Ce
gouvernement de transition est le fruit d'un accord de paix
global signé le 18 août par le gouvernement de Monrovia
et les deux mouvements rebelles, le Model et le Lurd. Depuis
sa signature, la tension est très nettement retombée dans
la capitale Monrovia, dont quelque 450 000 déplacés
ayant dû fuir leur domicile en raison des violents combats,
commençaient à retrouver leur logement.
Le
plus grande préoccupation dans la ville, coupée de tout
approvisionnement durant près d'un mois, reste toutefois
la nourriture, d'autant plus difficile à se procurer que
les prix avaient décuplé durant les combats. Sans parler
des pillages généralisés qui ont laissé des milliers de
personnes dans le dénuement le plus complet.
Le
PAM (Programme Alimentaire Mondial des Nations-Unies) qui,
comme toutes les agences onusiennes, avait évacué tout son
personnel étranger en raison des combats à Monrovia, a repris
ses distributions de vivres le 15 août dernier, dès que
les rebelles du Lurd se sont retirés du port de Monrovia
pour le remettre à la force de paix ouest-africaine.
Une
équipe d'experts des Nations-Unies a commencé vendredi ses
inspections pour évaluer les besoins du pays, où l'aide
humanitaire continuait de se mobiliser. Ces experts rédigeront
un rapport qui sera transmis au Conseil de sécurité de l'Onu
le mois prochain.
Mais
les agences de l'Onu continuent d'exprimer leur inquiétude
au sujet de la sécurité de leur personnel, dont elles font
une priorité avant la distribution d'aide. En effet, ces
agences qui sont désormais toutes opérationnelles dans la
capitale malgré les pillages subis, n'ont encore aucune
idée de la situation dans le reste du pays, dont les 4/5
du territoire est toujours aux mains des rebelles. Chaque
déplacement hors de Monrovia nécessite des négociations
avec les maîtres des lieux, sans aucune garantie que la
parole donnée par les officiers sera tenue sur le terrain.
« Ce
qui est important désormais, c'est le déploiement en nombre
suffisant de troupes efficaces », souligne le coordinateur
de l'aide humanitaire d'urgence, Ross Mountain. « Nous
ne prendrons pas le risque de perdre les stocks et d'exposer
vainement les personnels », a renchéri le porte-parole
régional du PAM, Ramin Rafirasme.
L'effectif
de la force de paix ouest-africaine au Liberia, l'Ecomil,
est actuellement de moins d'un millier, contre 3 à 5 000
annoncés à terme. Ce petit nombre ne pouvant se montrer
partout, il est surtout déployé sur l'aéroport et dans le
port de Monrovia. En dehors de la capitale, la population
subit toujours la loi arbitraire des miliciens.