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L'inévitable
réforme de la Ligue arabe
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Par
Mohamed Sid-Ahmed
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Plusieurs
questions sont soulevées concernant la Ligue
arabe. Des questions relatives à son essence
même et à son destin. Les Etats-Unis ont mal
pris la décision de la Ligue arabe de ne pas
envoyer des forces arabes en Iraq. Mais en fait,
il était inconcevable que la Ligue arabe envoie
des forces, alors que les forces américaines
sont considérées comme des forces d'occupation.
De plus, une position arabe commune fait défaut
en ce qui concerne la légitimité de la présence
américaine en Iraq. C'est pourquoi les pays
arabes ont préféré de ne pas envoyer leurs forces
afin d'éviter des discordes à cet égard. Les
questions qui sont soulevées sont les suivantes :
quel est le rôle des pays arabes à cet égard ?
Avec qui coopèrent-ils et contre qui luttent-ils ?
Du
point de vue diplomatique et non militaire,
la place de l'Iraq restera-t-elle vide ?
La Ligue arabe avait considéré le Conseil de
gouvernement transitoire comme un pas dans la
bonne direction. Ceci veut-il dire que le Conseil
peut avoir une représentation — ou même
une présence — au sein de la Ligue arabe ?
Et en quelle qualité ? Surtout que ses
prérogatives proviennent des forces d'occupation
américaines. Dans ce cas, une représentation
du Conseil de gouvernement transitoire à la
Ligue arabe équivaudrait en quelque sorte à
reconnaître l'occupation américaine.
Du
coup, on se demande si une telle reconnaissance
arabe de l'occupation américaine de l'Iraq peut
avoir davantage d'impact que la reconnaissance
de plusieurs grands pays, y compris des membres
permanents du Conseil de sécurité. D'autant
plus que certaines puissances ne reconnaissent
pas toujours la légitimité de cette guerre.
Cette question est un sujet de polémique même
en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.
En
septembre prochain, la situation en Iraq fera
l'objet de discussions chaudes durant la prochaine
session de l'Assemblée générale de l'Onu. Existe-t-il
des pays arabes « plus royaux que le
roi » ? Autrement dit, plus « occidentaux »
que les capitales occidentales qui empruntent
la voie de Bush et de Blair
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Des changements
en profondeur
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La
recherche d'une solution aux questions iraqienne
et palestinienne doit être suivie par d'une
véritable réforme de la Ligue arabe. Une réforme
à même de faire sortir la Ligue arabe de son
état de paralysie qui a été à l'origine d'une
série de critiques aiguës depuis le déclenchement
de la guerre. Et ce, à cause de son incapacité
— avec sa structure actuelle — à protéger
les intérêts arabes.
A
cet égard, l'Egypte a présenté une initiative
pour le développement de la Ligue arabe et l'activation
du rôle arabe commun. Dans ce contexte, plusieurs
problématiques ne sont pas à négliger. Ces questions
ne doivent être étudiées selon des méthodes
traditionnelles ou académiques, d'autant plus
qu'elles concernent des questions pratiques
et politiques et non que des questions intellectuelles
et théoriques. Il s'agit précisément de la manière
de combler les fossés qui existent entre les
Arabes tout en réalisant une conciliation arabe
globale. Les membres de la Ligue arabe ont parfois
des points de vue divergents, voire contradictoires.
Pourtant, ils sont liés par un objectif commun :
réaliser une conciliation interne. Ce qui est
en effet extrêmement difficile vu la conjoncture
actuelle. D'autre part, les divisions hérités
du passé ne sont toujours pas réglés.
Les
accords de Camp David 1 entre l'Egypte et Israël
furent considérés comme un pas en avant vers
la réalisation d'un règlement israélo-arabe.
Paradoxalement, « Camp David 2 »
symbolise un échec complet à réaliser un règlement
de la cause palestinienne, essence même du conflit.
Lequel des deux événements peut-il déterminer
le cours de l'avenir ? Comment la Ligue
arabe peut-elle résoudre ce dilemme ?
