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Etude de cas. L'évolution démocratique en Egypte, ( Al-Tatawor al-dimocrati fi Masr) est un ouvrage collectif publié par le Centre d'Etudes Politiques et Stratégiques d'Al Ahram ( CEPS) en 2003. Le livre dénote un manque de maturité chez l'électeur égyptien.

Les enjeux d'une transition démocratique

La démarche adoptée au long de ce travail de recherche sous la direction de Wahid Abdel Méguid,directeur adjoint du CEPS avec la participation de six autres chercheurs du centre s'est basée sur deux méthodes distinctes. A savoir la méthode des analyses inspirées des études académiques effectuées sur des pays du tiers monde, et celle des sondages, statistiques et interviews. De quoi faire de ce travail opéré par Gamal Abdel Gawad, Ahmed Nagui Kamha,Ahmed Meineissi,Ayman Al Sayed Abdel Wahab,Hanaa Ebeid et Sobhi Eisseila, une étude de cas centré autour de l'Egypte par excellence.

Tout d'abord l'étude fait remarquer que c'est le contexte socio historique qui diffère d'un pays à l'autre et qui définit dans une large mesure les relations entre les composantes de la vie politique interne. Ainsi chaque pays a nécessairement son expérience, son processus démocratique, sa culture démocratique, qui lui sont propres. Mais pour bien comprendre le processus démocratique dans un pays en voie de développement, il faudrait tenter d'analyser en premier lieu la culture démocratique: du pouvoir, ainsi que celle de l'opposition, de la société civile et de l'électorat. Bref,comment chacun de ces acteurs de la vie politique perçoit l'autre.

Sur ce, l'étude remonte à l'origine de l'Etat égyptien contemporain. Cet Etat a été en fait baptisé par les Officiers libres le 23 juillet 1952.Un Etat qui a vu le jour dans des conditions d'instabilité, de bouleversements socio-politiques et socio-économiques sur les plans intérieur et extérieur.

Pour le pouvoir à l'époque, la stabilité du pays ne pouvait être garantie sans que les officiers libres ne contrôlent la politique et les rouages de l'économie. Ce comportement du pouvoir nassérien s'expliquait en fait par le climat d'extrême méfiance qui régnait entre l'Etat naissant fragile et le pouvoir solide ancré de la société civile. Un pouvoir basé sur une lointaine dépendance de la classe paysanne à l'égard des propriétaires féodaux qui étaient dans leur majorité des pro-occidentaux. Ainsi les représentants de la société civile étaient perçus par l'Etat nassérien comme des rivaux à supplanter. Et les partis politiques ne devaient pas voir le jour afin que la personnalité carismatique de Nasser soit l'unique référence du régime. Progressivement tout au long des années 50 et 60,le régime politique devient un régime clos, c'est à dire limité à un petit groupe qui détient le pouvoir . La première rupture survient lorsque Sadate arrive au pouvoir en 1971. Conscient des effets néfastes de l'autoritarisme des années 50 et 60, il lance en novembre 1976 le multipartisme politique, annonçant la fin de l'abolition des partis politiques et l'effacement total de la société civile qui prévalaient depuis 23 ans. Sur le plan économique,Sadate encourage l'entreprise privée et invite investisseurs nationaux et internationaux à sauver l'économie égyptienne soufrant de 23 ans d'étatisation et de bureaucratie. .Mais la roue de l'Histoire tourne toujours à son gré. En fait Sadate fut surpris par une suite d'événements imprévisibles, par une force croissante de l' opposition et par les litiges qui ont accompagné les accords de paix avec Israël.

La zizanie entre le pouvoir et l'opposition s'affirme et s'accentue.

Des arrestations massives se poursuivent, à droite comme à gauche. Le tournant le plus tragique fut l'assassinat de Sadate, l'homme qui a donné le coups d'envoi au processus démocratique après plus de deux décennies de pouvoir absolu!.

Cette longue histoire mouvementée, appuyée par des statistiques fournissent deux clés de compréhension de l'actuelle situation de la transition démocratique en Egypte.

Les taux proportionnels des effectifs des partis politiques egyptiens sont les suivants: Parti National Démocrate au pouvoir(95,10%),Al Wafd(0,80%),le Rassemblement(1,50%),les Libéraux(1,90%),le Travail(0,80%). L'etude soutient que ces partis politiques ne jouissent en fait que d'un minimum d'influence politique.A titre d'exemple le PND est dans une large mesure dépendant du pouvoir exécutif.En fait l'ampleur de l'effectif du PND sert essentiellement à consacrer les politiques du gouvernement.

D'ailleurs, le citoyen lambda choisit son candidat en fonction des critères suivants: la bonne réputation du candidat(21,8%),le programme du candidat(5,8%)(!),le candidat est un parent ou un proche(2,8%),le candidat est en mesure de rendre des services(64,2%)(!!),le candidat est du gouvernement(4,8%),de l'opposition(0,3%),indépendant(0,4%).

Et reste toujours que les tendances dominantes demeurent comme suit :justice sociale et lutte contre la pauvreté et la misère(46,4%), religion (34,1%) et liberté(16,7%).

Les indices susmentionnés révèlent que l'électeur étant absorbé par les soucis du quotidien ne s'avère pas en mesure de penser l'avenir politique. Pour ce, il ne s'intéresse qu'au candidat qui puisse lui accorder des faveurs et des services directs. Et d'habitude, c'est le candidat du pouvoir qui est le mieux apte à remplir cette fonction. C'est pour cela ce candidat ne trouve pas de véritable difficulté à remporter les élections.

Khaled Abdel-Azim
 

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