| Iraq
. Les forces
américaines, toujours en proie à des attaques
quasi quotidiennes, poursuivent leur traque de
Saddam et de ses derniers partisans.
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Après
la guerre,
la guérilla
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| L'insécurité
persiste en Iraq, où deux grenades ont explosé
dimanche soir près de l'ambassade de Grande-Bretagne
à Bagdad, blessant un Iraqien, alors qu'un soldat
américain a été tué et deux autres blessés dans
une attaque à l'explosif à Baaqouba, à 60 km au
nord-est de Bagdad. Plus tôt, dans la même ville,
trois autres soldats américains ont été blessés
alors qu'ils effectuaient un raid au sud de Baaqouba,
au cours duquel ils ont arrêté une vingtaine d'Iraqiens.
Des soldats américains à Bagdad ont également
tué samedi par balles
un policier iraqien qu'ils soupçonnaient d'être
un assaillant, puis un autre qui tentait de se
rendre, a indiqué lundi un policier, Hamza Attiya
Mohsen, qui a survécu aux tirs. Les trois officiers
de police iraqiens étaient dans une voiture banalisée
et tiraient en direction d'un véhicule suspect
qu'ils avaient pris en chasse quand les Américains
ont ouvert le feu, dans la banlieue ouest de Bagdad,
a précisé le sergent Mohsen, qui conduisait la
voiture.
Outre
ces violences sporadiques, Bassora, la grande
ville méridionale chiite du sud de l'Iraq, a connu
deux jours d'émeutes qui ont fait un mort iraqien.
Douze Iraqiens et sept soldats britanniques ont
également été blessés. Les émeutes de Bassora
ont éclaté samedi en raison de l'exaspération
d'une population confrontée au manque d'essence
et d'électricité.
Face
à une situation qu'ils ont de plus en plus de
mal à contrôler, les Américains envisagent de
présenter dans les jours à venir une nouvelle
résolution à l'Onu sur la reconstruction de l'Iraq.
C'est ce qu'a indiqué le New York Times,
citant des diplomates onusiens. Cette résolution
mettrait en place une mission de l'Onu chargée
de superviser le Conseil de gouvernement transitoire
iraqien, installé le 13 juillet sous la houlette
des Etats-Unis. Washington compte renforcer la
légitimité de ce Conseil et faire passer l'idée
que l'Onu joue un rôle central en Iraq, même si,
dans la réalité, les diplomates cités reconnaissent
que ce texte ne donnerait guère plus de pouvoir
aux Nations-Unies, déjà chargées de contribuer
à la reconstruction et à l'aide humanitaire. La
Grande-Bretagne avait évoqué samedi la possibilité
d'une telle résolution et s'était d'avance dite
favorable, tandis que la Russie a également souligné
l'importance d'une nouvelle résolution pour accroître
le rôle de l'Onu en Iraq. Pour Paris, la nouvelle
résolution devrait « prendre acte »
de la création du Conseil du gouvernement provisoire.
Le porte-parole du ministère français des Affaires
étrangères, Hervé Ladsous, a déclaré que ceci
serait « une première étape d'un processus
de mise en place d'institutions représentatives
qui doit faire l'objet d'un séquençage clair et
précis ». Selon Paris, cette nouvelle
résolution « formaliserait, comme le recommande
M. Kofi Annan, la création de la Mission d'assistance
des Nations-Unies en Iraq et constituerait à ce
titre un développement de la résolution 1483 ».
Adoptée le 22 mai dernier, la résolution 1483
cantonne les Nations-Unies à un rôle humanitaire
et de conseil politique dans l'Iraq sous occupation
militaire américano-britannique. Par ailleurs,
un débat sur l'Iraq est officiellement prévu au
Conseil de sécurité le 21 août.
En
attendant, les forces de la coalition, qui restent
la cible d'attaques quasi quotidiennes cent jours
après la fin des opérations militaires majeures
en Iraq, poursuivent leur traque de Saddam. L'émissaire
américain pour le Proche-Orient, William Burns,
s'est rendu dimanche à Tikrit (nord), fief de
Saddam Hussein, pour s'informer des progrès dans
la traque de l'ex-dictateur, en fuite depuis la
chute de son régime le 9 avril, et des difficultés
auxquelles les militaires américains sont confrontés.
