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Football
. La Haute Cour administrative a finalement décidé samedi
de faire accéder Assouan à la première division (D1),
aux dépens de Tanta, qui devra réintégrer la D2. Une
affaire qui souligne les incohérences du réglement.
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La
justice arbitre le match Assouan-Tanta |
C'est
l'une des affaires les plus insolites du football égyptien.
A quelques jours du coup d'envoi du championnat national,
deux équipes de deuxième division (D2), Assouan et Tanta,
ont commencé à s'opposer devant les tribunaux. Un différend
qui porte sur la montée en première division de l'une
de ces deux formations. Mais la Haute Cour administrative
a finalement donné raison samedi à l'équipe d'Assouan,
qui restera donc en D1, aux dépens de Tanta, reléguée
en 2e division.
Le
conflit remonte à la fin de la saison dernière. Assouan,
alors classée dernière équipe du championnat, réussit
en juin dernier après sa victoire contre Sohag (4e de
la D2 et meilleure performance de Haute-Egypte de la
catégorie) lors d'un match de barrage, à maintenir sa
place en D1 pour la saison 2003/2004. L'équipe a en
fait bénéficié de certaines dispositions du réglement
de la Fédération égyptienne de football, qui veut qu'au
moins une équipe issue de Haute-Egypte soit présente
en D1. Tanta, à la 3e place des équipes de D2, se voit
privée de son droit d'accéder en D1. Alors qu'en principe,
les trois premiers clubs sa catégorie pouvaient intégrer
le championnat.
Ce
qui a conduit l'administration de Tanta à entamer une
action en justice. L'argument étant que le réglement
actuel s'oppose au principe d'égalité entre les différentes
région, principe qui a une valeur constitutionnelle.
Au début du mois d'août, Tanta obtient gain de cause.
Et, à la surprise générale, la Fédération égyptienne
n'a pas cherché à défendre le règlement qu'elle a pourtant
elle-même rédigé.
Une
décision qui a suscité une énorme vague de colère en
Haute-Egypte, et qui conduit le président du club d'Assouan,
Al-Chaféi Saleh, à porter l'affaire devant la Haute
Cour administrative. Il n'a pas manqué non plus d'exercer
des pressions sur le Parlement par l'intermédiaire des
députés de Haute-Egypte. « Nous devons respecter
les décisions de la justice. Si la Haute Cour administrative
décide qu'Assouan doit être promue en D1, nous nous
soumettrons à l'arrêt rendu », a immédiatement
déclaré Al-Dahchouri Harb, le président de la Fédération
égyptienne, pour couper court à ces manœuvres.
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Les
failles du réglement
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Mais
l'affaire Tanta-Assouan a surtout révélé l'incompétence
des responsables de la Fédération égyptienne de football.
Car c'est en raison d'un règlement à la logique douteuse
qu'elle est aujourd'hui sous le feu des critiques. Les
solutions proposées ont d'ailleurs semé davantage le
doute sur les capacités de ces dirigeants. Certains
ont en effet proposé que deux groupes de 18 équipes
disputent le championnat, tandis que la D1 actuelle
ne comprend que 14 équipes. Une idée qui a aussitôt
été rejetée par les clubs. « Les performances
des équipes montées en D1 ont été très mauvaises la
saison dernière. Si ces équipes sont plus nombreuses,
le niveau de la compétition chutera immanquablement.
Il faut au contraire restreindre le nombre des équipes
qui accèdent à la D1 », a déclaré de son côté
Kamal Darwich, président de Zamalek. Sans compter
que cette solution s'avère d'une mise en œuvre quasi
impossible puisqu'elle implique l'instauration d'une
nouvelle réglementation, et un bouleversement de calendrier.
Or, le début du championnat est prévu pour le 29 août.
D'autres
ont proposé qu'Assouan et Tanta soit toutes deux promues
en D1. Ce qui aurait fait du championnat égyptien le
seul du monde à compter un nombre impair d'équipes ... La
décision de la Haute Cour administrative a finalement
évité à la fédération de devoir se mouiller, en prenant
elle-même la décision.
