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Athlétisme . L'Afrique est très attendue aux Championnats du monde d'athlétisme qui se déroulent du 23 au 31 août à Paris, après les 24 médailles obtenues par les athlètes africains lors du dernier Mondial, à Edmonton en 2001. Présentation.
L'Afrique sur tous les fronts

Après le grand succès de la Coupe du monde de football en 1998, la capitale française accueille, du 23 au 31 août, le 3e plus grand événement sportif du monde après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. Il s'agit des 9es Championnats du monde d'athlétisme qui se dérouleront au stade de France et à Saint-Denis. La capitale française tout entière vivra au rythme de l’événement, car 5 épreuves seront disputées dans les rues de Paris.

Une édition qui promet d'être de bon niveau. Avec la participation de 1 902 athlètes représentant 203 pays, ces Mondiaux sont ainsi les plus importants jamais organisés en terme de participation. La compétition sera féroce entre les grandes nations sportives, dont le continent africain fait partie intégrante.

Après ses excellents résultats au cours des derniers Championnats du monde à Edmonton (Canada) en août 2001, l'Afrique est très attendue pour cette nouvelle édition. A Edmonton, où les athlètes africains avaient remporté 24 médailles, dont 10 en or, c'est le Kenya qui avait réalisé l'exploit le plus éclatant. Pour la première fois de l'histoire des Championnats du monde, un pays africain figurait à la 3e place du tableau final des médaillés. Avec 7 médailles, dont 3 en or, 3 en argent et une en bronze, le Kenya a terminé juste derrière les Etats-Unis et la Russie, devançant les grandes nations de la discipline, notamment l'Allemagne et Cuba.

Ainsi, le monde sportif aura les yeux rivés sur les athlètes kényans, malgré quelques défections. L'effectif kényan souffre non seulement du départ de Stephen Cherono pour le Qatar (voir encadré), mais aussi de l'absence de Sammy Kipketer (5 000 m), Cornelius Chirchir (1 500 m), William Chirchir (1 500 m), qui n'ont pas réussi à se qualifier. Le champion olympique du 1 500 m, Noah Ngeny, sera lui aussi absent à cause d'une blessure, tout comme Wilferd Bungel, médaillé d'argent aux Mondiaux d'Edmonton au 800 m.

Mais les 33 athlètes kényans représentent malgré tout de grandes chances pour l'Afrique dans ce Mondial. Si l'or du 3 000 m steeple échappera probablement au Kenya, le pays peut encore rafler le haut du podium dans d’autres épreuves. Le champion du monde du 10 000 m, Charles Kamathi, est le favori de la distance, surtout après avoir réalisé un excellent temps, 27:29:12, le 20 juillet à Pontevedra (Espagne). Tout comme le marathonien Michael Rotich, qui possède la meilleure performance de la saison, 2:06:33, réalisée lors du marathon de Paris en avril dernier. Toujours dans la même distance, Catherine Ndereba, qui détient la 2e meilleure performance de tous les temps avec 2:19:55, essayera de s'imposer à Paris. Mais elle devra faire avec la concurrence sévère de la Japonaise Mizuki Noguchhhi (2:21:18).

Le vice-champion du monde en 1 500 m, le Kényan Bernard Lagat, doit, lui, tenter de conserver sa médaille d'argent. Tandis qu'en 5 000 m, le Kenya est en bonne position, avec dans ses rangs les 5e et 6e temps de la saison, à savoir Eluid Kipcoge et Abraham Chebii. Ce dernier est d'ailleurs l'un des favoris pour le podium après sa victoire à Rome le 11 juillet dernier, devant les Ethiopiens Kenenisa Bekele et Haile Gebreselassie.


Fin de l'ère Gebreselassie

L'Ethiopie, qui a terminé en deuxième position des pays africains à Edmonton (6e au classement général avec 8 médailles, dont 2 en or), comptera dans ses rangs le champion du monde et champion olympique du marathon, Geahegne Abera, qui n'a pas l'intention de laisser cette épreuve lui échapper. Aux côtés de son épouse, Elfenesh Alemu, il compte bien faire du marathon une affaire privée.

Au 10 000 m, la domination incontestée de l'Ethiopien Hailé Gebreselassie semble prendre fin. Après une première alerte en 2001, où il s'est contenté d'une troisième place, le double champion olympique et quadruple champion du monde semble définitivement vaincu par l'âge, et dépassé par la concurrence, en particulier celle de son jeune compatriote, Kenenisa Bekele, qui a réalisé la meilleure performance de la saison (26:53.20). Mais aussi celle du champion du monde en titre, le Kényan Charles Kamathi.

