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Cosmétiques .
Les géants de ce domaine se ruent sur le continent africain
où les besoins sont énormes. Dans ce branle-bas général, les
industriels locaux cherchent leur place.
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L’Afrique,
un marché prometteur |
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Plus
de 300 sociétés de cosmétiques, provenant d’une trentaine
de pays, se bousculaient au dernier salon Beauty Africa
de Johannesburg. Américains et Européens, mais aussi Chinois,
Coréens, Brésiliens ou Japonais sont venus à la conquête d’un
continent dont le potentiel de consommation est à peine entamé.
Une étude officieuse du département américain du Commerce
estime le marché sud-africain des produits cosmétiques à plus
d'1 milliard de dollars. D’autres statistiques évaluent à
40 millions de dollars les ventes de produits capillaires
et de crèmes pour la peau en Côte-d’Ivoire. Même les « petits »
pays comme le Bénin ont un potentiel non négligeable :
1,2 million de dollars minimum pour les biens les plus courants.
D’Abidjan à Nairobi,
les salons de coiffures et drogueries poussent comme des champignons
et ne désemplissent pas. Le marché africain connaîtrait une
croissance annuelle de 30 %, avec une pointe de 65 %
pour l’Afrique du Sud. Pour en prendre leur part, tous les
géants du secteur se pressent aux portes du continent. En
tête, le numéro un mondial, le Français L'Oréal. A
ses trousses, le Néerlandais Unilever et les Américains
Procter & Gamble, Johnson & Johnson
et Colgate-Palmolive. Ces dernières années, les fabricants
asiatiques et latino-américains sont également entrés dans
la danse.
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Favoriser la fabrication locale
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Pour tous,
l’Afrique est essentiellement un marché d’exportation. Ils
créent principalement des filiales de distribution. Une option
qui ne favorise guère les économies africaines, obligées de
consacrer de précieuses devises à l’importation de ces produits
de beauté. A tel point que certains pays ont décidé de taxer
cette catégorie de marchandises au prix fort. C’est le cas
du Bénin, du Togo et du Cameroun. Toutefois, cette barrière
douanière ne produit que des effets limités. Et pour cause :
une bonne partie des importations échappe aux contrôles. Dans
certains pays, les importations frauduleuses représentent
jusqu’à 60 % du marché. De plus en plus, les gouvernements
souhaitent donc que les firmes cosmétiques s’implantent localement
et créent des emplois. Compte tenu de la taille du marché,
certains géants ont déjà accédé à ce vœu. Exemple : L’Oréal,
qui a pour objectif de truster la moitié de tout le marché
africain d’ici à 2015. Le groupe français investira cette
année 140 millions de rands pour agrandir son usine de Johannesburg,
la seule qu’il exploite en Afrique. Dans les zones franches
du Zimbabwe, les investissements liés aux cosmétiques annoncés
cette année représentent déjà entre 500 à 650 millions de
dollars.
Dans ce branle-bas
général, les industriels locaux cherchent leur place. Ils
sont quelques dizaines sur le continent à batailler contre
les produits d’importation. Ainsi l’une des plus vieilles
sociétés cosmétiques africaines, la Ghanéenne Paterson
Zochonis. Les Sénégalaises Siparco et Detco,
les Sud-Africaines Clicks & Dickom, Amke Cosmetics
et la Zimbabwéenne Fashion Essential Cosmetics. Théoriquement,
le marché devrait leur accorder un avantage : celui de
proposer des produits adaptés aux peaux noires et aux cheveux
crépus. Il n’en est rien. « Dans l’univers du cosmétique,
la part de rêve compte autant que l’efficacité réelle du produit »,
explique un industriel ghanéen. Beaucoup de consommateurs
préfèrent les marques internationales importées, même si elles
se vendent plus cher pour une efficacité moindre. Les industriels
africains des cosmétiques souffrent aussi de la concurrence
déloyale des contrefaçons. Faux parfums, crèmes trafiquées,
savons artificiellement parfumés fabriqués dans des échoppes
locales ou importés d’Asie cassent le marché. Qu’importe l’authenticité
pourvu qu’il y ait une étiquette prestigieuse, semblent se
dire les consommateurs qui ne sont pas dupes. Les industriels
africains souffrent aussi de leur petite taille. Dans un secteur
où le marketing et la publicité représente le nerf de la guerre,
les fabricants locaux n’ont pas les moyens ni de donner de
la voix, ni d’exporter à grande échelle. Hormis les firmes
sud-africaines qui ont déjà envahi toute l’Afrique australe
et orientale, les industriels africains qui exportent ne sont
pas légion. Le cas de Somali Cosmetics, qui s’enhardit
hors de la Somalie et des pays limitrophes, est exceptionnel.
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