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Enseignement
supérieur . Le ministère
étudie actuellement la création d'une nouvelle forme d'université,
plus moderne, et mieux adaptée au marché du travail. Une manière
de désengorger les universités publiques et d'améliorer le
niveau des étudiants.
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L'université
nouvelle génération |
| Huit
ans après la création et la mise en place des premières universités
privées, le ministère de l'Enseignement supérieur étudie actuellement
la création d’une nouvelle université, dite civile. Une commission
regroupant des spécialistes et des professeurs d'universités
a été formée la semaine dernière pour étudier la possibilité
de mettre en place ce projet. Selon le ministre de l'Enseignement
supérieur, Moufid Chéhab, l'objectif premier de cette nouvelle
université est d’absorber davantage de bacheliers, dont le
nombre augmente d'année en année.
Samir Gaber,
du ministère de l’Enseignement supérieur, explique que la
création de nouvelles universités est une véritable nécessité,
surtout que les chiffres du ministère ont révélé que le nombre
d'étudiants ayant passé le bac avec succès cette année s'élève
à 330 000, alors que les universités publiques ne peuvent
assimiler que 200 000 nouveaux étudiants par an, et tandis
que les universités privées n'accueillent que 10 000
bacheliers en raison des frais de scolarité très élevés.
Pour commencer
à délester les autres universités, le ministère a décidé de
créer cette université civile. « Les frais de la nouvelle
université n’ont pas encore été fixés. Mais ils seront bien
sûr moins chers que ceux des universités privées. Cette université
pourrait donc absorber les étudiants de la classe moyenne »,
explique Gaber. Il ajoute que cette université devra être
gérée par l'Université du Caire au cours de ses deux premières
années de fonctionnement. Ensuite, elle aura un recteur et
une administration indépendante. Toutefois, dès sa création,
elle aura un budget indépendant de l’Université du Caire.
La construction de cette université sera réalisée grâce à
des donations d’hommes d’affaires. « L’université
du Caire mènera une campagne pour encourager les hommes d’affaires
à offrir le terrain, les équipements et le matériel nécessaires
pour sa construction. Ceci parce que l’université civile doit
être à but non lucratif, et parce que son financement doit
être assumé par des donations », poursuit Gaber.
Le deuxième objectif
annoncé de la création de cette université civile est de moderniser
l’enseignement supérieur, puisque le système d’enseignement
appliqué dans cette université sera sur le modèle de celui
de l’Université américaine. Actuellement, les universités,
qu'elles soient publiques ou privées, à l'exception des universités
américaine et française, sont incapables de former un diplômé
compétent, capable de s’adapter aux nouvelles formes de technologies
et répondant aux besoins du marché du travail. Selon les statistiques
du ministère de la Main-d’œuvre, 30 % des diplômés des
universités publiques ne trouvent pas de travail parce qu’ils
ne maîtrisent pas les langues étrangères ni l’outil informatique.
Ils sont toujours obligés de suivre des stages supplémentaires
même après l’obtention de leur diplôme. Le but de la nouvelle
université sera ainsi de lancer sur le marché une génération
de jeunes diplômés ayant un niveau compétitif par rapport
à la main-d'œuvre internationale. Les étudiants pourront aussi
suivre des spécialisations rares dont le marché du travail
a besoin. « Pour réaliser ce but, la nouvelle université
appliquera un système d’admission basé sur concours ayant
pour but d’évaluer les capacités de l’étudiant au niveau des
langues et des connaissances générales. En outre, cette université
comportera de nouvelles branches scientifiques rares qui n'existent
pas dans les universités publiques comme l’ingénierie médicale
ainsi que d’autres branches très sophistiquées dans l’ingénierie,
la pharmacie et la gestion », explique Makram Naïm,
du ministère de l’Enseignement supérieur. Et d’ajouter :
« La création de ces nouvelles branches pourrait contribuer
à faire économiser à l’Etat des milliards de L.E. que touchent
les experts étrangers qui viennent en Egypte pour donner leur
expérience dans ces domaines rares ». Pour ce qui
concerne les professeurs, Makram Naïm explique que dans la
première année, l’université aura recours à des enseignants
étrangers jusqu’à ce que l’université ait des assistants bien
formés.
