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Basket-ball . Samir Gouda, qui évolue depuis 7 ans à l'étranger, évoque son parcours professionnel et parle des chances de l'Egypte dans la CAN qui se tient à Alexandrie jusqu'au 16 août.
« On fera tout pour remporter le titre qui nous échappe depuis 20 ans »

Alexandrie,
De notre envoyée spéciale —

Al-Ahram Hebdo : Depuis 7 ans que vous évoluez à l'étranger, vous avez toujours refusé de jouer un match avec la sélection égyptienne ou même avec un club égyptien. Pourquoi avoir fait exception pour cette CAN ?

Samir Gouda : D'abord, parce qu'avant, je n'avais pas le choix. Dans tous mes contrats passés avec les clubs étrangers il y avait une clause m'interdisant de jouer avec un club égyptien ou la sélection égyptienne. Ensuite, parce que les compétitions africaines et arabes se sont toujours déroulées à un moment où mon équipe disputait son championnat national. Mais de toutes les façons, même si j'en avais eu l'occasion, je n'aurais pas rejoint la sélection égyptienne. La manière dont est géré ce sport en Egypte ne me convient plus. L'épanouissement des joueurs est limité et les problèmes financiers sont récurrents.

— Alors pourquoi avoir rejoint la sélection égyptienne cette année ?

— De passage en Egypte, alors que mon contrat avec le club grec était arrivé à son terme, j'ai rencontré Adel Sabri, récemment nommé directeur technique de la sélection. C'est un entraîneur que j'apprécie énormément. Le défi de décrocher la qualification pour les Jeux olympiques 2004 et la bonne forme de l'effectif m'a aussi encouragé à rejoindre la sélection.

 De vos 7 ans à l'étranger, il faut néanmoins décompter une courte période de jeu avec Zamalek. Pourquoi avoir quitté ce club alors que vous n'avez joué qu'un seul match de championnat ?

— Je n'ai pas supporté l'ambiance. Pour mes coéquipiers, j'étais une sorte de bête curieuse, en raison de mon statut et de mon expérience. Ils étaient jaloux de l'argent que je gagnais. Ce qui s'est répercuté sur le travail de groupe de l'équipe : pendant certains matchs, avant le début du championnat national, j'avais l'impression de jouer tout seul. Et puis quelques joueurs n'assistaient même pas aux entraînements. Ce laisser-aller m'a dégoûté. Sans compter que par rapport à la Grèce, d'où je venais, je gagnais beaucoup moins. Une offre à Chypre m'a été faite et j'ai saisi l'occasion de partir.

— A ce jour, quel bilan dressez-vous de votre carrière ?

— Quand j'ai commencé ma carrière, ce qui intéressait beaucoup les équipes égyptiennes, c'était ma taille de 2,17 m et ma détermination à faire des progrès. C'est une fois à l'étranger que je me suis rendu compte que pour être bon, il fallait surtout beaucoup de technique. Aujourd'hui, je peux dire que je détiens une certaine expérience. J'ai joué à Chypre, en Grèce et en Turquie. En Grèce, je suis resté deux saisons avec un club dénommé Vas. J'ai tiré beaucoup d'enseignements de cette période. Je suis resté 5 saisons dans ce pays au sein de différents clubs de D1. Physiquement, les joueurs grecs sont très en forme. Et puis, la présence de nombreux américains en Grèce rend le championnat national très compétitif. Mais le problème là-bas, c'est que les joueurs ne sont pas régulièrement payés. Il m'est arrivé de rester jusqu'à 5 mois sans toucher le moindre sous. C'est pourquoi j'ai décidé de partir.

 Est-il vrai que vous cherchez en ce moment à signer un contrat aux Etats-Unis ?

 J'ai constitué un dossier comprenant toutes les informations relatives à ma carrière et mon agent s'est chargé des recherches. Houston, un club de NBA, m'a proposé une période d'essai. Je suis donc allé m'entraîner pendant 10 jours avec cette équipe et j'ai même joué la mi-temps d'un match de championnat national américain. Mais depuis mon retour, je n'ai pas de nouvelle. Par contre, j'ai reçu des propositions de Grèce, d'Italie et de Yougoslavie. L'offre italienne est la plus intéressante que ce soit en termes d'évolution de carrière ou financiers.

 Vous ne songez donc pas à rejoindre un club égyptien ?

 J'ai reçu une offre de l'Ittihad d'Alexandrie. Mais j'hésite encore beaucoup à l'accepter. On m'a dit que ce club était sérieux, ce que j'ai pu observer en m'y rendant pour disputer la CAN. L'offre retient toute mon attention, sachant que les conditions financières seraient les mêmes que celles d'un contrat à l'étranger.

— Comment envisagez-vous votre avenir dans le basket ?

 J'ai aujourd'hui 30 ans et j'aimerais pouvoir jouer encore 3 ou 4 saisons. A l'étranger, il m'est arrivé de jouer avec des joueurs âgés de 38 ou 39 ans, en très bonne forme physique. Je me suis blessé plusieurs fois à la cheville et j'ai parfois un petit mal de dos. Mais rien de très inquiétant qui puisse à ce jour écourter ma carrière.

 Quel type de jeu préférez-vous ?

— Le jeu américain est excellent. Les bons joueurs rapides sont très nombreux. D'habitude, la grande taille d'un joueur le rend plutôt lent. Mais les Américains travaillent énormément pour éliminer ce défaut.

 Que pensez-vous du groupe dans lequel s'est retrouvée l'Egypte pour cette CAN ?

— Le groupe est bon. En plus de ceux qui évoluent en Europe, le Nigeria compte dans ses rangs 5 joueurs qui évoluent aux Etats-Unis. L'Algérie est aussi une équipe difficile. Quant aux autres (ndlr : le Mozambique, la Côte-d'Ivoire et le Centrafrique), elles sont composées de jeunes joueurs. Ce qui les rend à mon avis plus dangereuses que le Nigeria parce que les joueurs cherchent à faire de leur mieux sans penser aux résultats. Ce qui est très fatigant et dangereux pour un adversaire. Cela risque aussi d'entraver notre objectif de terminer en première place du groupe pour éviter de rencontrer le premier d'un groupe adverse, capable de nous éliminer en demi-finales.

 Si l'Egypte arrivait en finale de la CAN, pourrait-elle s'imposer et se qualifier pour les JO ?

— Je vous garantis que si on a la chance de disputer la finale, on fera tout pour remporter le titre qui nous échappe depuis 20 ans. Par leurs encouragements, les supporters nous aideront énormément. Mais le plus désolant, c'est que même si on remporte la CAN, le risque est grand de ne pas pouvoir aller aux Jeux olympiques. Car si on obtient un rang inférieur à la 8e place aux Jeux d'Athènes 2004, c'est la fédération qui paiera les pots cassés. Or, les responsables ont peur de perdre leur place. C'est vraiment triste pour le basket égyptien.

Propos recueillis par
Chourouq Chimy

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