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existe dans la culture égyptienne une expression populaire
très répandue. Cette expression, devenue source principale
de l'anarchie dont nous souffrons chaque jour, est le « gagne-pain
». En dépit de la pitié et de la commisération que véhicule
ce mot, il implique aujourd'hui d'enfreindre toutes les règles,
et de fermer les yeux sur les désagréments que cause ce phénomène.
Et tout ceci, pour qu'une poignée de personnes puissent exercer
leur gagne-pain.
Sous l' implacable
logique de cette expression, les rues du Caire sont devenues
un marché ouvert à toute sorte de marchandises et de services,
des voitures jusqu'au pain, en passant par les montres ...
Et par la grâce et la bénédiction de la fameuse expression,
le commerce des rues est devenu plus rentable que celui des
magasins et des boutiques. D'autant plus que certains de ces
commerçants profitent également de ce commerce des rues en
passant des accords avec les vendeurs à la sauvette pourt
s'enrichir un peu plus.
Jour après jour
ces petits commerçants traînent sur les trottoirs et les rues
embouteillées, qui deviennent de plus en plus difficiles d'accés
aux passants et aux voitures Au fil des jours les emplacements
qu'ils occupent sont devenus des droits acquis, dont ils font
ce qu'ils veulent. D'où l'étrange anarchie qui caractérise
aujourd'hui nos rues.
C'est ce phénomène
de « gagne-pain » qui a encombré les rues du Caire de marchands
ambulants et de toutes sortes de marchandises - de provenance
inconnue et pas conformes aux normes la plupart du temps.
C'est le gagne-pain qui pousse également les jeunes garçons
à se poster de plus en plus fréquemment aux abords des feux
de signalisation, pour vendre des mouchoirs en papier ou des
accessoires pour les voitures. C'est toujours le gagne-pain
qui a fait de la place Ramsès un lieu d'anarchie chronique.
Il est tellement ancré dans nos rues, qu'il nous conduit même
à renoncer à nos rêves de propreté, d'ordre et de respect
des lois.
La question des
marchands ambulants qui imposent aujourd'hui leur autorité
dans les rues du Caire n'est pas seulement un problème relevant
de la circulation. Il s'agit là d'un problème important, aux
dimensions sanitaires et sécuritaires.
L'ampleur du
problème dépasse aujourd'hui les compétences de la police.
Autrefois, le commerce des rues était un phénomène très rare,
dont la responsabilité était confiée à la police, en marge
de ses missions premières. Aujourd'hui, il s'agit d'un commerce
énorme qui s'étend à tous les quartiers, et entraîne un chaos
total à chaque endroit. Un commerce qui prend chaque jour
une nouvelle forme, et compte chaque jour plus de nouveaux
marchands et de nouvelles marchandises.
Toutefois, il
serait possible de réagir à ce phénomène si l'onb prenait
toute la mesure de ses véritables conséquences économiques
sécuritaires et sociales de ce phénomène. |