Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

 

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Palestine . Inquiète de l'escalade de la violence, l'Autorité palestinienne tente de contenir la détérioration de la situation, alors que l'Etat hébreu poursuit ses assassinats d'activistes.
Israël ignore les efforts d'Arafat

Tel-Aviv est intraitable. Dimanche, lors d'une réunion de hauts responsables militaires, il a été décidé de poursuivre ou même d'intensifier si nécessaire les frappes ponctuelles et autres opérations militaires contre des activistes palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Au cours de la réunion, le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz, a estimé que les mesures que l'Autorité palestinienne a prises contre des groupes armés étaient de pure forme. Il a une fois de plus rejeté sur le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, la responsabilité de l'escalade de la violence l'accusant d'encourager en sous-main le terrorisme.

Le même soir, deux activistes des Brigades Ezzeddine Al-Qassam, la branche armée du mouvement radical islamiste Hamas et deux autres Palestiniens, ont été éliminés à Gaza lors d’un raid d'hélicoptères israéliens.

Ces nouvelles morts portent à 3 430 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, dont 2 571 Palestiniens et 798 Israéliens.

Ce raid — le premier depuis que le Hamas et le Djihad islamique ont annoncé vendredi la rupture de la trêve unilatérale proclamée fin juin par les groupes armés palestiniens — a été lancé quelques heures après que l'Autorité palestinienne eut donné l'ordre d'interdire toute action hostile visant Israël à partir de la bande de Gaza.

Dimanche, l'Autorité palestinienne a fait murer des tunnels servant à la contrebande d'armes entre l'Egypte et la bande de Gaza. L'Autorité palestinienne a annoncé avoir pris cette mesure conformément à son engagement de désarmer ces groupes, auquel elle a souscrit en acceptant la « feuille de route », un plan de paix international. « L'important, c'est que pour la première fois les forces de sécurité s'emploient ainsi à faire respecter la loi et l'ordre public, comme notre gouvernement s'y était engagé », a déclaré Elias Zananiri, porte-parole du ministre palestinien préposé à la sécurité, Mohamad Dahlane.

Toutefois, les responsables israéliens ont réagi avec scepticisme et de nouveau réclamé des Palestiniens qu'ils s'attaquent pour de bon aux mouvements radicaux. Le chef d'état-major israélien, Moshé Yaalon, a pris acte de la fermeture des tunnels par les services de sécurité palestiniens, mais jugé que cette action était insuffisante.

Il a laissé ainsi planer la menace de nouvelles « opérations de liquidation » dans la bande de Gaza. D'autre part, Israël a rejeté dimanche une proposition formulée la veille par le gouvernement palestinien pour un nouveau cessez-le-feu, la jugeant « peu sérieuse ». Le gouvernement palestinien avait formulé samedi une proposition de cessez-le-feu mutuel après que les mouvements islamistes palestiniens eurent mis fin à une trêve unilatérale des attaques contre Israël suite à la mort d'Abou-Chanab.


Appels à la rescousse

Autre mesure entreprise par les Palestiniens pour contrôler la situation, le président palestinien Yasser Arafat a nommé lundi l'ancien chef de la Sécurité préventive en Cisjordanie, Jibril Rajoub, comme conseiller aux affaires de sécurité pour l'aider à restructurer les services de police et coordonner les relations entre l’Autorité et le Quartette. Jibril Rajoub est un proche de Yasser Arafat, qui lutte actuellement contre son premier ministre, Mahmoud Abbass, pour conserver la mainmise sur l'ensemble des services de sécurité palestiniens.

D'autre part, les leaders palestiniens ont demandé dimanche l'aide de l'Europe, pour sauver un processus de paix mis à mal par une nouvelle poussée de violence et la rupture de la trêve annoncée par les groupes armés radicaux. Le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a souhaité samedi que l'Europe fasse « davantage d'efforts » pour appliquer la « feuille de route », lors d'un entretien téléphonique avec le chef de la diplomatie britannique Jack Straw. Arafat a réclamé par la même occasion « l'envoi d'observateurs européens » pour veiller à l'application de ce plan, pour l'heure gelé, a indiqué une source officielle palestinienne. Le dirigeant palestinien a eu également un entretien téléphonique avec le Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, sur la dégradation de la situation dans la région.

Même si elle fait partie du « Quartette » (avec les Etats-Unis, la Russie et l'Onu, qui tentent de négocier la paix au Proche-Orient), l'Europe s'est récemment retrouvée jouer un rôle en retrait, dans des discussions de paix où Washington était prédominant. Israël souhaite aussi tenir l'Europe à distance. Néanmoins, ce sont les Etats-Unis, qui aujourd'hui sollicitent l'aide européenne, pour servir d'intermédiaire avec Yasser Arafat, qu'ils ont pourtant frappé d'ostracisme quatorze mois durant, mais qui contrôle encore la majorité des forces de sécurité nécessaires pour s'attaquer aux groupes armés.

De son côté, le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a appelé dimanche les Etats-Unis et la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu'il mette fin à ses « actes terroristes » contre les Palestiniens, a indiqué cette instance dans un communiqué. Le communiqué rend l'Etat hébreu « entièrement responsable » de la récente escalade des violences en raison de « sa politique agressive, son non respect des accords conclus et ses tentatives de se désengager de la feuille de route ».

Quant à l'Egypte, elle a dépêché vendredi le conseiller politique du président égyptien Hosni Moubarak, Ossama Al-Baz, à Ramallah (Cisjordanie) et à Tel-Aviv pour tenter de susciter une nouvelle trêve, après l'annonce de la fin de la suspension des attaques par les groupes radicaux palestiniens. Ossama Al-Baz avait lancé l'idée d'une nouvelle trêve israélo-palestinienne, dans laquelle, cette fois-ci, les deux parties seraient impliquées. Toutefois, Abdelaziz Al-Rantissi, un haut responsable du Hamas, a déclaré pour sa part que cette question n'était pas d'actualité.

Rania Adel

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631