suite à son expérience américaine, il a d’autres
cartes en main. « J’ai aussi reçu des propositions
du Qatar et de Slovénie, et une offre de renouvellement
de mon contrat avec Chanville, mon ancien club
libanais », précise Ismaïl, qui ne cache pas
sa passion pour le basket de ce pays. Selon lui, pour
ce qui est du sérieux des responsables, de l’attention
des médias ou encore de l’enjouement du public, les
baskets libanais et européen se ressemblent beaucoup.
Ismaïl
a derrière lui 4 ans de jeu au Liban, dans les rangs
de différents clubs : Al-Wardia, Al-Hekma,
Al-Riadi et enfin Chanville. « J’ai
accumulé beaucoup d’expérience avec Chanville
et Al-Riadi. Ce sont les meilleurs clubs du basket
libanais. Mais la différence de jeu avec les autres
clubs du championnat libanais reste minime. Là-bas,
la compétition est réelle. Pas comme en Egypte »,
explique Ismaïl Ahmad, qui regrette que le basket
égyptien présente un tel degré de délabrement.
A
ses yeux, la performance de la sélection égyptienne
en CAN, qui n’a décroché qu’une médaille de bronze,
n’est pas satisfaisante. Pour lui, même s’il n’existe
pas de très bons joueurs dans la sélection égyptienne,
il n’en reste pas moins que la préparation à cet événement
a été suffisante. D’autant plus qu’Adel Sabri, le meilleur
sélectionneur de toute l’histoire du basket égyptien,
dirigeait l’effectif. « Les joueurs de la sélection
angolaise, qui a remporté les 8 dernières éditions de
la CAN, ne se sont retrouvés qu’une semaine avant la
compétition. Depuis 15 ans, cette formation présente
un étonnant degré de stabilité. Les entraîneurs savent
choisir leurs joueurs. Ils se connaissent tous par cœur.
C’est l’harmonie totale ! Ce qui ne peut qu’être
bénéfique pour les performances de la sélection »,
fait remarquer Ismaïl Ahmad, qui assure que l’Egypte
a ce besoin vital d’homogénéité, qui fait la différence
dans une équipe. |