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Palestine . Palestiniens et Israéliens ne parviennent pas à s'accorder sur les retraits israéliens. Ce qui ne manque pas de faire dérailler davantage la « feuille de route ».
De mal en pis

Des rencontres en vain et des retraits reportés, la situation n'incite guère à l'optimisme. Dimanche, une réunion sur le calendrier du transfert par Israël du contrôle des villes de Jéricho et de Kalkilia (Cisjordanie) à l'Autorité palestinienne, prévu en début de semaine, n'a pas abouti. Selon Elias Zananiri, porte-parole du ministre palestinien chargé des Affaires de sécurité Mohammad Dahlane, Israël a refusé de démanteler un barrage de l'armée à l'entrée de Kalkilia. « Israël a créé ce problème. Après avoir dit qu'ils se retireraient de Kalkilia, ils veulent maintenir le barrage à l'entrée de la ville », a-t-il précisé. Avant d'ajouter qu'il rejetait tout ça « totalement », « car c'est contraire à l'accord entre Dahlane et le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz ».

En effet, une rencontre entre MM. Dahlane et Mofaz, qui s'est tenue vendredi dernier, la deuxième en 24 heures, a été l'occasion d'annoncer le transfert de la sécurité de quatre villes à l'Autorité palestinienne. Pour Jéricho et Kalkilia, le transfert devait commencer le 18 août, alors que pour Tulkarem et Ramallah, cela devrait se faire plus tard, après la présentation, par les Palestiniens, d'un plan sécuritaire détaillé, concernant notamment les mesures qu'ils prendront pour empêcher les activistes recherchés par Israël habitant dans ces deux villes d'opérer des attentats contre Israël.

De son côté, le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a dénoncé les retraits programmés comme une manœuvre. « Il s'agit d'une tentative évidente de la part d'Israël de gagner du temps et d'échapper aux obligations de la feuille de route », a déclaré M. Arafat, en référence au plan international de paix. « Un retrait d'une petite portion de notre territoire ne veut rien dire si le siège continue et si les barrages ne sont pas levés », a poursuivi M. Arafat, assiégé dans son QG par l'armée israélienne depuis près de 20 mois.

Les deux mouvements radicaux palestiniens, le Hamas et le Djihad islamique, ont également qualifié l'accord israélien sur les nouveaux retraits de « farce ». « L'armée israélienne va se redéployer autour de ces villes, laissant croire à un retrait. Il s'agit d'une farce car Israël veut couvrir ses agressions et poursuivre la construction du mur (la ligne de sécurité érigée par Israël le long de la Cisjordanie) », a déclaré Ismaïl Haniyé, dirigeant du Hamas. Pour Mohammad Al-Hindi, dirigeant du Djihad, « Israël trompe le monde en faisant croire que son armée se retire de villes palestiniennes, comme il a déjà trompé le monde en annonçant des libérations de détenus palestiniens ».

Israël n'a libéré jusqu'à présent que quelques centaines de prisonniers palestiniens, sur les quelque 6 000 qui se trouvent dans ses prisons. Il refuse notamment de libérer les détenus impliqués dans des attaques meurtrières contre des Israéliens. Les groupes armés palestiniens réclament la libération de tous les détenus comme condition à la trêve qu'ils ont déclarée fin juin. Selon M. Dahlane, le maintien en détention des prisonniers est « une plaie ouverte » dans le processus de paix. Il a tenu à mettre en garde que « si Israël ne libère pas les prisonniers, cela compliquera davantage le processus de paix et provoquera les Palestiniens ».

Outre la rencontre sur les retraits israéliens, une rencontre axée sur la sécurité s'est tenue dans le sud de la bande de Gaza pour discuter de la levée des barrages militaires israéliens sur l'axe routier entre Khan Younès et Rafah, près de la frontière avec l'Egypte, mais n'a abouti à aucun résultat tangible, selon des sources sécuritaires palestiniennes.


L'épineuse question des réfugiés

Par ailleurs, l'épineuse question du droit au retour des réfugiés palestiniens a refait surface, Avi Pazner, porte-parole du gouvernement israélien, affirmant samedi que « Israël n'a nullement l'intention, dans aucune condition et dans aucun cadre, d'accepter le retour de réfugiés dans des villes israéliennes ». « La feuille de route ne dit absolument rien sur le droit au retour et cette déclaration nuit à son application », a ajouté M. Pazner. « Les réfugiés palestiniens, s'ils le veulent, pourront retourner dans leur futur Etat », a-t-il poursuivi.

M. Chaath, évoquant le droit au retour dans leur patrie des réfugiés palestiniens, avait affirmé vendredi que « ce droit englobe le retour dans l'Etat palestinien indépendant et dans les villes palestiniennes qui font partie de l'Etat hébreu ». Le responsable palestinien a assuré qu'il n'existe aucune condition au retour dans l'Etat palestinien indépendant. « Le droit au retour n'est plus illusoire. Il fait partie intégrante du plan de paix arabe (adopté à l'unanimité lors du sommet arabe de Beyrouth en 2001), qui constitue une base pour la feuille de route, le meilleur plan de paix pour les Palestiniens conclu avec Israël depuis la guerre (israélo-arabe) de 1967 », a expliqué M. Chaath.

Tous les gouvernements israéliens, y compris celui d'Ariel Sharon, considèrent comme taboue la question du droit au retour des réfugiés palestiniens. Israël, qui compte six millions d'habitants, estime que cela mettrait en cause le caractère juif de l'Etat. Les réfugiés de 1948 et leurs descendants sont aujourd'hui estimés à quelque quatre millions, et vivent en grande majorité dans les territoires palestiniens ou en Jordanie.

Au-delà des affrontements politiques, sur le terrain aussi, quelques incidents ont été signalés. L'armée israélienne a arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi, à Kalkilia, trois activistes palestiniens, deux appartenant au Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) et un aux Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa. Par ailleurs, à Naplouse, l'armée a détruit la maison d'Amjad Slim, des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, tué le 17 mai dans l'attaque d'une colonie de Cisjordanie. Jeudi, un raid israélien à Hébron a mené à la mort d'un chef du Djihad islamique.

Rania Adel
 

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