Il
y a quelques jours, Sharon a déclaré qu'il ne
traitera pas avec l'Egypte tant que le président
Moubarak insiste à ne pas visiter Tel-Aviv et
tant que l'ambassadeur égyptien ne retourne
pas en Israël. Sharon réclame à l'Egypte des
relations conformément à la logique de Camp
David I, alors qu'il insiste à liquider la cause
palestinienne selon Camp David 2. Ce qui constitue
un nouveau dilemme que la Ligue arabe doit relever.
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Un mécanisme
préventif
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L'initiative
égyptienne aborde l'instauration d'un mécanisme
préventif contre les différends. Autrement dit,
il s'agit de focaliser sur les raisons essentielles
ayant causé les différends du passé afin de
trouver le remède adéquat. D'où le besoin d'une
vision qui instaure une entente tout en évitant
la résurrection des divergences du passé. En
d'autres termes, il s'agit de sélectionner du
passé ce qui est à même de servir l'avenir et
non pas le contraire si l'on vise à surpasser
notre crise.
Parmi
ces mécanismes figurent le fait d'éviter tant
que possible de critiquer autrui, tout en tenant
à ce que les discours politiques incluent une
certaine autocritique. Sachant que l'initiative
égyptienne n'avait pas fait allusion au fait
de fonder le rapprochement arabe sur des autocritiques
constructives. Car sans nul doute, toutes les
parties arabes ont commis, d'une manière ou
d'une autre, des actes à critiquer en ce moment
où les relations interarabes sont à leur plus
bas niveau.
La
réforme ne doit pas avoir lieu à travers un
document présenté séparément par chaque pays
arabe. Au contraire, elle doit être le fruit
des efforts de plusieurs parties, de plusieurs
tentatives. Il s'agit d'un document élaboré
grâce à des efforts collectifs des Arabes tous
azimuts, même si ceci veut dire que chaque pays
n'est pas obligé de présenter un document séparément.
Ajoutons
que les efforts intellectuels requis ne doivent
pas être l'apanage des organisations gouvernementales
arabes uniquement. Au contraire, un rôle est
requis de la part des ONG, de la société civile,
des organisations des droits de l'homme ...
Tout en évitant que ce dialogue ne se transforme
en une opposition entre le pouvoir et le peuple
ou les régimes et le secteur non-gouvernemental.
Parmi
les questions qui furent largement discuté mais
qui n'ont jamais vu le jour figure l'installation
d'une Cour arabe de justice. Cette question
lance le débat sur une autre question :
la supériorité de la loi par rapport à l'exécutif,
sans oublier le jugement de tous les citoyens
sans exception en cas de violation de la loi.
Afin
de réaliser la conciliation entre les régimes
arabes, il est indispensable d'activer la démocratie
parmi les divers secteurs de l'opinion publique
arabe. Fait qui donne naissance à un éveil arabe
global à même de relever tous les défis urgents
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Modifier le système
de vote
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Il
est préférable que les décisions soient prises
à la majorité plutôt qu'à l'unanimité, comment
donc le vote d'un pays tel le Djibouti peut
influer sur le destin de pays tels l'Egypte,
l'Arabie saoudite ou l'Iraq ? Bref, tenir
à l'unanimité constitue un veto accordé au plus
faible pays arabe pour qu'il puisse empêcher
la mise en exécution d'une résolution de la
Ligue arabe même si celle-ci est prise à une
majorité écrasante y compris les plus grands
pays arabes !
L'unanimité
est un principe totalitaire et non pas démocratique.
Surtout que la démocratie reconnaît la légitimité
de l'opinion opposée qui doit être prise en
considération, et ne considère nullement l'unanimité
comme l'unique opinion à adopter.
Passer
de l'unanimité à la majorité comme base référentielle
constitue un changement radical dans la conception
de l'unité arabe. A vrai dire, l'initiative
égyptienne a soumis plus d'une formule pour
mettre en exécution la règle de la majorité.
Des formules parmi lesquelles le vote conformément
à la conformité des opinions, la majorité simple,
la possibilité de voter plus d'une fois concernant
le même sujet dans le cadre de conditions déterminées.
