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Néo-Wafd . Les conflits ont brutalement resurgi cette semaine entre le président Noamane Gomaa et ses opposants qui appellent à une réforme du règlement interne du parti.
Les différends réapparaissent au grand jour

La tension est montée d'un cran cette semaine au néo-Wafd où les conflits entre le chef du parti, Noamane Gomaa, et ses opposants battent leur plein. Ces conflits ont refait brutalement surface lorsque les opposants à la politique de Gomaa ont tenu une réunion au domicile de Fouad Séragueddine, ancien président du néo-Wafd et figure historique du parti officiellement pour commémorer le troisième anniversaire de la mort de ce dernier. Cependant, la réunion s'est transformée en véritable manifestation contre la politique de Noamane Gomaa. « Noamane Gomaa va plonger le parti dans le chaos avec sa politique erronée et sa mauvaise gestion », lance Fouad Badrawi, député du parti et un des opposants les plus farouches à la politique de Gomaa. Au terme de la réunion, les participants ont rédigé un document à l'adresse de l'actuel chef du parti englobant une série de revendications. Parmi celles-ci, la modification du règlement interne et le départ de certains membres de l'assemblée générale que Gomaa aurait fait venir pour renforcer les rangs de ses partisans. Les opposants exigent également une convocation urgente de l'assemblée générale pour discuter d'un nouveau règlement. « Nous avons également demandé la création d'un conseil d'administration pour le quotidien Al-Wafd, organe d'expression du parti, et exigé que ce conseil soit placé sous l'autorité du comité suprême. Noamane Gomaa doit cesser de renvoyer les membres du parti et de licencier les journalistes sans raison valable. Il doit aussi cesser de prendre des décisions unilatérales, ce qui est contre l'intérêt du parti », affirme Fouad Badrawi.

Les adversaires de Gomaa lui reprochent d'avoir provoqué, depuis son arrivée à la tête du parti en 2000, le départ de plusieurs députés du néo-Wafd, ramenant leur nombre au Parlement à 3 au lieu de 7. Il lui est également reproché d'avoir écarté plusieurs journalistes et deux rédacteurs en chef du quotidien Al-Wafd sans observer les procédures légales. La dernière décision controversée de Noamane Gomaa a été de nommer un musulman au poste de secrétaire général du parti, alors que la tradition du néo-Wafd exige la nomination d'un copte à ce poste.


Pressions, censure

Adversaires et partisans de Noamane Gomaa se renvoient la responsabilité des troubles survenus dernièrement au sein du parti. Et ce sont les mêmes arguments qui reviennent. Selon Mahmoud Al-Chazli, ancien député du néo-Wafd qui a présenté sa démission il y a quelques mois, Noamane Gomaa veut éliminer tous ses opposants au sein du parti : « Il a voulu renvoyer Ibrahim Abaza, ancien adjoint du secrétaire général, Fouad Badrawi et Mohamad Kamel, un des grands leaders du parti, sauf que le gouvernement le lui a interdit ». Les adversaires de Gomaa l'ont accusé dernièrement d'adopter une politique pro-gouvernementale. Pour Ibrahim Al-Dessouqi Abaza, membre du haut comité et ancien secrétaire général adjoint, tous les problèmes sont apparus après la mort de Fouad Séragueddine. Il résume la situation : « La politique du parti est devenue tout à fait différente après l'arrivée de Gomaa à la tête de ce dernier. Malgré les éditoriaux écrits par le président du parti qui sont contre le gouvernement, sa politique n'est pas conforme à ce qu'il écrit. Il a donné des ordres aux journalistes de ne pas critiquer certains responsables gouvernementaux. Il a donné aussi des ordres aux journalistes pour qu'ils ne traitent pas certains sujets comme la réforme de la Constitution, la loi sur l'état d'urgence et la réforme politique. Il existe une vraie censure concernant certaines informations qui touchent au gouvernement ». Les adversaires de Gomaa lui demandent de soumettre les décisions ayant trait à la politique interne et externe du parti au haut comité avant de les rendre publiques.

Ahmad Nasser, adjoint du secrétaire général s'élève, lui, contre les adversaires de Noamane Gomaa : « Le communiqué qu'ils ont rédigé n'a aucun intérêt », affirme-t-il. Il ajoute que Gomaa a ordonné la formation d'un comité chargé d'étudier la modification du règlement. « Tous ceux qui ont voulu devenir chef du parti ou membre du haut comité et qui n'ont pas réussi cherchent maintenant à accuser Noamane Gomaa d'adopter une politique pro-gouvernementale. Tout ce que Gomaa écrit assure qu'il est un vrai membre du néo-Wafd ». Il affirme que ces membres peuvent détruire le parti à travers leurs actions : « Cinq procès ont été engagés contre le parti et il y a des murmures que certains membres veulent retirer la confiance à Gomaa ».

Le parti du néo-Wafd se trouve à présent dans une situation délicate. Les opposants de Gomaa appellent à retirer la confiance à Noamane Gomaa s'il refuse leurs exigences, mais ceci n'est pas facile au vu du règlement interne qui donne tous les droits au chef du parti. A travers les recours en justice, ils cherchent également à obtenir une suspension des activités du parti.

Principale composante de la droite libérale, le néo-Wafd subira-t-il le même sort d'autres formations politiques déchirées par les conflits internes ? Si grâce à son poids historique, Fouad Séragueddine a réussi à maintenir une certaine emprise sur le parti, son successeur éprouve aujourd'hui d'énormes difficultés. Les conflits sont devenus monnaie courante dans la plupart des partis politiques. Issus pour la plupart de l'ère nassérienne, ces partis sont régis par d'anciennes figures historiques. Le manque de structures démocratiques au sein des partis a accentué les conflits au sein de ces formations après la disparition de leurs chefs historiques. Le néo-Wafd ne fait pas défaut. Le plus grand parti d'opposition en Egypte attend visiblement des jours pénibles.

May Atta

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