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RDCongo. La force multinationale déployée début juin par l'Union européenne dans le nord-est du pays a commencé à transférer ses points de contrôle aux Casques bleus bangladeshi du contingent des Nations unies, qui doit la remplacer le 1er septembre.
L'ONU prend le relais
Mandatée par l'Onu début juin à Bunia, chef-lieu de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), déployée par l'Union européenne et placée sous commandement français, la force multinationale d'urgence Artémis (1 850 hommes) doit bientôt laisser sa place à une brigade de 3 800 hommes, de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc 2), dont le mandat a été élargi et renforcé par le Conseil de sécurité. D'ici au premier septembre, date à laquelle la force doit être remplacée, celle-ci doit remettre progressivement des points de contrôle à la Monuc 2.

Un premier transfert a eu lieu samedi. 45 Casques bleus bengladeshi de la Monuc 2 ont remplacé 35 Français dans un point de contrôle à Bunia. « C'est une journée un peu symbolique avec le début des travaux opérationnels de la Monuc 2. Ils prennent le poste et le terrain autour du poste », a déclaré à la presse le colonel Gérard Dubois, porte-parole d'Artémis. La force multinationale sous commandement français transférera progressivement ses cinq autres points de contrôle, dont quatre en périphérie de la ville, et un sur la route de l'aéroport, à la Monuc 2 qui prendra le relais après le 1er septembre.

Ces points de contrôle sont destinés à empêcher des miliciens en armes d'entrer dans la ville, déclarée zone "sans armes visibles" par la force multinationale depuis le 25 juin. Les soldats français qui tenaient ce poste à proximité de l'aéroport de Bunia ont baissé les couleurs françaises, laissant place à un drapeau onusien et un drapeau bangladeshi. Les 35 militaires du poste, appelé le Point Alpha, doivent repartir en France. « La mission qui m'a été confiée a été remplie - je n'ai pas d'état d'âme", a déclaré le lieutenant Matthieu Mollet, le chef de poste sortant, ajoutant que ses hommes étaient contents de rentrer après "deux mois et une semaine dans des conditions de soldat, des conditions assez rudes ». La force multinationale affirme que la transition se fera sans heurts, soulignant que la Monuc 2 ne part pas de zéro, mais récupère des installations et des points de contrôle déjà mis en place.

Lors de la cérémonie de transfert, le capitaine bangladeshi Zia Sadat Khan s'est déclaré confiant, estimant que ses hommes allaient faire un travail comparable à celui effectué par les français. « J'ai grande confiance dans le travail que je vais accomplir ici. Nous ferons le même travail qu'eux", a-t-il affirmé.


Mandat élargi

La force multinationale d'urgence Artémis s'est déployée à Bunia début juin afin de permettre à la Monuc de mettre en place une force onusienne renforcée pour restaurer la paix en Ituri, où les conflits interethniques, attisés par des puissances régionales, ont fait 50.000 morts et 500.000 déplacés depuis 1999. Le mandat de la force multinationale se limite au chef-lieu, Bunia, et à son aéroport où les soldats de la force ont réussi à rétablir l'ordre. La "Monuc 2" en revanche, aura un mandat renforcé et élargi à toute la région de l'Ituri. Les soldats de la "Monuc 2" ont en effet été autorisés par le Conseil de sécurité à "ouvrir le feu pour remplir leur mission", alors que l'ancien mandat ne permettait de tirer qu'en état de "légitime défense".

Pendant ses deux mois de mission, la force multinationale commandée par les Français a écarté les milices armées de Bunia, dans le cadre de sa mission visant à sécuriser la ville, mais des massacres entre les communautés Lendu (ethnie majoritaire) et Hema (minoritaire) se poursuivent dans plusieurs localités de l'Ituri.

Du côté des chefs de milices locales, on estime que la Monuc 2 sera moins efficace que la force multinationale. « Nous, on attend le départ de la force le 1er septembre, et puis on va lancer des attaques », a affirmé l'un d'entre eux, en se frottant les mains. La population de Bunia redoute aussi des attaques après le départ de la force. « Si les Français s'en vont, c'est fini pour la population de Bunia » déplore Dieudonné, un commerçant, qui, comme une bonne partie de la population redoute la reprise des massacres.

Abir Taleb
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