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Deux
semaines après la présentation de l'initiative égyptienne
de réforme de la Ligue arabe, la question continue à
susciter le débat. |
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La
réforme devenue une nécessité |
| La
réforme de la Ligue arabe fait toujours couler de l'encre.
Les éditorialistes égyptiens débattent de l'initiative
égyptienne de réforme de l'organisation panarabe et
des difficultés de sa mise en œuvre. Dans son éditorial
dans le quotidien de tendance libéral Al-Wafd,
Ibrahim Al-Bahraoui titre : Faut-il détruire
la Ligue arabe ou la soutenir ? Al-Bahraoui
commence son article par le constat suivant : « L'échec
de la Ligue arabe à jouer son rôle, que ce soit au niveau
international en faisant face aux dangers qui menacent
la région ou au niveau des relations arabo-arabes en
développant les éléments de complémentarité entre les
pays arabes, est une chose qu'on ne peut plus cacher ».
Ibrahim Al-Bahraoui rappelle les nombreuses initiatives
de réforme proposées par l'Arabie saoudite, le Soudan,
la Libye, le Yémen et l'Egypte. « Ce bouquet
d'initiatives représentent un aveu de la part des gouvernements
arabes des échecs de la Ligue et de la nécessité de
la réforme de sa structure et des bases de son fonctionnement ».
Et d'ajouter : « La plupart des penseurs
politiques non gouvernementaux critiquent ces initiatives
gouvernementales et les considèrent comme des procédures
de réforme partielle qui ne conduiront pas à un véritable
développement de la Ligue. Certains vont même jusqu'à
appeler à la destruction de la Ligue arabe composée
d'un groupe de pays basés sur le pouvoir individuel
(…). C'est ainsi qu'est née la proposition concernant
la destruction de la Ligue arabe et la construction
d'une nouvelle organisation regroupant un nombre limité
de pays prêts à appliquer des réformes substantielles ».
Al-Bahraoui ne répond finalement pas à la question posée
dans son titre, mais il clôt son éditorial par une promesse :
« La semaine prochaine, nous étudierons si cette
proposition est réaliste ou si elle nous lance vers
l'inconnu ».
Pourtant,
cette idée de la destruction totale de la Ligue arabe
n'a été évoquée par aucun autre journaliste. Tout le
monde est pour la réforme et non pour une mise à mort.
Mohamad Sid-Ahmed évoque dans un éditorial du quotidien
Al-Ahram les problématiques qui font face à toute
initiative de réforme de la Ligue arabe tout en analysant
l'initiative égyptienne. Il affirme : « Je
ne peux pas imaginer qu'il y ait une initiative de réforme
conformément à un document présenté par un seul pays
arabe. J'imagine qu'il y a besoin de plus d'une initiative,
de plus d'une partie, et que le document qui serait
finalement ratifié soit le résultat de l'effort de toute
la scène arabe, même si ceci ne signifie pas nécessairement
que chaque pays arabe présente un document séparé ».
Selon Mohamad Sid-Ahmed, il faudra réformer le système
de vote au sein de la Ligue arabe, pour passer de la
règle de l'unanimité à celle de la majorité. « L'initiative
égyptienne a présenté plusieurs formules concernant
le système de la majorité des voix. (…) A mon avis,
c'est une question qui doit être tranchée sans aucun
délai ».
Badreddine
Adham résume le problème de la Ligue arabe et de sa
réforme en quelques mots. Dans son éditorial dans le
quotidien Al-Akhbar, il affirme que les idées
de réforme sont nombreuses, mais que ce qui manque est
la volonté commune et la détermination à introduire
des changements. Adham affirme que ceci sera la mission
du président tunisien Zein Al-Abédine Ben Ali qui accueille
le sommet de mars 2004. Et de conclure : « La
mission est difficile, mais pas impossible ». |
Yolande
Youssef |
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Tout
est politique |
Rien
dans le monde d'aujourd'hui n'échappe à la politique,
que ce soit les aléas du climat ou une panne électrique.
La canicule exceptionnelle du début du mois d'août en
France aurait fait 5 000 morts et provoqué en conséquence
de virulentes critiques parce que cela a révélé des
failles dans le système social. Et lorsque le nord-est
des Etats-Unis, notamment New York, et une partie du
Canada, le président George W. Bush a dû intervenir
en personne pour rassurer ses citoyens que ce n'est
pas un attentat terroriste, mais c'est quand même un
signal d'alarme pour « nous inciter à moderniser
notre système de distribution de l'électricité ».
Dans
un cas comme dans l'autre la crise qui aurait pu passer
comme un cas de force majeure a été perçue comme dévoilant
des défaillances de toutes sortes et entraînant des
responsabilités. Vus d'un pays du Sud, ces drames posent
des interrogations. Notamment cette incapacité à agir
de gouvernements occidentaux toujours présentés comme
des modèles d'efficacité devant servir d'exemples aux
nôtres accusés de lourdeur et de bureaucratie. Mais
pour le cas de la canicule est apparu un drame humain
plus poignant encore et reconnu par le premier-ministre
français, Jean-Pierre Raffarin, qui est « cette
solitude, parfois cet abandon, des personnes âgées ».
Celles-ci ont été le plus durement touchées par la vague
de chaleur, sans précédent depuis près de 30 ans, qui
a submergé la France pendant une quinzaine de jours.
Certaines
sont mortes dans des hôpitaux débordés par un afflux
inattendu de malades, mais d'autres, en nombre supérieur,
sont décédées chez elles, isolées, et sans pouvoir compter
sur l'aide de quiconque. « 50 % des décès
ont eu lieu hors de l'hôpital. C'est une profonde faille
de la société française que cette solitude des personnes
âgées », a dit Raffarin. N'est-ce pas là la
faillite ou même le simple insuccès d'un système qui
veut que l'efficacité ait pour critère tout ce qui est
technologique, indépendamment de l'humain ?
Une
réflexion analogue peut être inspirée de la panne électrique
du nord-est des Etats-Unis. La controverse bat son plein
entre les leaders de l'Etat de New York, les Démocrates
reprochant aux Républicains d'être à l'origine de la
vétusté de l'équipement de la région pour avoir déréglé
le secteur à partir de 1997. L'Etat s'étant trop écarté
de ce secteur par souci d'idéologie capitaliste pure
et dure, des négligences se sont révélées. Ce n'est
qu'un aspect des choses, il est vrai, mais révélateur
de l'importance du facteur humain dans toute gestion.
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Ahmed
Loutfi |
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