Dans
leur recherche de Saddam et des derniers résistants,
les forces américaines auraient capturé samedi
un chef présumé des Fedayins de Saddam, milice
paramilitaire, le lieutenant Qaïs Al-Mahdi Al-Obeidi,
à son domicile à Baaqouba (nord-est), ainsi que
l'ancien chef des services de sécurité de Falloujah,
le général Chaabane Mohamad Asmir. L'armée américaine
a d'autre part annoncé avoir arrêté près de Tikrit,
le fief du président iraqien déchu, situé à près
de 200 km au nord de Bagdad, un Iraqien soupçonné
d'avoir fabriqué plusieurs des engins explosifs
artisanaux qui ont servi dans des attaques contre
des soldats américains au cours des semaines passées.
Par
ailleurs, l'ancien ministre de l'Intérieur, Mahmoud
Diab Al-Ahmad, numéro 29 sur la liste de la coalition
des ex-dirigeants les plus recherchés, s'est rendu
vendredi aux forces de la coalition, selon un
communiqué du Commandement central américain (Centcom).
Avec la reddition de cet ancien ministre, les
Américains détiennent ou ont tué 37 des 55 personnalités
iraqiennes qu'ils recherchaient depuis l'établissement
de cette liste, le 19 avril. |
Un comité pour élaborer
la Constitution
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De
son côté, le Conseil de gouvernement transitoire
iraqien s'apprête à mettre en place un comité
technique chargé de préparer le processus devant
doter à terme l'Iraq d'une nouvelle Constitution.
Selon un membre du conseil, Mouaffak Al-Roubaï,
« le Conseil discute des derniers détails
pour la formation d'un comité préparatoire au
processus constitutionnel ». Selon
lui, ce comité aura pour mission notamment de
« sonder les personnalités politiques,
religieuses et sociales sur le lancement du
processus électoral ». « Il
ne rédigera pas la Constitution »,
a-t-il souligné, indiquant que sa mission serait
de « quelques semaines ». Prévu
initialement pour être formé de 15 membres,
le comité préparatoire pourrait regrouper 25
membres : 20 personnalités choisies en
dehors du Conseil de gouvernement et cinq parmi
les membres de ce conseil. Evoquant la mosaïque
ethnique, confessionnelle et politique de l'Iraq,
un autre membre du Conseil de gouvernement a
en outre indiqué que la rédaction d'une Constitution
nécessiterait au moins six mois.
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Abir
Taleb |
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« Une
grande majorité du peuple iraqien souhaite le
retour de la monarchie » |
De
retour en Iraq après plus de 40 ans d'exil, Al-Chérif
Ali bin Hussein, leader du Mouvement monarchique
constitutionnel, parle des problèmes de l'après-Saddam
et évoque un éventuel retour de la monarchie. |
Abou-Dhabi,
Correspondance —
Al-Ahram
Hebdo : Après plus de 40 ans d'exil,
vous êtes finalement rentré en Iraq ... Comment
avez-vous vécu ce retour et comment avez-vous
trouvé le pays ?
Al-Chérif
Ali bin Hussein : Rentrer en Iraq était un
grand rêve. Ma joie a été intense. Mais hélas,
elle fut contrariée par ce que j'ai vu une fois
rentré : des infrastructures et une économie
en ruine. Cela dit, il n'est pas impossible de
surmonter les difficultés économiques. Le pire
est ce qui est arrivé au citoyen iraqien lui-même.
La longue souffrance due à trois guerres et un
embargo étouffant l'ont énormément affecté psychologiquement.
Pendant plus d'un quart de siècle, sa seule préoccupation
a été sa survie, assurer ses besoins quotidiens.
L'ancien régime l'a vraiment épuisé et lui a ôté
tout dynamisme.
— Qu'en
est-il de la situation dans l'Iraq de l'après-guerre ?
— Ce
qui est paradoxal, c'est que les conditions de
vie des Iraqiens après la guerre sont devenues
pire encore. Il y a des problèmes d'eau, d'électricité,
de traitement médical et d'essence. Les Iraqiens
passent dorénavant leur temps à s'approvisionner
en eau, à faire la queue pour obtenir de l'essence
et à chercher du travail. Nous avons cru que les
choses allaient s'améliorer immédiatement après
la chute du régime, mais à notre grande surprise,
les Américains n'avaient aucun plan établi d'avance
pour combler le vide.
— Comme
apparemment, les Américains sont dépassés par
la situation, quelle est donc la solution ?
