| L'enquête
se poursuit pour dévoiler le mystère de la disparition soudaine
du rédacteur en chef adjoint du quotidien Al-Ahram,
Réda Hilal. Il a été vu pour la dernière fois lundi 11 août.
Il quittait alors son travail, et se dirigeait vers son appartement,
rue Qasr Al-Aini. Le lendemain, il ne s'est pas présenté au
bureau. Ses collègues ont appelé sa famille pour connaître
les raisons de son absence, sans obtenir de réponse. Son frère,
Saïd Hilal, a signalé mardi sa disparition au commissariat
de police de Sayeda Zeinab, après avoir découvert qu'il n'était
pas dans son appartement. « Quand je suis entré dans
l'appartement, j'ai trouvé les fenêtres ouvertes. Il n'y avait
aucun signe qui laissait penser qu'il avait l'intention de
sortir. C'est pour cette raison que j'ai informé la police »,
a dit Saïd Hilal.
Le Syndicat des
journalistes a, pour sa part, exprimé samedi dernier son inquiétude
sur la disparition soudaine du rédacteur en chef adjoint d'Al-Ahram.
« Le conseil du syndicat suit l'affaire avec inquiétude.
Le syndicat a émis un communiqué où nous demandons aux services
de sécurité d'accorder un intérêt particulier à cette affaire »,
a déclaré Galal Aref, président du syndicat.
Certains craignent
que la disparition de Réda Hilal ne soit liée à ses idées
et convictions politiques. « Si c'est le cas, nous
sommes face à un précédent dangereux », insiste Yéhia
Qallache, secrétaire général du Syndicat des journalistes.
En fait, Réda Hilal, 46 ans, est l'un des rares journalistes
en Egypte à ne pas avoir critiqué la guerre américano-britannique
contre l'Iraq. « Je ne sais pas si c'est vrai ou non.
Mais mon frère n'a jamais eu de menaces. Même si certains
sont contre ses idées, je ne crois pas que ce soit une raison
pour le kidnapper », affirme Saïd Hilal.
En fait, cette
théorie a été écartée par plusieurs personnes. D'abord parce
que Réda Hilal n'est pas le seul à ne pas avoir critiqué la
guerre en Iraq. De même, il n'y a aucun indice dans son appartement
qui prouve qu'il y ait eu une dispute pour le forcer à quitter
l'appartement. La théorie la plus valable est qu'il ait reçu
un coup de fil important, qui l'a poussé à sortir vite sans
se soucier de fermer les fenêtres, ni attendre la nourriture
qu'il avait commandée quelques heures avant sa disparition.
Les services
de sécurité affirment pour leur part que l'enquête se poursuit.
Une source policière indique que les autorités examinent actuellement
tous les détails de la vie privée et professionnelle du journaliste
afin de pouvoir résoudre ce mystère. Toutefois, cette même
source confie qu'ils ne sont pas encore en mesure de savoir
si la disparition est liée à des motivations personnelles,
criminelles ou politiques. |