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Hommage . L'actrice égyptienne Amina Rizq s'est éteinte dimanche dernier, après plus de 80 ans de carrière.
Mourir sur scène

Peu de temps avant qu'elle ne soit hospitalisée en raison d'une infection respiratoire, Amina Rizq interprétait son dernier rôle sur scène, à savoir celui de la femme de Bahader, l'ancien inspecteur du train, dans Ya talea al-chagara (Ô toi qui grimpe l'arbre !), une pièce de Tewfiq Al-Hakim, mise en scène par Saad Ardache sur les planches du théâtre Al-Talia. A l'âge de 93 ans, dans sa djellaba verte, cette grande dame du théâtre surprenait son public de par sa mémoire infaillible. Ses jambes ne pouvant plus la porter tout au long de la pièce, elle était sur une chaise roulante la plupart du temps. Cependant, rien n'altérait le jeu d'une comédienne si rodée et passionnée, qui passe du comique au tragique, avec la dextérité d'une fée.

Actrice de théâtre depuis l'âge de 12 ans, Amina Rizq avait joué notamment depuis les années 1920 avec la fameuse troupe Ali Al-Kassar, puis avec la troupe Ramsès, fondée en 1924 par le doyen du théâtre arabe, Youssef Wahbi. Plus tard, elle a tourné dans pas moins de 100 films.

Dans le dernier docu-fiction de Marianne Khouri sur Les passionnées du cinéma, Amina Rizq racontait comment elle a fait la rencontre de Youssef Wahbi, après avoir quitté sa ville natale, Tanta, et être venue s'installer au Caire après la mort de son père.

Avec sa jeune tante, également comédienne, Amina Mohamad, elles ont décidé de se rendre au théâtre pour voir leur idole, Youssef Wahbi, en chair et en os. Ce dernier, très strict en ce qui concerne les visites, les réprimande d'abord, ensuite accepte de les engager en tant qu'actrices, admirant leur audace. Ainsi, elle deviendra rapidement une des vedettes des réalisations tant théâtrales que cinématographiques de Youssef Wahbi. Pour longtemps, elle va exceller dans le rôle de la mère, en dépit de sa jeunesse. Parfois même, son fils sur écran avait le double de son âge en réalité. Mais c'était le prix à payer quand on est l'une des reines couronnées du tragique. Plus tard, elle déchaîne les rires, en jouant dans des pièces comiques comme celle de Enaha haqqan aëla mohtarama (C'est réellement une famille respectueuse) devant Fouad Al-Mohandess dans le rôle de la belle-mère.

Le centre des arts Al-Hanaguer avait rendu hommage l'an dernier à son talent, en particulier pour son rôle dans le film Doaa Al-Karawan (Le Chant du Karawan), basé sur un roman de l'Egyptien Taha Hussein.

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