| « Les
subterfuges des sociétés étrangères », « L’Intifada
des monstres du médicament ! », « La
course aux prix entre les sociétés de médicaments »,
ou encore « L'anarchie du marché des médicaments » ...
C'est ainsi que la presse égyptienne a exprimé cette
semaine le conflit qui oppose le gouvernement et les
sociétés pharmaceutiques étrangères, au sujet des prix
des médicaments.
De
quoi s'agit-il ? Les sociétés étrangères tentent
de faire pression sur le gouvernement pour qu'il les
autorise à augmenter leurs prix. Il s'agit de réaliser
des milliards de dollars de profits « sans prendre
en compte l'état du malade qui ne peut souvent que se
résigner et acheter le médicament étranger qui coûte
jusqu'à 600 L.E. Car toutes les tentatives des sociétés
égyptiennes et du ministère de la Santé pour produire
les mêmes médicaments à des prix inférieurs ont échoué
en raison de la guerre acharnée menée par la mafia des
sociétés étrangères », déplore Ahmad Farghali
dans Al-Ahram Al-Arabi.
De
son côté, le président du syndicat des pharmaciens,
Dr Zakariya Gad, a déclaré dans Rose Al-Youssef
que « les sociétés pharmaceutiques font pression
et terrorisent le gouvernement en annonçant la fermeture
des usines pour cause de pertes. Or, ceci n'est pas
vrai. Mais par contre, ils peuvent ainsi échapper aux
impôts. Les sociétés présentent parfois de faux budgets
prétendant des pertes, alors qu'ils réalisent d'importants
bénéfices ».
Mais
le quotidien Al-Akhbar rappelle que derrière
le conflit entre les sociétés et le gouvernement, c'est
bien « le pauvre malade qui est la première
victime de cette bataille. Tous les jours, il est surpris
par la disparition d'un nouveau médicament qui peut
être pour lui question de vie ou de mort ».
Dans
ce contexte, Mohamad Gamaleddine défend le malade en
affirmant dans le quotidien Al-Ahram que « le
médicament est le seul produit dont il est impossible
de se passer, surtout pour les maladies chroniques.
L'ordonnance constitue maintenant un très lourd fardeau
pour le budget d'une famille ». Sayed Saleh
souligne aussi dans Al-Ahram que ce sont « les
pauvres qui payent le prix ».
« S'agit-il
d'une politique de monopole ? Les sociétés se préparent-elles
au Gatt ? Je pense que l'intérêt de l'Egypte et
des multinationales vont de pair. Nous devons chercher
des solutions nouvelles », conclut Mohamad
Al-Abadi, médecin, dans Al-Ahram Al-Arabi.
L'hebdomadaire
Al-Ahali (tendance nassérienne), estime pour
sa part que « l'une des causes principales de
la crise du médicament est l'augmentation incessante
des devises étrangères ». Abdel-Qader Choheib
écrit dans le magazine Al-Moussawar que « l'étrange
torrent des déclarations officielles concernant la fixation
des prix et parfois même sa baisse prouve que ces responsables
nous traitent comme si nous étions sans mémoire. Ce
qui est certain, c'est que toutes ces promesses signifient
qu'ils n'ont rien d'autres à nous donner face à ces
prix exorbitants. Ces promesses ne nous rassurent pas,
et ne font en fait qu'alourdir nos malheurs ». |