Chacune de ces formules porte en soi une nouvelle
conception du rôle de la Ligue arabe :
une question devant faire nécessairement l'objet
d'une étude minutieuse.
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Pour
un projet national de propreté
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| Par
Salama A. Salama
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| Il
est vraiment surprenant de voir qu'il y a une
résistance féroce contre les nouveaux tarifs
imposés pour le ramassage des ordures, récemment
appliqué au Caire et à Guiza. Et surtout contre
le recours de l'Etat à des sociétés étrangères
pour collecter, transporter et se débarrasser
des ordures. Et ce bien que l'Etat, les deux
secteurs public et privé aient échoué à proposer
un service équivalent. J'ai surtout été surpris
par la campagne menée par les hommes de loi
qui ont eu recours à leurs connaissances juridiques
pour prouver que l'ajout des tarifs du ramassage
des ordures aux factures d'électricité est anticonstitutionnel.
Au point que j'ai failli croire que le dossier
des ordures allait être transféré à la Haute
Cour constitutionnelle !
Le
problème est que personne ne veut reconnaître
que la question des ordures en Egypte est un
problème de comportement civique. C'est une
honte pour tout le peuple. Dans tous les pays
du monde, qu'ils soient arabes ou occidentaux,
de l'Est ou de l'Ouest, petits ou grands, le
niveau de propreté dans les rues et les maisons
est supérieur au niveau de propreté chez nous.
Ces peuples ont réussi à instaurer un système
qui garantit un haut niveau de propreté et l'élimination
définitive des méthodes primitives et anciennes
de collecte des ordures. Ces méthodes ont été
remplacées par d'autres, plus modernes, qui
aident à l'amélioration du niveau de vie des
gens et au développement du goût de l'esthétique
et de la propreté. C'est là une chose qui nous
manque. Malheureusement, chez nous, les gens
tentent de se dérober à leurs responsabilités
de maintenir la propreté de leurs rues, se basant
sur des failles juridiques ou sur la conviction
qu'il suffit que chacun préserve la propreté
de son appartement ou de sa maison, laissant
le reste au gouvernement. Il apparaît donc clair
qu'il y a une réelle décadence dans la conscience
des gens quant aux conséquences de leurs comportements,
et surtout une plus grande décadence dans la
conviction des instances chargées de la propreté,
qui ne s'intéressent qu'aux rues habitées par
des ministres ou des autorités.
De
nombreux efforts ont été déployés pour compter
sur les instances locales chargées de la propreté,
en vain. Rien donc n'empêche d'avoir recours
à une expertise étrangère pour collecter et
se débarrasser des ordures au lieu de s'y noyer.
Et au cas où il y aurait un certain déficit
ou si les compagnies étrangères manquaient à
leur devoir, il sera facile d'y remédier, jusqu'à
ce qu'on puisse compter sur les efforts locaux
dans la réalisation d'un niveau acceptable de
propreté.
Pour
ce qui est du coût de ces services et de leur
perception à travers les factures d'électricité,
les hommes de loi devraient plutôt faire des
efforts pour trouver un remède à ce problème
au lieu de s'opposer à l'idée. Ils devraient
avoir recours à leur génie juridique pour faciliter
l'application avec justice de ce nouveau système.
Si ce système a été un succès à Alexandrie,
pourquoi ne le serait-il pas au Caire et à Guiza ?
Nous
appuyons l'essai de ce nouveau système sous
la houlette de compagnies étrangères pendant
un mois ou deux, avant qu'il ne soit définitivement
approuvé, pour pouvoir remédier à toutes défaillances.
Il est vraiment indispensable que ce projet
intègre la main-d'œuvre qui travaillait déjà
dans ce domaine. Il faut aussi lancer une campagne
de propreté dans tous les gouvernorats du pays,
et pas seulement au Caire et à Guiza. Il est
indéniable que nous avons besoin d'un projet
national de propreté qui commencerait par une
campagne de sensibilisation dans les écoles
et à la maison, avant qu'il ne soit trop tard.
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