— Il
faut tout faire pour un retour à la normale le
plus vite possible. Résoudre les problèmes vitaux
doit être la priorité, avant la politique. Il
faut que la sécurité prévale. Un gouvernement
iraqien de technocrates qui savent comment gérer
les communications, les hôpitaux et l'énergie
doit être formé le plus rapidement possible. Il
faut combler le vide créé par la chute du régime
de Saddam.
— Les
Américains n'ont-ils pas proposé de solutions
pratiques ?
— Pourquoi
devons-nous nous attendre à ce que les Américains
gèrent le pays ? L'Iraq n'est pas la Somalie
ou l'Afghanistan. Nous avions en Iraq des institutions,
des ministères, des universités, des tribunaux
et une économie. Notre problème était la présence
d'un dirigeant injuste et criminel. Au moment
de sa chute, il aurait été suffisant d'écarter
50, 100 ou 500 responsables, et de soumettre progressivement
tous ceux qui ont commis des crimes contre le
peuple à des interrogatoires. Mais les Américains
n'ont pas fait ceci, ils ont éliminé l'Etat dans
sa totalité. Non seulement l'armée, mais toutes
les institutions de l'Etat.
— Quel
est le projet politique capable à votre avis de
sauver l'Iraq ?
— Nous
n'acceptons pas que les Américains choisissent
nos dirigeants, sinon, la légitimité de ces dirigeants
sera remise en cause. Ce qui donnera naissance
à une situation instable. La solution est que
la souveraineté revienne au peuple, car seul le
peuple peut conférer une légitimité à un régime,
à travers un référendum après des élections. Il
faut un référendum sur la nature du régime, monarchique
ou républicain. Ensuite, il faut former un conseil
constitutionnel dont la mission sera l'élaboration
d'une Constitution. Cette Constitution peut faire
l'objet d'un autre référendum.
— Pensez-vous
qu'un retour à un système monarchique est envisageable ?
— Une
grande majorité du peuple iraqien souhaite le
retour de la monarchie. Et ce n'est pas nouveau.
Avant aussi, le peuple voulait la monarchie mais
le régime au pouvoir empêchait ceci. La manière
dont les gens nous accueillent, les visites que
nous recevons quotidiennement des quatre coins
de l'Iraq (500 personnes par jour) de chefs de
tribus, d’anciens militaires, d’hommes d'affaires
réclamant tous le retour de la monarchie nous
le prouvent. Les gens pensent que c'est la monarchie
qui garantira le mieux leur droit et empêchera
l'avènement d'un nouveau régime despotique.
— Si
les Iraqiens disent non à la monarchie, allez-vous
vous présenter comme candidat à la présidence ?
— A
l'heure actuelle, non. Si c'était mon objectif,
j'aurais formé un parti et fixé un programme.
Je ne dis pas que la monarchie est meilleure que
la République ou vice-versa. Mais nous disons
que chaque société choisit le système qui lui
convient le plus. Dans le cas de l'Iraq, le régime
royal est celui qui réalisera le mieux les ambitions
du peuple.
— Pensez-vous
que les Américains sont prêts à soutenir une monarchie
en Iraq ?
— Les
Américains ont échoué en Afghanistan. Si un référendum
avait été organisé là-bas, les Afghans auraient
choisi la monarchie. Je ne dis pas que la monarchie
est la solution à tous les problèmes du monde,
mais dans le cas afghan, elle était la plus convenable.
Pour nous aussi, l'essentiel est de laisser le
peuple choisir. Je ne pense pas qu'en cas de référendum,
les Etats-Unis puissent s'opposer aux résultats.
— Quel
est selon vous l'avenir du parti Baas ?
— Rien
n'empêche son retour sur la scène politique, de
manière démocratique, dans l'avenir. Mais à mon
avis, il n'obtiendra aucun soutien. Ce parti est
mort depuis longtemps. Saddam l'a transformé en
un parti lui appartenant.
— Quels
sont vos projets pour la période à venir ?
— J'ai
l'intention d'effectuer une tournée dans les pays
arabes et islamiques. Nous souhaitons jouer de
l'influence du président égyptien Hosni Moubarak
et de la diplomatie égyptienne auprès de la communauté
internationale pour mettre fin au mandat américain.
L'idéal serait que se tienne le référendum d'ici
6 mois, avec l'espoir que dans un an, on retrouve
la stabilité et qu'on ait instaurer une monarchie
constitutionnelle. |
Propos
recueillis par
Ahmed
Al-Meslemani |
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