Les couleurs du Maroc, elles, sont portées haut et fort par le triple champion du monde du 1 500 m, Hicham El Guerrouj, et la double championne du monde du 400 m haies, Nezha Bidouane. El Guerrouj, détenteur du record du monde du 1 500 m, a confirmé sa décision de tenter le doublé 1 500 m - 5 000 m à Paris/Saint-Denis en dépit d'une douleur au dos. « Je maintiens ma promesse de réaliser le doublé à Paris. Mon but est de gagner un 4e titre en 1 500 m et ensuite de faire le 5 000 m », a déclaré le Marocain. Le 5 000 m est prévu le 28 août, le lendemain de la finale du 1 500 m, mais cela ne trouble pas l'athlète marocain, âgé de 28 ans. « Je suis un athlète de caractère, comme tous mes adversaires le savent. Le seul adversaire que je redoute vraiment, c'est le 5 000 en lui-même. Je connais le 1 500 m par cœur, mais pour moi le 5 000 m est un saut dans l'inconnu », ajoute-t-il.

Composée de 27 athlètes, dont 8 femmes, l'équipe du Maroc voit aussi le retour de Salah Hissou, champion du monde du 5 000 m à Séville (1999), et de Khalid Skah, ancien champion olympique du 10 000 m reconverti en marathonien.


Retour d'Ali Saïdi-Sief

Le coureur algérien Ali Saïdi-Sief, spécialiste du 5 000 m, a été autorisé par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) à participer aux Championnats du monde. Contrôlé positif à la nandrolone le jour de la finale du 5 000 m aux Mondiaux 2001, il a été suspendu pendant 2 ans, période qui s’est terminée le 17 août. Sa présence offrira à l'Algérie une grande chance de médaille.

D'autres nations africaines sont attendues à Paris. Le Mozambique notamment, avec l'actuelle championne du monde du 800 m, Maria Mutola, qui songe à s'attaquer à Paris au record du monde de la Tchèque Jarmila Kratochvilova, qui a désormais 20 ans (1 min 53 sec 28/100e). « C'est un record difficile à battre. Avant, quand je courrais en 1 min 56 sec, je le trouvais inaccessible, mais maintenant, il se rapproche », déclare Mutola. L'Afrique du Sud sera notamment représentée par Hestrie Cloete, championne du monde en saut en hauteur, difficile à battre.

Ainsi, malgré quelques absents africains, le continent noir a de bonnes chances de s'affirmer une nouvelle fois sur la scène sportive internationale comme un géant de l'athlétisme.

Doaa Badr

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Profil bas pour l'Egypte

Hatem Mersal en saut en longueur et Marwa Hussein en lancer de marteau constituent à eux seuls la maigre délégation égyptienne aux Championnats du monde de Paris/Saint-Denis. A l'heure où l'Afrique apparaît comme le géant montant de l'athlétisme, le pays, qui compte pourtant environ 67 millions d’habitants, ne possède aucun athlète d'un niveau international.

Le sauteur en longueur, Hatem Mersal, est le seul athlète qui soit parvenu à un véritable niveau international. En 1999, il réalisait la 5e performance de l'année en réalisant 8,31 m lors du meeting d'Oslo. En 1999, Hatem avait ainsi remporté plusieurs médailles dans des compétitions de haut niveau. Mais l'athlète a connu ensuite une perte de vitesse. Depuis sa blessure aux JO de Sydney 2000, le niveau de Hatem a enregistré un grand retard. Le vice-champion d'Afrique est en stage de préparation en Italie depuis le 15 juin 2003 afin de préparer les Championnats du monde. Durant ce stage, il n'a réalisé qu'un saut de 7,95 m, une performance insuffisante pour les Mondiaux, alors que le record du monde se situe à 8,95 m.

Sa compatriote, Marwa Hussein, championne d'Afrique en lancer de marteau, a réalisé de grands progrès durant les dernières années. Lors du Tournoi international de Hongrie le 10 juillet 2003, elle a atteint 64,77 m, record arabe et africain, alors que le record du monde s'élève à 76,07 mètres. Depuis cette performance, la jeune femme de 25 ans reste en Hongrie pour préparer l’événement. « Marwa peut réaliser un exploit à Paris. Elle possède les qualités d'une championne, et nous attendons d'elle une grande surprise », déclare le général Hammouda, directeur exécutif de la Fédération égyptienne d'athlétisme. 

 

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