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Parlement
. La récente décision de la Haute Cour constitutionnelle invalidant
l'élection de 22 députés n'ayant pas accompli le service militaire
a relancé les rumeurs sur une éventuelle dissolution de l'Assemblée.
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Une
nouvelle crise de légitimité
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| L'Assemblée
du peuple sera-t-elle dissoute prochainement ? La
question a resurgi brutalement sur la scène politique après
la récente décision de la Haute Cour constitutionnelle mettant
en cause la validité d'élection de 22 députés appartenant
pour la plupart au PND.
La
Cour avait estimé dans un jugement, le 17 août, que tout candidat
aux élections parlementaires doit avoir accompli son service
militaire ou en avoir été dispensé. Or, les 22 députés en
question n'ont pas accompli leur service et n'en ont pas été
dispensés. La décision de la Cour intervient au moment où
l'Assemblée du peuple fait face à une série de jugements sans
précédant invalidant l'élection d'un grand nombre de députés.
5 000 recours ont été présentés, depuis le début de la
législature en 2000, contre la validité des élections législatives
d'octobre et novembre 2000 dont un grand nombre n'est pas
encore tranché. Certains de ces recours se rapportent à l'accomplissement
du service militaire, aux erreurs dans les listes électorales,
à la falsification des procédures électorales, ainsi qu'au
changement de catégories (de cadre à ouvrier et inversement)
ou de circonscriptions (comme ce fut le cas du ministre de
la Production militaire, Sayed Machaal, et du député du PND,
Abdel-Aziz Moustapha). D'autres recours ont été engagés contre
les députés qui disposent de la double nationalité. Quatre
députés ayant ce statut avaient remporté les élections :
Youssef Boutros-Ghali, le ministre du Commerce extérieur (nationalité
égyptienne et française), le PND Mohamad Saleh, (égyptienne
et allemande), le PND Talaat Motawie, (égyptienne et américaine),
et l'indépendant, célèbre homme d'affaires, Rami Lakah, (égyptienne
et française). Ces deux derniers ont dû quitter le Parlement
en 2001.
Cette
situation a relancé les rumeurs sur la dissolution du Parlement.
Mais des responsables à l'Assemblée affirment que cette hypothèse
n'est pas fondée. L'Assemblée du peuple fera donc de son mieux
pour ne pas perdre les 22 députés concernés par la décision
de la Haute Cour constitutionnelle. « Chaque cas sera
étudié à part dans une séance spéciale afin d'éviter de perdre
un nombre aussi important. Je pense que la décision de la
Haute Cour est applicable à 9 députés seulement des 22 dont
le nom a été évoqué. Ils seront démis de leur mandat au début
de la prochaine session à l'issue d'un vote où une majorité
des deux tiers est requise », souligne Ibrahim Al-Gogari,
sous-secrétaire de la commission des lois. Et d'affirmer que
l'Assemblée du peuple est la seule institution autorisée à
trancher la question de l'invalidité des élections des députés
comme le stipule l'article 93 de la Constitution. « Les
dirigeants du PND adoptent d'habitude des mesures sévères
à l'encontre de tout député contrevenant. Les députés en question
seront certainement renvoyés du parti. Cela empêchera les
futurs candidats de contourner les lois aux prochaines élections »,
affirme Al-Gogari.
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Le PND
en cause
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« C'est
la deuxième fois dans l'histoire parlementaire qu'on assiste
à un aussi grand nombre de recours contre la validité des
élections. Où sont donc les enquêtes censées être menées par
la sécurité de l'Etat sur les candidats aux élections ?
Seuls les députés de l'opposition et les indépendants surtout
ceux de tendance islamiste qui en font l'objet »,
rétorque Al-Badri Farghali, du parti du Rassemblement. Il
rappelle les scandales des députés des crédits, ceux impliqués
dans des affaires de drogue ainsi que le député « voyou »
de la législature précédente sont tous du PND. « L'image
du Parlement est déformée à cause des mauvais choix du PND
ainsi que des moyens détournés auxquels ce dernier a recours
pour remporter la majorité des sièges », révèle Al-Badri.
En
effet, ce n'est pas la première fois que la légitimité du
Parlement est remise en cause. Il a été dissout deux fois
en 1983 et 1990 suite à un référendum populaire. Pourtant,
Mohamad Moussa, président de la commission des lois, rejette
strictement l'idée de la dissolution. « Le Parlement
ne sera jamais dissout », assure Moussa, « 90 %
de ces recours ne sont fondés sur aucun document officiel.
A chaque nouvelle législature, le Parlement fait face à ce
genre de problèmes. Après les élections de 1995, 950 recours
avaient été présentés. Cela est dû au fait que si l’invalidité
d’un député est prouvée par la Cour de cassation, la personne
lésée ayant présenté le recours est en droit de percevoir
une indemnité variant entre 50 000 et 100 000 L.E.
Pourquoi donc perdre une telle occasion ? ».
Moussa renchérit que remercier une vingtaine de députés sur
un total de 454 présents au Parlement ne nécessite pas sa
dissolution.
Pour
sa part, l'indépendant Aymane Nour estime que l'idée de dissolution
devrait être envisagée par le PND. « Une dissolution
de l'Assemblée du peuple serait dans l'intérêt du parti, puisqu'elle
permettra en premier lieu de réduire le nombre des indépendants,
de mieux contrôler l'œuvre de la majorité et de renouveler
son image après les affaires de corruption dans lesquelles
certains de ses membres ont été impliqués ainsi que l'invalidation
des élections d'autres », affirme Nour, en assurant
toutefois que cette dissolution, si elle a lieu, ne se fera
pas sans difficulté puisque les élections partielles du Conseil
consultatif sont programmées pour 2004. « En 2000,
les candidats avaient dépensé plus de 3 milliards de L.E.,
sans compter les 4 milliards destinées à la rémunération des
juges chargés du contrôle du scrutin », estime Aymane
Nour.
Pour
le néo-Wafdiste Mahmoud Al-Chazli, cette décision dépend
du chef de l'Etat. « Si le président avait trouvé
que le Parlement devait être dissout après la première session,
pourquoi ne l'aurait-il pas fait avant que la quatrième session
parlementaire ne commence ? La dissolution de l'Assemblée
du peuple aurait entraîné l'annulation de toutes les lois
et les décisions prises au cours de cette période »,
conclut Al-Chazli, en affirmant que le président avait déjà
écarté l'idée d'une dissolution du Parlement en 2001.
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Héba
Nasreddine |
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