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Palestine
. Inquiète de l'escalade de la violence, l'Autorité palestinienne
tente de contenir la détérioration de la situation, alors
que l'Etat hébreu poursuit ses assassinats d'activistes.
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Israël
ignore les efforts d'Arafat |
| Tel-Aviv
est intraitable. Dimanche, lors d'une réunion de hauts responsables
militaires, il a été décidé de poursuivre ou même d'intensifier
si nécessaire les frappes ponctuelles et autres opérations
militaires contre des activistes palestiniens dans la bande
de Gaza et en Cisjordanie. Au cours de la réunion, le ministre
de la Défense, Shaoul Mofaz, a estimé que les mesures que
l'Autorité palestinienne a prises contre des groupes armés
étaient de pure forme. Il a une fois de plus rejeté sur le
président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, la responsabilité
de l'escalade de la violence l'accusant d'encourager en sous-main
le terrorisme.
Le
même soir, deux activistes des Brigades Ezzeddine Al-Qassam,
la branche armée du mouvement radical islamiste Hamas
et deux autres Palestiniens, ont été éliminés à Gaza lors
d’un raid d'hélicoptères israéliens.
Ces
nouvelles morts portent à 3 430 le nombre de personnes
tuées depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, dont
2 571 Palestiniens et 798 Israéliens.
Ce
raid — le premier depuis que le Hamas et le Djihad
islamique ont annoncé vendredi la rupture de la trêve unilatérale
proclamée fin juin par les groupes armés palestiniens —
a été lancé quelques heures après que l'Autorité palestinienne
eut donné l'ordre d'interdire toute action hostile visant
Israël à partir de la bande de Gaza.
Dimanche,
l'Autorité palestinienne a fait murer des tunnels servant
à la contrebande d'armes entre l'Egypte et la bande de Gaza.
L'Autorité palestinienne a annoncé avoir pris cette mesure
conformément à son engagement de désarmer ces groupes, auquel
elle a souscrit en acceptant la « feuille de route »,
un plan de paix international. « L'important, c'est
que pour la première fois les forces de sécurité s'emploient
ainsi à faire respecter la loi et l'ordre public, comme notre
gouvernement s'y était engagé », a déclaré Elias
Zananiri, porte-parole du ministre palestinien préposé à la
sécurité, Mohamad Dahlane.
Toutefois,
les responsables israéliens ont réagi avec scepticisme et
de nouveau réclamé des Palestiniens qu'ils s'attaquent pour
de bon aux mouvements radicaux. Le chef d'état-major israélien,
Moshé Yaalon, a pris acte de la fermeture des tunnels par
les services de sécurité palestiniens, mais jugé que cette
action était insuffisante.
Il
a laissé ainsi planer la menace de nouvelles « opérations
de liquidation » dans la bande de Gaza. D'autre part,
Israël a rejeté dimanche une proposition formulée la veille
par le gouvernement palestinien pour un nouveau cessez-le-feu,
la jugeant « peu sérieuse ». Le gouvernement
palestinien avait formulé samedi une proposition de cessez-le-feu
mutuel après que les mouvements islamistes palestiniens eurent
mis fin à une trêve unilatérale des attaques contre Israël
suite à la mort d'Abou-Chanab.
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Appels
à la rescousse
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Autre
mesure entreprise par les Palestiniens pour contrôler la
situation, le président palestinien Yasser Arafat a nommé
lundi l'ancien chef de la Sécurité préventive en Cisjordanie,
Jibril Rajoub, comme conseiller aux affaires de sécurité
pour l'aider à restructurer les services de police et coordonner
les relations entre l’Autorité et le Quartette. Jibril Rajoub
est un proche de Yasser Arafat, qui lutte actuellement contre
son premier ministre, Mahmoud Abbass, pour conserver la
mainmise sur l'ensemble des services de sécurité palestiniens.
D'autre
part, les leaders palestiniens ont demandé dimanche l'aide
de l'Europe, pour sauver un processus de paix mis à mal
par une nouvelle poussée de violence et la rupture de la
trêve annoncée par les groupes armés radicaux. Le président
de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a souhaité samedi
que l'Europe fasse « davantage d'efforts »
pour appliquer la « feuille de route »,
lors d'un entretien téléphonique avec le chef de la diplomatie
britannique Jack Straw. Arafat a réclamé par la même occasion
« l'envoi d'observateurs européens » pour
veiller à l'application de ce plan, pour l'heure gelé, a
indiqué une source officielle palestinienne. Le dirigeant
palestinien a eu également un entretien téléphonique avec
le Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique
étrangère, Javier Solana, sur la dégradation de la situation
dans la région.
Même
si elle fait partie du « Quartette » (avec
les Etats-Unis, la Russie et l'Onu, qui tentent de négocier
la paix au Proche-Orient), l'Europe s'est récemment retrouvée
jouer un rôle en retrait, dans des discussions de paix où
Washington était prédominant. Israël souhaite aussi tenir
l'Europe à distance. Néanmoins, ce sont les Etats-Unis,
qui aujourd'hui sollicitent l'aide européenne, pour servir
d'intermédiaire avec Yasser Arafat, qu'ils ont pourtant
frappé d'ostracisme quatorze mois durant, mais qui contrôle
encore la majorité des forces de sécurité nécessaires pour
s'attaquer aux groupes armés.
De
son côté, le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a appelé
dimanche les Etats-Unis et la communauté internationale
à faire pression sur Israël pour qu'il mette fin à ses « actes
terroristes » contre les Palestiniens, a indiqué
cette instance dans un communiqué. Le communiqué rend l'Etat
hébreu « entièrement responsable » de la
récente escalade des violences en raison de « sa
politique agressive, son non respect des accords conclus
et ses tentatives de se désengager de la feuille de route ».
Quant
à l'Egypte, elle a dépêché vendredi le conseiller politique
du président égyptien Hosni Moubarak, Ossama Al-Baz, à Ramallah
(Cisjordanie) et à Tel-Aviv pour tenter de susciter une
nouvelle trêve, après l'annonce de la fin de la suspension
des attaques par les groupes radicaux palestiniens. Ossama
Al-Baz avait lancé l'idée d'une nouvelle trêve israélo-palestinienne,
dans laquelle, cette fois-ci, les deux parties seraient
impliquées. Toutefois, Abdelaziz Al-Rantissi, un haut responsable
du Hamas, a déclaré pour sa part que cette question
n'était pas d'actualité.
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| Rania
Adel |
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