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Quel statut ?
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La commission
chargée d’étudier le projet est d'accord sur les objectifs
de la création de cette nouvelle université. Toutefois, les
membres de la commission ne sont pas encore à l'unisson sur
la nature de la relation entre la nouvelle université et celle
du Caire. En fait, trois propositions sont actuellement étudiées.
La première est celle de considérer la nouvelle université
comme une antenne de l’Université du Caire, ayant un conseil
d'administration et un président, tout en étant supervisée
par l’Université du Caire, à l’instar des antennes de Béni-Souef
et de Fayoum. La deuxième proposition est celle d’accorder
à la nouvelle université un statut financier et administratif
indépendant tout en laissant à l'Université du Caire le droit
de contrôler et de définir les programmes enseignés, ainsi
que de fournir les professeurs. La troisième proposition est
de lier les deux universités de façon à ce qu’elles aient
la même administration et les mêmes locaux.
Selon Magued
Amin, du conseil supérieur des universités et membre de la
commission chargée d’étudier le projet, la plupart des membres
sont pour la deuxième proposition. « L'indépendance
financière et administrative représente la solution la plus
efficace, car le lien pourrait représenter une charge supplémentaire
sur l’Université du Caire qui assume déjà de grandes charges »,
estime Amin. Pourtant, l’idée ne plaît pas à tout le monde.
Certains spécialistes posent la question suivante : l’Egypte
a-t-elle vraiment besoin de ce genre d’universités ?
Ahmad Fouad Abdel-Aziz, ancien président de la commission
de l’enseignement au Parlement, répond par la négative. « Si
le but du ministère de l’Enseignement supérieur est de créer
de nouvelles spécialisations rares, pourquoi ne pas ouvrir
ces branches dans l'Université du Caire et d'Aïn-Chams ?
Parmi les arguments présentés par le ministère de l’Enseignement
supérieur pour justifier la création de ce genre d’universités
figure l’amélioration du niveau des diplômés. Pourquoi le
ministère ne prend-il pas des mesures pour améliorer la qualité
de l’enseignement dans les universités publiques au lieu de
chercher à créer d'autres universités ? », s’indigne
Abdel-Aziz. Ahmad Al-Rachidi, professeur d’université, estime
pour sa part que ce genre d’universités vise à rééquilibrer
le niveau des diplômés des universités égyptiennes, publiques
ou privées, et celui des universités étrangères, comme les
universités américaines et françaises qui fonctionnent déjà,
et les universités allemande et britannique qui seront bientôt
inaugurées. « Ces universités étrangères présentent
une bonne formation à leurs étudiants, mais en même temps,
elles représentent une invasion culturelle. C'est pourquoi
la création de nouvelles universités égyptiennes est nécessaire
pour faire cet équilibre », affirme Al-Rachidi.
Kawssar Kojak,
également professeur d’université, va encore plus loin. Elle
pense que le fait de créer une université à travers les donations
des hommes d’affaires est une excellente idée, car ces derniers
participeront à la formation du diplômé qu'ils embaucheront
plus tard. « Si cette expérience réussit, elle pourra
être mise en œuvre dans d’autres universités. Cela pourra
aussi résoudre le problème de surcharge dans les universités
publiques, et permettre de trouver une solution à la médiocrité
du niveau des diplômés. Il y a toujours une relation entre
le nombre d’étudiants et la qualité de l’enseignement »,
affirme-t-elle.
Même s'il existe
un débat concernant cette université, tout le monde s'accorde
à ne pas émettre des critiques avant de pouvoir voir de quoi
il retourne précisément.
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Mirande
Youssef |
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