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Le chaos à chaque coin de rue
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie Il existe dans la culture égyptienne une expression populaire très répandue. Cette expression, devenue source principale de l'anarchie dont nous souffrons chaque jour, est le « gagne-pain ». En dépit de la pitié et de la commisération que véhicule ce mot, il implique aujourd'hui d'enfreindre toutes les règles, et de fermer les yeux sur les désagréments que cause ce phénomène. Et tout ceci, pour qu'une poignée de personnes puissent exercer leur gagne-pain.

Sous l' implacable logique de cette expression, les rues du Caire sont devenues un marché ouvert à toute sorte de marchandises et de services, des voitures jusqu'au pain, en passant par les montres ... Et par la grâce et la bénédiction de la fameuse expression, le commerce des rues est devenu plus rentable que celui des magasins et des boutiques. D'autant plus que certains de ces commerçants profitent également de ce commerce des rues en passant des accords avec les vendeurs à la sauvette pourt s'enrichir un peu plus.

Jour après jour ces petits commerçants traînent sur les trottoirs et les rues embouteillées, qui deviennent de plus en plus difficiles d'accés aux passants et aux voitures Au fil des jours les emplacements qu'ils occupent sont devenus des droits acquis, dont ils font ce qu'ils veulent. D'où l'étrange anarchie qui caractérise aujourd'hui nos rues.

C'est ce phénomène de « gagne-pain » qui a encombré les rues du Caire de marchands ambulants et de toutes sortes de marchandises - de provenance inconnue et pas conformes aux normes la plupart du temps. C'est le gagne-pain qui pousse également les jeunes garçons à se poster de plus en plus fréquemment aux abords des feux de signalisation, pour vendre des mouchoirs en papier ou des accessoires pour les voitures. C'est toujours le gagne-pain qui a fait de la place Ramsès un lieu d'anarchie chronique. Il est tellement ancré dans nos rues, qu'il nous conduit même à renoncer à nos rêves de propreté, d'ordre et de respect des lois.

La question des marchands ambulants qui imposent aujourd'hui leur autorité dans les rues du Caire n'est pas seulement un problème relevant de la circulation. Il s'agit là d'un problème important, aux dimensions sanitaires et sécuritaires.

L'ampleur du problème dépasse aujourd'hui les compétences de la police. Autrefois, le commerce des rues était un phénomène très rare, dont la responsabilité était confiée à la police, en marge de ses missions premières. Aujourd'hui, il s'agit d'un commerce énorme qui s'étend à tous les quartiers, et entraîne un chaos total à chaque endroit. Un commerce qui prend chaque jour une nouvelle forme, et compte chaque jour plus de nouveaux marchands et de nouvelles marchandises.

Toutefois, il serait possible de réagir à ce phénomène si l'onb prenait toute la mesure de ses véritables conséquences économiques sécuritaires et sociales de ce phénomène.

 

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