Mais
reste une question. L'équipe d'Assouan mérite-t-elle
sa place en D1 ? Car avec ses 21 défaites la saison
dernière, l'unique représentant de la Haute-Egypte,
a réalisé la pire performance de l'histoire du championnat
égyptien. Assouan détient également la palme de la plus
faible attaque, avec seulement 15 buts marqués, et compte
aussi la défense la plus faible, avec 68 buts encaissés.
Il reste à espérer qu'Assouan fera preuve cette saison
d'autant de ténacité sur le terrain que devant les tribunaux. |
| Karim
Farouk |
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« Nous
avons commis une faute grave » |
| Ahmad
Chobeir, membre du conseil d'administration de la Fédération
égyptienne, estime que le différend Tanta Assouan affectera
longtemps la Fédération égyptienne de football. |
Al-Ahram
Hebdo : C'est finalement Assouan qui accède
à la D1. Quel est votre sentiment à ce sujet ?
Ahmad
Chobeir : La Fédération égyptienne de football
croit en la justice de son pays. Assouan a été promu
en D1 par la Haute Cour administrative. La décision
est donc définitive. Mais vous savez, ce genre d'affaire
n'est pas spécifique à l'Egypte. L'Italie, dont le championnat
est l'un des meilleurs au monde, a connu le même genre
d'histoire, au sujet d'une relégation de la D2 à la
D3. Je ne nie pas pour autant que nous avons commis
une grave faute.
— Que
pensez-vous de ce différend entre Tanta et Assouan ?
— Je
tiens d'abord à dire que ce qui s'est passé est vraiment
honteux pour la Fédération égyptienne de football. Cette
histoire l'entachera longtemps. C'est la première fois
qu'un tel dysfonctionnement est révélé au grand jour.
Le différend entre les deux équipes s'explique par le
mauvais règlement du championnat qui a été appliqué
sans avoir été au préalable suffisamment étudié. Il
n'est pas logique que l'équipe la plus faible de première
division du championnat reste en D1, et que deux autres
équipes plus solides soient reléguées en D2 parce qu'elle
n’appartient pas à des clubs de Haute-Egypte. Moqaouloun
et Goldi ont aussi fait les frais de ce règlement.
Elles sont désormais en D2, alors qu'elles étaient mieux
classées qu'Assouan.
— Vous
vous êtes pourtant opposés à l'adoption de ce règlement
en conseil d’administration. Personne ne vous a écouté ?
— Oui,
j'étais contre l'idée de réserver une place en D1 à
une équipe de Haute-Egypte. J'ai averti l'année dernière
que cela poserait un jour des problèmes, mais personne
ne m'a cru. Aujourd'hui, tout ce que j'avais annoncé
s'est réalisé.
— Pourquoi
ne pas avoir accepté la proposition d'intégrer Tanta
et Assouan en D1 ?
— Cette
idée a été proposée parmi d'autres et a été refusée.
On ne va quand même pas modifier l'organisation du championnat
pour réparer une faute que nous avons commise.
— Certains
ont également suggéré d’indemniser Tanta après
la décision de la Haute Cour administrative ...
— Cette
idée a aussi été rejetée. La décision de reléguer Tanta
en D2 émane de la justice. Je ne vois pas pourquoi la
fédération devrait en plus indemniser Tanta.
— Quelles
mesures ont été prises pour éviter ce genre de problèmes
à l'avenir ?
— Il
a été décidé de créer un groupe de D2 réunissant uniquement
des clubs de Haute-Egypte. Le premier d'entre eux accéderait
ainsi automatiquement à la D1, pour ainsi garantir qu'une
équipe de cette région soit présente dans le championnat.
Mais je suis contre cette décision, car on tue le football
égyptien. Ces clubs de Haute-Egypte ne fréquenteront
que des équipes de faible niveau. Si l'une d'elles accède
à la D1, elle redescendra aussitôt en D2, par manque
d’expérience face aux grandes formations nationales.
Ce n'est pas avec ce genre d'idée que le football égyptien
avancera.
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Propos
recueillis par Amr Moheb |
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