| C’est
avec Zanouba, une composition de Mahgoub Chérif, qui
relate une nuit dansante sur la montagne d’Al -Nuba (
sud-ouest de kordofane), que la troupeSamandal, (sorte
de oiseau mythique) a gagné tous les coeurs le 12 août dernier.
Ce
morceau narre l’histoire de Zanouba, uen passionnée de la
danse, qui à peine entend-elle les rythmes d' Al-guilanne
( instrument à percussions en cuir) vers minuit qu'elle commence
à se déhancher. C'est une composition qui puise ses racines,
ses paroles et son rythme dans le patrimoine soudanais.
« Toujours
et dans le but de diffuser la culture musicale soudanaise,al
samandal, s’intéresse à maintenir sa présence à toutes
les festivités possibles en Libye, enTunisie, en Algérie,
en Egypte etc... même si on le fait à notre propre compte »,
souligne Al-Fatteh Hussein, lequel a fondé la troupe d'Al-Samandal
au Soudan en 1986. Toutefois, les divers membres du groupe
vont chacun de son côté vers 1991. Al-Fatteh d'ailleurs lui
même ira plus tard effectuer son doctorat en ex URSS, sur
le rôle de la guitare dans la musique soudanaise.
Ensuite,
pour redonner vie à son groupe en 2002, il a eu le recours
à des anciens collaborateurs ainsi qu'à d'autres anciens membres
de la troupe nationale de la musique soudanaise.
«
J'ai tenu surtout à choisir des musiciens compétents car Al-Samandal
ne regroupe en tout et pour tout que 7 musiciens qui sont
censés jouer chacun deux instruments au moins. Un moyen de
garantir un certain niveau et de réduire le budjet » avoue
Al-Fatteh Hussein.
Ce
dernier rêve toujours à répandre le patrimoine musical purement
soudanais sans intrusion aucune. Un but qu'il parvient mieux
à réaliser à travers un petit groupe comme Al-Samandal qu'à
travers une troupe national suivant les directives officielles.
Sur
scène, les membres d'Al-Samandal sont tous en costumes modernes
et enturbannés à la soudanaise. Au centre figure les instruments
de percussions : le konga (instrument à percussion
de forme cylindrique) A droite, l’orgue avec Nagui Tayssir
et le saxophone ; à gauche, la guitare jouée par Al-Fatteh
Hussein lui même. « Dès l’âge de 17 ans , j’étais
un passionné de la guitare électronique. C’était lors
du colonialisme anglais. Je suis parvenu à fabriquer mon propre
instrument, à l’aide des fils de fer et un microphone »
, se rappelle Al-Fatteh, originaire de la ville de Madani
( au Centre du Soudan), réputée pour l'utilisation d'instruments
occidentaux comme la guitare et le violon.
Mais
dans son groupe, tous les instruments du Soudan sont plus
au moins représentés: le sud par le balembo (intrument
qui ressemble au xylophone)et al-nogara, (instrument
à percussion soudanais) le nord avec le tambour, l’est avec
le basinkop (un tambour mais en plus petit). Quant aux rythmes,
il y a de tout: al-mardoum de l'ouest, al déléb du nord, l’africain
spicy du sud et al-séra du centre. « La musique
présentée n’est pas du jazz comme le pense d'aucuns; même
si les racines du jazz sont africaines. Si l'on tient à faire
le rapprochement avec la musique jazz, je dirais que l'on
est plus proche du jazz africain basé essentiellement sur
les percussions et les instruments populaires soudanais. Si
on a recours à des instruments occidentaux c'est qu'on s'en
sert en tant qu' intermédiaire afin de diffuser notre propre
musique. » conclut Al-Fatteh, toujours aussi sérieux
en évoquant ses racines. |