Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Sport

 

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Football . La Haute Cour administrative a finalement décidé samedi de faire accéder Assouan à la première division (D1), aux dépens de Tanta, qui devra réintégrer la D2. Une affaire qui souligne les incohérences du réglement.
La justice arbitre le match Assouan-Tanta
C'est l'une des affaires les plus insolites du football égyptien. A quelques jours du coup d'envoi du championnat national, deux équipes de deuxième division (D2), Assouan et Tanta, ont commencé à s'opposer devant les tribunaux. Un différend qui porte sur la montée en première division de l'une de ces deux formations. Mais la Haute Cour administrative a finalement donné raison samedi à l'équipe d'Assouan, qui restera donc en D1, aux dépens de Tanta, reléguée en 2e division.

Le conflit remonte à la fin de la saison dernière. Assouan, alors classée dernière équipe du championnat, réussit en juin dernier après sa victoire contre Sohag (4e de la D2 et meilleure performance de Haute-Egypte de la catégorie) lors d'un match de barrage, à maintenir sa place en D1 pour la saison 2003/2004. L'équipe a en fait bénéficié de certaines dispositions du réglement de la Fédération égyptienne de football, qui veut qu'au moins une équipe issue de Haute-Egypte soit présente en D1. Tanta, à la 3e place des équipes de D2, se voit privée de son droit d'accéder en D1. Alors qu'en principe, les trois premiers clubs sa catégorie pouvaient intégrer le championnat.

Ce qui a conduit l'administration de Tanta à entamer une action en justice. L'argument étant que le réglement actuel s'oppose au principe d'égalité entre les différentes région, principe qui a une valeur constitutionnelle. Au début du mois d'août, Tanta obtient gain de cause. Et, à la surprise générale, la Fédération égyptienne n'a pas cherché à défendre le règlement qu'elle a pourtant elle-même rédigé.

Une décision qui a suscité une énorme vague de colère en Haute-Egypte, et qui conduit le président du club d'Assouan, Al-Chaféi Saleh, à porter l'affaire devant la Haute Cour administrative. Il n'a pas manqué non plus d'exercer des pressions sur le Parlement par l'intermédiaire des députés de Haute-Egypte. « Nous devons respecter les décisions de la justice. Si la Haute Cour administrative décide qu'Assouan doit être promue en D1, nous nous soumettrons à l'arrêt rendu », a immédiatement déclaré Al-Dahchouri Harb, le président de la Fédération égyptienne, pour couper court à ces manœuvres.


Les failles du réglement

Mais l'affaire Tanta-Assouan a surtout révélé l'incompétence des responsables de la Fédération égyptienne de football. Car c'est en raison d'un règlement à la logique douteuse qu'elle est aujourd'hui sous le feu des critiques. Les solutions proposées ont d'ailleurs semé davantage le doute sur les capacités de ces dirigeants. Certains ont en effet proposé que deux groupes de 18 équipes disputent le championnat, tandis que la D1 actuelle ne comprend que 14 équipes. Une idée qui a aussitôt été rejetée par les clubs. « Les performances des équipes montées en D1 ont été très mauvaises la saison dernière. Si ces équipes sont plus nombreuses, le niveau de la compétition chutera immanquablement. Il faut au contraire restreindre le nombre des équipes qui accèdent à la D1 », a déclaré de son côté Kamal Darwich, président de Zamalek. Sans compter que cette solution s'avère d'une mise en œuvre quasi impossible puisqu'elle implique l'instauration d'une nouvelle réglementation, et un bouleversement de calendrier. Or, le début du championnat est prévu pour le 29 août.

D'autres ont proposé qu'Assouan et Tanta soit toutes deux promues en D1. Ce qui aurait fait du championnat égyptien le seul du monde à compter un nombre impair d'équipes ... La décision de la Haute Cour administrative a finalement évité à la fédération de devoir se mouiller, en prenant elle-même la décision.

