| Blocage apparent.
Une source rebelle a souligné vendredi que les pourparlers
de paix au Kenya, entre le gouvernement de Khartoum et les
rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA),
« sont dans l'impasse et au bord de la rupture ».
Cette source a affirmé que le blocage vient du fait que la
délégation gouvernementale insiste pour que les discussions
ne soient pas basées sur le projet de texte préparé par les
médiateurs de l'Autorité intergouvernementale pour le développement
(Igad), formée de neufs Etats africains. « La délégation
gouvernementale nous a demandé de choisir tous les sujets
qui peuvent être discutés en tête-à-tête, mais de ne pas nous
référer au projet de l'Igad », a-t-on précisé. De
son côté, la SPLA « soutient que ce projet,
dès lors qu'il a été approuvé par les médiateurs de l'Igad,
doit constituer la base des négociations directes pour le
règlement de la guerre civile soudanaise », poursuit
cette même source rebelle. Ces derniers refusent de voir mis
de côté un projet qui était le résultat de neuf mois de négociations
intensives avec les médiateurs de l'Igad.
Le président
soudanais, Omar Al-Béchir, avait averti le 9 août qu'il ne
signerait pas d'accord de paix « injuste »
et émis des « doutes » sur les intentions
du chef des rebelles, John Garang. Le président soudanais
faisait déjà référence au document de l'Igad présenté en juillet,
portant sur le partage du pouvoir et des richesses, ainsi
que sur des questions de sécurité pour une période de transition
de six ans. Khartoum s'oppose notamment à cette proposition
qui prévoit pour le sud une armée séparée et une Banque Centrale
indépendante pendant la période de transition prévue par le
protocole d'entente signé à Machakos (Kenya) durant l'été
2002. Le protocole de Machakos stipule que, à la suite d'un
accord de paix, le Sud se verra accorder une période de transition,
qui débouchera sur un référendum d'autodétermination. Khartoum
estime que ce document laisse la porte ouverte à une sécession
du Sud.
Le gouvernement
a également refusé de discuter de la question des trois secteurs
du Nil Bleu (sud), d'Abyei et des Monts Nuba (centre), zones
où agissent les rebelles, bien qu'elles ne soient pas situées
géographiquement dans le sud du pays. La SPLA affirme être
mandatée pour représenter ces trois secteurs aux négociations,
mais Khartoum affirme les contrôler à 90 %.
En réaction à
l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations, le Kenya
et l'Egypte tentent de multiplier les contacts afin de parvenir
à un compromis. « Il y a une fenêtre encore ouverte,
une opportunité pour résoudre le problème qu'il ne faut pas
laisser passer », a déclaré samedi à la presse le
chef de la diplomatie kényane, Stephen Kalonzo Musyoka. Il
s'exprimait au terme d'une rencontre avec son homologue égyptien,
Ahmad Maher, où il a affirmé que son pays « déploie
des efforts afin d'encourager les parties à négocier avec
de bonnes intentions ». M. Maher a, pour sa part,
déclaré que l'Egypte « entreprend des contacts avec
John Garang (le chef de la SPLA) afin de le pousser
à revenir sur des positions qui ne facilitent pas les négociations ».
Les deux ministres ont par ailleurs affirmé qu'il était nécessaire
que M. Garang « adopte une position moins intransigeante
afin de permettre la réussite des négociations avec le gouvernement »,
dans un communiqué conjoint publié après leur rencontre et
reproduit par l'agence de presse égyptienne Mena. |