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Archéologie . Alors que le ministère de la Culture et le CSA s'évertuent à récupérer les richesses égyptiennes, le service des douanes impose des droits aux pièces du patrimoine égyptien récupérées de l'étranger.
Akhenaton retenu à la douane !

Insolite, mais vrai, les douanes égyptiennes dépendant du ministère des Finances imposent des droits et des taxes de vente sur les pièces antiques récupérées des pays étrangers par le Conseil Suprême des Antiquités (CSA). « En dépit de la bonne volonté du ministre des Finances pour arriver à un compromis avec le ministère de la Culture, les fonctionnaires des douanes s'obstinent à appliquer à la lettre leur règlement », s'insurge Ibrahim Abdel-Méguid, directeur du département des monuments récupérés au Conseil suprême des antiquités.

Bien que ces objets fassent partie du patrimoine égyptien, les responsables des douanes s'obstinent à traiter les différentes pièces antiques récupérées après maintes difficultés. La dernière des victimes du conflit entre les ministères des Finances et de la Culture, et qui a fait la Une des journaux la semaine passée, est l'interdit de libérer le sarcophage du premier monothéiste de l'Histoire, Akhenaton. Récupéré d'Allemagne, ce sarcophage n'a pu être libéré des douanes que lorsque le ministère de la Culture a payé 10,17 millions de L.E.

Dérobé d'Egypte au début du siècle dernier, puis trimbalé en Europe pendant de longues années, il a été récupéré par l'ex-secrétaire général du CSA, Gaballah Ali Gaballah.

Le sarcophage du roi Akhenaton, au lieu de retrouver calmement son pays natal, a fait l'objet de négociations intensives entre les responsables du ministère de la Culture et ceux des Finances. Si la notoriété du roi Akhenaton a facilité sa libération, d'autres pièces, moins célèbres, mais toutes aussi de grande valeur, sont prisonnières des entrepôts des douanes. « Les pièces antiques récupérées arrivent à la douane de l'aéroport dans des grandes boîtes fermées et scellées », souligne Ibrahim Abdel-Méguid. « Ces boîtes ne doivent être ouvertes qu'en présence d'un comité scientifique du CSA ». Mais cela ne se passe pas ainsi à chaque fois que l'aéroport reçoit ces coffres. Souvent, les douaniers traitent ces boîtes comme n'importe quelle autre marchandise importée et appliquent des tarifs selon le poids de ces récipients et autres mesures insolites pour un objet historique. « D'où le prix exorbitant exigé par les douanes pour libérer les pièces en leur possession », estime Abdel-Méguid.

D'ailleurs, les pièces antiques ne sont pas l'unique victime des douanes. Le squelette d'un dinosaure, découvert dans le désert du Fayoum et envoyé à l'Université de Pennsylvanie, aux Etats-Unis, pour des recherches et sa restauration, a été retenu à son retour. Les douanes ont exigé 370 000 L.E. de droits.

Outre le caractère quasiment absurde d'imposer des taxes à des objets précieux qui reviennent au pays, les douanes n'ont même pas de barème fixe pour déterminer ce qu'elles imaginent être leur dû, déplore Ibrahim Abdel-Méguid. Ce qui fait que les tarifs estimés pour libérer telle ou telle « marchandise » deviennent exorbitants. « Ce qui dépasse de loin le budget de n'importe quel organisme gouvernemental », souligne Abdel-Méguid.

Le plus triste dans l'affaire du squelette du dinosaure, c’est qu'il a été complètement abîmé pendant la longue période de tractations entre les douanes et les responsables du musée géologique. Pour ces derniers, ils ne referont plus l'aventure d'envoyer des spécimens rares à restaurer à moins d'obtenir d'avance une garantie des douanes. En ce qui concerne les pièces archéologiques, le débat se poursuit. Mais cela veut-il dire qu'il vaudrait mieux laisser là où elles sont toutes les pièces que l'Egypte souhaite récupérer ? Et à combien les douanes évalueront-elles le buste de Néfertiti ou la pierre de Rosette ?

Nada Al-Hagrassy

Cours archéologie pour amateurs

Le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) vient de créer une école supérieure d'archéologie sur les périodes allant de la préhistoire à l'époque moderne avec un tarif d'inscription de 500 L.E. le semestre. Zahi Hawas, secrétaire général du CSA, déclare que l'idée de créer cette école entre dans le cadre « des efforts du conseil pour promouvoir la conscience des Egyptiens envers leur patrimoine ».

Les cours commenceront à la mi-septembre prochain et dureront six mois. Le premier semestre sera consacré à l'étude d l'Ancien Empire ou l'époque des pyramides avec toutes les sites antiques qui s'y rapportent jusqu'à la fin du Moyen-Empire. Parmi les matières à étudier également pendant ce semestre figureront les théories géométriques de la construction d'une des sept merveilles du monde : les pyramides de Guiza avec doctrine architecturale et religieuse qui s'y rapporte ainsi qu'un aperçu du mode de vie des travailleurs qui avaient participé à sa construction. Hoda Zakariya, fonctionnaire au Musée égyptien, salue l'idée de cette école libre des études archéologiques, parce qu'elle « procure aux non spécialistes une vision globale et plus ou moins approfondie de la question archéologique ». A côté des études de l'histoire de l'Egypte Ancienne, le prochain semestre comportera également des cours spécifiques pour la religion, la civilisation, l'art … « Ainsi chaque personne pourrait approfondir sa connaissance dans une question liée à la civilisation égyptienne », souligne Hoda Zakariya.

L'usage d'un média comme la télévision pour atteindre un large public afin de promouvoir mieux la conscience des Egyptiens envers leur patrimoine ne serait-il plus efficace que de créer une école libre où le nombre des candidats demeure inférieur par rapport à ceux sensibilisés par la télévision ?

Hoda Zakariya estime que non. « L'école permet aux étudiants d'être en contact direct avec le professeur et les objets antiques et artistiques de la période en question, puisque l'explication a toujours lieu au Musée égyptien où statues et différents objets liés au sujet sont exposés. Ensuite l'interaction entre plusieurs personnes permet d'éclairer tous les points obscurs du sujet abordé. Les programmes télévisés sont plutôt portés vers la promotion touristique que de présenter une étude approfondie ».

Suivre cette école présente également un avantage pour les candidats, à savoir la visite des sites antiques du Caire et du Guiza gratuitement sauf ceux lointains de Louqsor et Assouan qui exigent des frais de voyage élevés.

« La gratuité de visite des sites antiques du Caire et Guiza durera six mois après que le candidat eut terminé son cours. Avantage que les programmes prêt-à-porter de la télévision ne procurent pas », conclut Hoda Zakariya.

N.Al.
 

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