Mais reste une question. L'équipe d'Assouan mérite-t-elle sa place en D1 ? Car avec ses 21 défaites la saison dernière, l'unique représentant de la Haute-Egypte, a réalisé la pire performance de l'histoire du championnat égyptien. Assouan détient également la palme de la plus faible attaque, avec seulement 15 buts marqués, et compte aussi la défense la plus faible, avec 68 buts encaissés. Il reste à espérer qu'Assouan fera preuve cette saison d'autant de ténacité sur le terrain que devant les tribunaux.

Karim Farouk

Retour au sommaire
« Nous avons commis une faute grave »

Ahmad Chobeir, membre du conseil d'administration de la Fédération égyptienne, estime que le différend Tanta Assouan affectera longtemps la Fédération égyptienne de football.

Al-Ahram Hebdo : C'est finalement Assouan qui accède à la D1. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Ahmad Chobeir : La Fédération égyptienne de football croit en la justice de son pays. Assouan a été promu en D1 par la Haute Cour administrative. La décision est donc définitive. Mais vous savez, ce genre d'affaire n'est pas spécifique à l'Egypte. L'Italie, dont le championnat est l'un des meilleurs au monde, a connu le même genre d'histoire, au sujet d'une relégation de la D2 à la D3. Je ne nie pas pour autant que nous avons commis une grave faute.

— Que pensez-vous de ce différend entre Tanta et Assouan ?

— Je tiens d'abord à dire que ce qui s'est passé est vraiment honteux pour la Fédération égyptienne de football. Cette histoire l'entachera longtemps. C'est la première fois qu'un tel dysfonctionnement est révélé au grand jour. Le différend entre les deux équipes s'explique par le mauvais règlement du championnat qui a été appliqué sans avoir été au préalable suffisamment étudié. Il n'est pas logique que l'équipe la plus faible de première division du championnat reste en D1, et que deux autres équipes plus solides soient reléguées en D2 parce qu'elle n’appartient pas à des clubs de Haute-Egypte. Moqaouloun et Goldi ont aussi fait les frais de ce règlement. Elles sont désormais en D2, alors qu'elles étaient mieux classées qu'Assouan.

— Vous vous êtes pourtant opposés à l'adoption de ce règlement en conseil d’administration. Personne ne vous a écouté ?

— Oui, j'étais contre l'idée de réserver une place en D1 à une équipe de Haute-Egypte. J'ai averti l'année dernière que cela poserait un jour des problèmes, mais personne ne m'a cru. Aujourd'hui, tout ce que j'avais annoncé s'est réalisé.

— Pourquoi ne pas avoir accepté la proposition d'intégrer Tanta et Assouan en D1 ?

— Cette idée a été proposée parmi d'autres et a été refusée. On ne va quand même pas modifier l'organisation du championnat pour réparer une faute que nous avons commise.

— Certains ont également suggéré d’indemniser Tanta après la décision de la Haute Cour administrative ...

— Cette idée a aussi été rejetée. La décision de reléguer Tanta en D2 émane de la justice. Je ne vois pas pourquoi la fédération devrait en plus indemniser Tanta.

— Quelles mesures ont été prises pour éviter ce genre de problèmes à l'avenir ?

— Il a été décidé de créer un groupe de D2 réunissant uniquement des clubs de Haute-Egypte. Le premier d'entre eux accéderait ainsi automatiquement à la D1, pour ainsi garantir qu'une équipe de cette région soit présente dans le championnat. Mais je suis contre cette décision, car on tue le football égyptien. Ces clubs de Haute-Egypte ne fréquenteront que des équipes de faible niveau. Si l'une d'elles accède à la D1, elle redescendra aussitôt en D2, par manque d’expérience face aux grandes formations nationales. Ce n'est pas avec ce genre d'idée que le football égyptien avancera.

Propos recueillis par Amr Moheb 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631